Mai/Juin 2011

Astrolabe N°: 

37

Sommaire

LETTRES TURQUES

Depuis la prise de Constantinople, l’empire (sic) ottoman ne cesse de fasciner les Occidentaux ; les voyages en terre turque se multiplient et suscitent la rédaction de nombre de récits de voyage, notamment au XVIe siècle. Les Lettres turques d’O. G. de Busbecq tiennent une place particulière dans cette production, surtout en raison de l’identité de leur auteur. Busbecq fut l’ambassadeur de Ferdinand Ier auprès de Soliman le Magnifique de 1554 à 1562 et mena des négociations délicates alors que l’Autriche et l’Empire ottoman étaient en guerre. Son récit abonde en informations sur les événements politiques, les actions militaires, sur Soliman lui-même et sur les querelles dynastiques au sein de la famille impériale, mais aussi sur la société turque. Les multiples incidents qui jalonnent ses voyages et son séjour sont l’occasion de décrire avec humour les mœurs et les coutumes turques.

L’AMERICA LATINA DI ALESSANDRO LITTA MODIGLIANI

Voyageur par « pure curiosité humaine », Alessandro Litta Modigliani est le parfait exemple de la brillante aristocratie milanaise du XIXe siècle, animée par une forte vivacité culturelle et intellectuelle. Les deux relations ici publiées pour la première fois relatent le voyage d’Alessandro Litta Modigliani en Argentine et au Chili, en passant par le cap Horn, entre février et juillet 1841.

VOYAGE D’OUTRE-MER ET INFORTUNES LES PLUS ACCABLANTES DE LA VIE DE M. JOINVILLE-GAUBAN

C’est la réédition d’un grand classique introuvable de l’histoire de Saint-Domingue qui est offerte aujourd’hui au lecteur. Toujours cité en Haïti au chapitre de la vie sur les plantations, mais très peu connu en France, Pierre Joinville Gauban, dit Joinville-Gauban, est l’un de ces très nombreux Aquitains partis de Bordeaux pour l’Eldorado des Îles à sucre à la fin du XVIIIe siècle. Ce qui le singularise, c’est qu’il est l’auteur d’un ouvrage de mémoires au titre inoubliable relatant les quinze années difficiles qu’il passa dans l’ancienne colonie française de Saint-Domingue aux tout derniers moments de son existence. C’est-à-dire, plus précisément, au moment où il ne fallait pas y aller, celui des troubles révolutionnaires qui, de 1789 à 1804, allaient conduire de l’annonce de la nouvelle de la Révolution française dans la grande île, « la Reine des Antilles », à l’indépendance de ce qui est aujourd’hui l’actuelle République d’Haïti.

UN VOYAGE EXTRAORDINAIRE

Juillet 1928. Au terme de deux années qui lui ont fait traverser l’Amérique, écumer les Antilles et explorer l’Afrique afin de composer Magie noire, qui vient tout juste de paraître, Paul Morand repart, à l’invite de son ami le constructeur automobile Gabriel Voisin, pour le plus improbable des voyages, l’exploration du Rhône, à bord du prototype d’un tout nouveau moyen de locomotion : l’hydroglisseur.