Nulle part et ses environs. (n°7 coll.)

Voyage aux confins de l'utopie littéraire classique (1657-1802)

Editeur: 

Collection Imago Mundi

Année: 

2003

« Nulle part » (ou-topos), tel est le sens premier du mot utopie, lequel joue aussi sur une autre étymologie possible : eu-topos, « le Pays où tout est bien ». D’où l’ambivalence de la notion, qui évoquera au choix l’évasion littéraire dans les Ailleurs fabuleux ou les aspirations politiques à une société parfaite future .
Quoique les deux orientations soient en réalité difficilement dissociables, cet ouvrage s’inscrit plutôt à l’intérieur de la première, donc d’une conception essentiellement spatiale de l’utopie considérée comme genre. On a cependant moins cherché à délimiter une forme « pure » de l’utopie littéraire classique en une période –le XVIIè et le XVIIIè siècles – qui est considérée comme son âge d’or qu’a explorer sa périphérie en prenant pour fils conducteurs la quête de l’altérité et l’imaginaire du voyage.
Exotisme descriptif, primitivisme esthétique ou philosophique, anthropologie comparative, mythe de l’Age d’Or ou du Bon Sauvage mettent en jeu, comme l’utopie, une relation duelle de l’Ici et de l’Ailleurs. On a donc souhaité à la fois ouvrir à la recherche utopologique un territoire nouveau, celui des « littératures des voyages » sous leurs différentes formes , et revisiter avec un œil neuf des œuvres qui ne sont pas seulement des « classiques » de l’utopie (La Terre Australe Connue de Foigny, l’Histoire des Sévarambes de Veiras), mais des écrits de voyageurs (La Hontan, Leguat, Lafitau), des encyclopédies géographiques (l’Histoire des deux Indes), des contes philosophiques (Candide), des satires (Les Voyages de Gulliver), des pièces de théâtre (les « Iles » de Marivaux), des romans (Télémaque, Cleveland, Paul et Virginie entre autres). L’enquête s’étend des voyages imaginaires de l’aube de l’Age Classique (L’Autre Monde de Cyrano de Bergerac) au cycle américain de l’œuvre de Chateubriand (Atala, René), qui consacre le refermement des Ailleurs des lumières et la fin de la grande littérature utopique.
La collection