Le voyage en Orient au XIXe et au XXe siècle

Le mardi, de 14 à 16 h., Maison de la Recherche, salle D 35
De la poésie des ruines à une archéologie du présent
CRLV: Sophie Basch, en association avec François Moureau

Le voyage en Orient est, après le voyage d’Italie, le lieu privilégié d’une réflexion sur les ruines, qui invitent à méditer sur le sort des civilisations et sur la précarité de la grandeur.
Cette déploration est concurrencée par les diverses manifestations de l’orientalisme, nées de l’observation des traditions et des usages locaux : la littérature des voyageurs est profondément marquée par ce mouvement savant à l’origine (il naît véritablement avec l’Expédition d’Égypte), ensuite vulgarisé par la peinture, par la musique, par l’architecture.
Progressivement, l’intérêt se déplace des restes monumentaux aux beautés plus humbles. Les éléments de « couleur locale » qui contrastaient avec les ruines leur font au contraire écho : ce sont les ruines de demain. Le regard du voyageur associe les ruines du futur aux ruines du passé.
Certains voyageurs prêtent une attention d’archéologues du présent au patrimoine quotidien, en particulier aux arts décoratifs, conservatoires de coutumes dont ils prévoient la destruction par les modes occidentales.
À la fin du XIXe siècle, les collections et les musées européens s’ouvrent à l’art et à l’artisanat de l’Orient comme autrefois aux vestiges grecs et romains. Le séminaire portera sur cette évolution et sur le lien entre deux héritages, l’antique et le moderne, le prétendument occidental et l’oriental, qui finissent par fraterniser sous la menace. Cette littérature de voyage est indissociable de l’histoire des idées.

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