« La Réunion, une colonie au service de la colonisation de l’Indochine : discours et lobbies coloniaux pour la mise en place d’un nouveau courant d’engagisme »

En 1859, alors que les Français ne sont établis que très précairement à Saigon, à La Réunion, on commence à s’intéresser activement à la possibilité d’y engager des travailleurs. La colonie est en pleine croissance sucrière : il faut faire feu de tout bois. Un courant d’engagisme existe déjà en provenance d’Asie et d’Afrique.
Les comptoirs indiens fournissent des engagés en grand nombre, mais pourquoi ne pas essayer d’instaurer un nouveau courant migratoire en provenance du Viêt-Nam ? C’est la mission qui est confiée à Hippolyte Dizac par le gouvernement local conformément au vœu du conseil général dans sa séance du 23 juin 1859, présidé par Charles Desbassayns.
On espère mettre en place un courant d’échanges régulier entre le Viêt-Nam et la Réunion. Hyppolite Dizac voyage alors en Cochinchine, envoyant des rapports sur les populations locales, entre études et propagande, il est intéressant de voir comment on justifie ainsi la mise en place d’un nouveau courant d’engagisme. Cet engagisme vietnamien se met en place entre 1863 et 1900.
Les engagistes recourent à un discours spécifique dans leurs rapports pour justifier l’engagisme vietnamien. On compare les populations, indiennes, chinoise, africaines, et on crée des comparaisons qui ne sont pas sans rappeler le Tour de France de deux enfants.
Ma communication consiste donc à étudier le discours utilisé dans la seconde moitié du XIXe siècle pour vanter les vertus d’une population qu’on veut exploiter et de le replacer dans le cadre plus vaste du discours colonial français de l’époque (notamment à travers les premières expositions coloniales).

Chercheur: 

Session: 

11h20