« Lecture de deux romans coloniaux : Ulysse, cafre de Marius-Ary Leblond et Le Notaire des Noirs, de Loÿs Masson »

Ces deux textes seront l’occasion d’une part d’une réflexion sur la constitution d’une mémoire « autorisée », diffusée largement (l’anthologie sera ainsi étudiée en tant que genre signifiant), d’autre part d’une analyse des stratégies discursives et narratives employées par les auteurs, aux vues très différentes, pour aborder le fait colonial comme un récit plus que comme réalité. Une réticence envers le réel ou une séduction (au sens de Saint John Perse, étymologique, de distorsion harmonieuse du cours des choses) de ce même réel pour le rendre reconnaissable (comme Gide disant lors de son voyage au Congo qu’il reconnaissait des choses qu’il n’avait jamais vues). Le détour de la fiction et des mises en abyme permet de dire l’histoire qui ne se dit pas encore comme telle, il permet surtout à des auteurs d’exister dans le champ de la littérature dite exotique. On s’appuiera sur Campion, Regismanset, Lebel, Durand et Sevry, et sur les Leblond, sans négliger l’apport de Segalen à nos lectures de ces textes.

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15h20