« Les premières tentatives coloniales à Madagascar (17e-18e siècles) : échos dans la fiction »

La première tentative coloniale française à Madagascar (1642-1674) s’achève de façon sanglante après une série de tâtonnements et d’échecs sur le massacre de la garnison de Fort-Dauphin (1674), qui marqua durablement la vision européenne du pays et de ses habitants. Hormis une activité commerciale de comptoirs liée à l’économie de la traite, c’est seulement un siècle plus tard qu’intervient la seconde tentative d’implantation avec le comte de Maudave (1768-1771) puis l’aventurier Beniowsky (1774-1786), ceci au nom d’un projet colonial « éclairé » (antiesclavagisme et coopération pacifique avec les Malgaches) dont les belles intentions ne résisteront pas à l’épreuve du réel.
On se propose d’étudier les échos de ces tentatives dans la littérature de fiction, principalement romanesque mais aussi poétique. Entre 1676, avec le chapitre final de La Terre Australe Connue de Gabriel de Foigny, et 1787, avec les Chansons Madécasses d’Evariste Parny, la question de la colonisation de la Grande Ile est posée au moins marginalement dans des textes très divers : romans d’aventures maritimes (seconde partie du Robinson Crusoe de Defoe) ou de piraterie (Vie et aventures du capitaine Singleton, id.), « romans archéologiques » à sujet antique (épisode de la colonisation de l’île de Menuthias dans le Séthos de Terrasson, 1731), la politique coloniale française étant le sujet exclusif d’un roman épistolaire à clés encore inédit de De Valgny (responsable de la traite sur place), les Lettres Madagascaroises, dont il ne subsiste qu’un manuscrit incomplet.

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09h50