« Opium indien et impérialisme britannique au début du XXe siècle : le cas de Ceylan. »

Il est frappant de relever dans le Journal officiel d’un administrateur colonial (Léonard Woolf) la place qu’occupe jusqu’à la Première Guerre Mondiale cette drogue source importante de financement de l’entreprise coloniale Anglaise. Importé d’Inde vers Ceylan au XIXe siècle, l’opium cultivé extensivement au Bengale dans le nord de l’Inde par la Compagnie des Indes orientales anglaise, puis mise sous régie par l’Etat Britannique ne fut pas exclusivement réservé à l’exportation vers la Chine mais distribué par les britanniques à leurs sujets coloniaux dans tout le sud-ouest asiatique. Cultivé à Ceylan au nom d’une saine gestion du territoire colonial, les Britanniques abandonnèrent à partir des années 1880 la culture locale du produit pour l’importer régulièrement des Indes jusqu’en 1920. Les Britanniques ont ainsi repris les pratiques d’autres nations coloniales, les Hollandais grands précurseurs en Indonésie, et même les Français en Indochine qui financent sans états d’âme leurs colonies asiatiques au travers d’une régie officielle. On peut en quelque sorte considérer que l’Angleterre a installé le premier cartel international de la drogue au XIXe en Asie, certains chercheurs allant jusqu’à affubler la reine Victoria du titre de « Opium Queen ». Notre communication retracera les origines du commerce de l’opium en Inde, son expansion vers les colonies proches et son implantation à Ceylan, illustré par les commentaires d’un administrateur colonial.

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10h40 (12h40)