« Une île tropicale entre mythe, utopie et hétérotopie : Ceylan au miroir de l’Allemagne (1880-1920) »

Les richesses du Sri Lanka, île tropicale située au cœur de l’océan Indien, ont intéressé les Européens depuis le XVIe siècle (domination portugaise, puis hollandaise et enfin britannique en 1796). La politique impérialiste du deuxième Reich allemand conduisit au développement de relations économiques intenses entre l’Allemagne et Ceylan. Au tournant du siècle dernier — époque de fascination allemande pour le monde indien — la colonie britannique attira non seulement les négociants allemands, mais aussi les écrivains (Hermann Hesse, Hermann Keyserling, H. H. Ewers, etc.), les indianistes (Richard Garbe, Paul Deussen, etc.), les aventuriers (John Hagenbeck, etc.), les hommes de science (Ernst Haeckel, etc.) et les missionnaires (sœurs franciscaines, etc.).
Quelles sont les spécificités et les points communs de ces différents regards allemands sur Ceylan, notamment sur la colonisation britannique ? Peut-on parler, même dans le cas d’une apparente ouverture à l’altérité culturelle, de perspective « orientaliste », eurocentrique, vecteur de stéréotypes, de motifs exotiques, d’images mythiques ?
Que représente exactement Ceylan aux yeux des voyageurs allemands : le mythe d’une île paradisiaque dotée d’un peuple primitif et d’une nature encore intacte, l’utopie rationaliste d’une société productiviste, ou l’hétérotopie (au sens foucaldien) d’un lieu à la fois proche et lointain, isolé et ouvert, créant un espace d’illusion mais en même temps un autre espace très réel, celui de la colonie, visant l’ordre et la perfection ?

Chercheur: 

Session: 

09h30