Captive en Barbarie, fiction et réalité

La guerre de Course en Méditerranée n’a pas épargné les femmes. Bien que mal connu, le sort des captives chrétiennes est devenu une source d’inspiration inépuisable en littérature et, le plus souvent, fiction et Histoire s’interpénètrent. En comparant les sources d’archives aux œuvres de fictions, on peut mesurer l’écart entre l’imaginaire et le réel.
Dans le roman et la nouvelle du XVIIè siècle, deux portraits de captives nous serviront d’exemples : d’abord, le récit de Sophie dans la nouvelle espagnole insérée dans le Roman comique de Scarron : le Juge de sa propre cause, ensuite l’histoire d’Uranie dans les Nouvelles Affriquaines de Mme de Villedieu. Deux portraits de captives qui s’inscrivent dans un cadre spatio-temporel qui se veut « véritable »
La comparaison entre les portraits imaginaires et les documents d’archives révèlent des contradictions notamment, à propos de la capture, de la conversion, de la question du retour… Autant d’écarts qui nous mettent en garde sur les frontières problématiques qui distinguent histoire et fiction au XVIIè siècle car, si la fiction s’inspire de cas réels, elle les transforme et les met au service d’un réel imaginaire (fiction du sérail ; le thème de la captive heureuse et celui du corsaire galant...) qui satisfait davantage le rêve oriental et barbaresque que les réelles conditions de la captivité.

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10h