Clichés et intertextualité dans Un Tour en Belgique de Gautier

Le premier récit de voyage de Théophile Gautier est l'un des plus libres et des plus drôles parus sous la plume de celui qui fut peut-être le maître du genre au XIXe siècle. Parti en 1836 avec "Fritz" (Nerval) sur les routes de Flandre, Gautier en rapporte un texte où sont parodiés tous les clichés du Voyage romantique : références antiques, parcours initiatique, mais aussi exotisme obsédant, fantasmes érotiques, ou encore représentation héroïsée du moi-voyageur. Ce court mais dense récit de voyage fait aussi appel à des registres "sérieux" : la peinture de paysage, que Gautier connaît bien par sa fréquentation assidue des musées et des artistes contemporains, constitue une grille descriptive abondamment exploitée ultérieurement. Au total, Un Tour en Belgique donne à voir une multitude de "discours" (le plus souvent ironiques) et de "genres" (le fantastique, le grotesque...), convoqués dans un texte d'allure volontairement composite, où l'usage récurrent de l'intertextualité est conforme tout à la fois à la poétique moderne du Voyage et à la pratique fréquente du "second degré" chez Gautier.

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09h30