Discussion 10 Poésie et voyage

Discussion 10 (après Benoit Hennaut et Valérie Berty) Après la conférence de Valérie Berty, B. Hennaut précise que dans son étude le train ne représente pas un vecteur d'évasion mais sert à explorer des pays connus. R. Lauthelier rappelle que dans cette perspective le bateau à vapeur a précédé le train et considère que ces deux conférences concluent très bien le colloque. On a donc soulevé le rapport entre poésie et peinture comme d'une association poétique susceptible de restituer l'effet de surprise lié à la vision, au "j'ai vu" émotionnel du voyageur. V. Berty pense en effet qu'il n'y a pas chez Cendrars d'association raisonnée et qu'il faudrait travailler sur l'oralité / musicalité. Venayre fait partager sa réflexion à propos de la communication de B. Hennaut en la mettant en relation avec l'idée de Malraux selon laquelle en fait la réception participe à l'élaboration des limites de la fiction et du réel. Cela peut ainsi nous conduire à l'élaboration de figures tout à fait insensées. Roland Mortier félicite B. Hennaut et son courageux et éloquent plaidoyer pour une cause perdue, celle de la poésie belge des années 1850 et insiste sur le fait qu'à cette époque la figure de l'intellectuel belge est celle d'un homme appartenant à un pays qui n'existe que depuis 20 ans, issu de l'alliance entre la France et l'Angleterre, à la fois wallon et flamand mais qui, quelle que soit sa région, parle français. Dans sa recherche d'une patrie, la poésie française jouera un rôle d'enracinement. D'autre part, ce pays vidé de ses intelletuels et scientifiques, politiquement déchiré est un pays très avancé économiquement, et les premiers chemins de fer (1835) y sont nés, l'industrie textile y est très performante aussi... Mortier ajoute que selon Goethe, il n'y a de poésie que de circonstance. M. Jacob nuance dans la mesure où Goethe entendait par là réfléchir sur les épreuves vécues... S. Moussa constate que s'il existe des théories vieillies, la poésie comme objet d'elle-même en fait partie. Il retient l'image d'un paysage à travers la fenêtre givrée d'un train, comme image d'un sujet coupé de la réalité extérieure. Le voyage au XXe siècle fait intervenir l'intériorité du sujet (cf. Michaud, L'espace du dedans). Cette intériorité vient du romantisme qui a commencer par mettre en avant le moi . Lançon évoque alors l'idée de la transcommunication, le lien entre la question de la mimesis du récit de voyage et celle de la beauté. Ceci nous renvoie-t-il au réel et/ou à la langue ? Avec Blaise Cendrars nous assistons à l'apparition d'un nouveau ut pictura qui tisse des relations fortes entre la poésie et le récit de voyage. A travers les siècles les réponses sont différentes pour déterminer les rapports entre l'intertexte et le référent, entre la langue et le beau... Pour Daniel Candaux enfin il faudrait aller voir du côté des wagons de la bande dessinée.

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11h30