Discussion 6 : Poésie et voyage

Discussion 6 (après Ph. Antoine et S. Moussa) : Ph. Antoine précise que sa communication sur Chateaubriand ajoute la dimension du divers, du détail et de l'anecdote à sa réflexion. Rachel Lauthelier remercie les deux auteurs pour leurs brillantes communications. Elle demande à Ph. Antoine si la perception de la Méditerranée par Chateaubriand influence son appréhension de l'Océan Atlantique, comment, et si cela peut être rapporté à la représentation de la dualité entre nature et culture. Ph. Antoine répond que le texte sur l'Orient a été publié avant celui sur l'Amérique, même s'il contient de nombreuses références à l'Amérique, comme s'il voulait par la double polarité géographique rendre la dualité entre nature et culture. R. Lauthelier demande si cette construction est plus tardive ou si elle vient du voyage en Amérique. Ph. Antoine penche plutôt pour la seconde option car elle correspond au ravissement de l'expérience concrète du désert, qui va hanter ensuite la construction. Mais le cliché vient aussi se rajouter dessus, et le Voyage en Amérique contient en cela plus de stéréotypes que le Voyage en Orient. M. Lançon précise à S. Moussa que 100 ans après le voyage en Orient, cette conjonction des données se fait en Egypte sous la forme étonnante d'un bateau poétique, avec colloque et banquet poétique sur Lamartine. S. Moussa remercie pour cette information, qu'il trouve encore plus intéressante que le regard croisé et parodique des "déromantisations". R. Lauthelier demande à S. Moussa une précision sur la référence de Lamartine à Cham, car Cham est généralement méprisé au XIXème siècle (cf. Gobineau), et Lamartine l'évoque de façon beaucoup plus positive. S. Moussa cite le vers (???) et Y. Bellenger précise qu'il s'agit d'un passage biblique. M. Candaux met en relief le parcours de Challe à Lamartine : Challe, très chrétien, christianise les auteurs antiques, alors que Lamartine, lui, découvre le côté oriental de la poésie antique et fait entrer le paganisme dans la poésie viatique. M. Lançon évoque le passage du texte vers la parole et la voix, ainsi que l'installation du silence dans ces déserts. Il demande s'il y a un silence dans les interstices. Ph. Antoine hésite et pense que cette idée est peut-être encore trop moderne... M. Candaux, enfin, évoque un aspect non évoqué du voyage amusant : les auteurs y sont très sensibles à l'oralité. Certains vont jusqu'à dire que, après Valence, ce n'est plus le Français qui est parlé. On trouve même dans quelques voyages amusants un hymne au silence qui pourrait être fondateur de quelque chose...

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