Discussion 9 Poésie et voyage

Discussion 9 (après Rémy Gasiglia et Daniel Lançon) Rachel Lauthelier demande à Lançon si les lieux dans lesquels Lorand Gaspar s'est rendu, l'Orient, ne sont pas à la source de ce sentiment d'unité entre le corps et l'âme, le corps et la terre. Lançon considère en effet que le nomadisme de l'esprit tel que Gaspar le pratique lui a permis de partager le plus simple avec des personnes simples. Il est en effet parti, comme tout le monde, fasciné par l'Orient et puis (Lançon s'excuse de sa formule triviale) il en a "pris plein la figure" (guerre etc...). Cela lui a permis d'entrer dans l'immédiateté des passions des hommes, liée à sa poétique du corps et de l'esprit. Immanentisme absolu exprimé en dehors de la quête de l'Orient. Gaspar s'est donc déplacé vers une poétique de la précarité. Candaux s'adresse à Gasiglia pour souligner l'originalité d'un même voyage raconté par le mari et la femme, dans le couple Mistral, cas rare. Gasiglia précise que Marie Mistral a pris le relais de son mari frappé par le deuil (sorte de mort à Venise métaphorique, par la missive qui lui parvient par une gondole). C'est aussi le seul texte qu'elle ait écrit. Lançon manifeste son admiration à l'égard du travail de Gasiglia qui a consisté à mettre en évidence la surpise formelle de l'émergence du poème dans une page de prose. Aline Bergé indique qu'elle a beaucoup aimé la citation de Larbaud (sur la poésie comme rayon de soleil dans une page de prose) que Gasiglia a rappelée et demande à Lançon quelle est la nature de la relation de Gaspar au lieu natal. D'après Lançon, pour Gaspar, qui a plusieurs langues maternelles (hongrois, puis allemand), le natal a donc toujours posé un problème. Le détournement de la langue de l'autre apparaît comme une possibilité forte de fondation, sans nostalgie. Sarga Moussa demande à Lançon s'il a utilisé le terme d'exote comme un terme ségalien ou s'il l'a lui-même introduit. Lançon constate en effet qu'il a utilisé ce terme qui apparaît comme anachronique dans la mesure où Gaspar ne se situe pas du tout dans l'optique de la poésie du divers ; pour lui la poétique du lieu unique au contraire s'impose. Lançon ajoute qu'il va donc supprimer ce terme. Moussa se demande si la liaison opérée par le déictique "ici-là" ne maintient pas en réalité une tension, une dualité. Lançon insiste sur l'idée d'un refus de la tension néo-platonicienne entre l'ici et l'ailleurs.

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10h