Entre ennui et voluptés d'esprit : Paris dans la correspondance européenne de la marquise du Deffand

Dès 1747, le salon de Mme de Deffand est le rendez-vous favori d'étrangers illustres, d'ambassadeurs de toutes les cours d'Europe, de prélats, d'encyclopédistes et de philosophes. La marquise lie ainsi un commerce épistolaire européen avec ceux auxquels elle réserve les honneurs de son hospitalité. Sa correspondance avec M. de Bernstorff, envoyé extraordinaire du roi de Danemark, le baron de Scheffer, envoyé de Suède, le Genevois Saladin, Voltaire ou Horace Walpole nous la montre femme savante, spirituelle et sceptique.
De ces échanges dont Mme du Deffand tient habilement les rênes, il ressort une image contrastée de Paris dont ma communication rendra compte : les jugements passionnés d'étrangers, initiés à la vie parisienne, compensent la répulsion qu'éprouvent d'autres. L'image de "la statue de Nabuchodonosor, en partie or, en partie fange" dont use Voltaire dans une lettre adressée le 9 Janvier 1739 au Comte de Caylus, pourrait servir de point de départ à une réflexion sur le double caractère de Paris, lieu du raffinement intellectuel, de la civilité mondaine et theatrum mundi, revers sombre toujours présent dans l'évocation d'un "grand monde", voué à l'ennui et à l'amour-propre, résurgence d'un topos cher aux moralistes et aux prédicateurs du XVIIe siècle.

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16h00