Esthétique de la théorie : La Coulure, chez Benoît Maire (en présence de l’artiste)

La théorie peut-elle être un médium, au même titre que la photographie ou la peinture ? Certains artistes contemporains, comme Eric Duyckaerts, s’étant souvent formés directement à la philosophie, réinvestissent des concepts ou des discours théoriques hérités des années 70, époque marquée alternativement, par le post-structuralisme, le postmoderne ou la « French Theory ». Le propos de Benoît Maire (né en 1978 à Pessac, vit et travaille à Paris) n’est cependant pas de parodier le discours philosophique, ni même de l’illustrer, comme ont pu le tenter les artistes conceptuels des années 60. L’héritage théorique est directement réinvesti dans les œuvres à travers des personnages conceptuels ou des topiques polymorphes. Ainsi, chez Benoît Maire le thème de la coulure traverse depuis plusieurs années ses œuvres, sous l’aspect de peintures monochromes, de scènes tragiques, de récits ou de schémas de modélisation en mécanique des fluides qui tendent au chaos. Le mot « coulure », synonyme d’échec de la peinture, endosse des sens transitoires et devient la trace visible d’une manifestation théorique mise à l’épreuve par l’artiste.

La Coulure, Constance Mayer, monochromes noirs dégoulinants, dim. var., 2005.
Le Mâtin, chien qui pleure au-dessus d’un tas de terre contenant des graines de marjolaine, 2006.
Notes attribuées à Sébastien Planchard. What is consciousness ?, livre, croquis de modélisation de la coulure, 2006-2007.
Le Présent, avec Etienne Chambaud, fable philosophique au bord d’un torrent, 2006.

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