Invention et mythe littéraire dans la cartographie à l'âge des découvertes

Écrire son expérience signifie, d'une certaine façon, traduire dans des codes linguistiques le déplacement et la surprise psychologique que le voyageur éprouve en débarquant dans un pays inconnu. L'expérience post-moderne semblerait suggérer, de prime abord, que la carte géographique pourrait être le seul moyen qui permettrait de maintenir l'objectivité que l'écriture hodéporique ne nous permet pas d'achever. Rien n'est plus loin de la réalité, hélas ! Nous avons remarqué, par exemple, que la carte de Brobdingnag, dans les Gulliver's Travels de Jonathan Swift, situait cette péninsule imaginaire au nord le la Californie, près du détroit d'Annian qui séparait l'Amérique du Nord du Japon. Par ailleurs, l'"île" de la Californie avait été explorée au XVIe siècle par des conquistadores qui la situaient près d'une autre île, celle des Amazones, au nord du Mexique, d'après leurs lectures des textes espagnols de chevalerie. Ignorance, indolence intellectuelle, croyance en des légendes acceptées aveuglement se sont souvent mêlées aux rapports des véritables explorateurs, créant des confusions saugrenues. D'autre part, traduire la réalité d'un monde à trois dimensions et la rapporter sur un papier à deux dimensions pourrait présenter une série de problèmes techniques assez complexes. L'étude des textes hodéporiques montre que la vérité de la narration est un problème pour les écrivains aussi bien que pour les cartographes. Est-ce qu'une solution pourrait être envisagée dans l'absence de toute intervention humaine telle que nous l'observons dans la cartographie satellitaire de planètes sur lesquelles l'homme n'a pas encore mis le pied ?

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