L’Évêque aux 150 épouses : Transgressions et transformations du catholicisme à Bathurst Island

Après avoir traversé le monde pour joindre la mission de l'Archevêque André Navarre en Nouvelle Guinée, François-Xavier Gsell, se voit envoyer à Port Darwin en 1906, où il établit une paroisse composée d'Australiens d'origine européenne. C'est en 1911 qu'il se tourne vers la conversion des peuples indigènes, visant la population du terrain "presque vierge" de Bathurst Island, les Tiwis. L'arrivée de ce jeune évêque alsacien dans la communauté provoque une série de transgressions et de transformations, chez le missionnaire ainsi que chez les habitants de l'île. Afin de déceler un itinéraire des transgressions et transformations du catholicisme à Bathurst Island, nous nous concentrons sur le texte autobiographique de Gsell, publié en 1954, qui représente le point où se rencontrent littérature, voyage et religion dans un contexte franco-australien. Il s'agit d'un document unique qui raconte le premier contact entre un peuple protégé jusqu'alors par son isolement sur une île au nord de l'Australie et la religion chrétienne. La conversion des traditions animistes au catholicisme s'accomplit par des méthodes moins orthodoxes qu'on aurait peut-être prévues chez un évêque français qui avait fait ses études à côté du Pape Pie XII à Rome. Bien que le processus de la conversion déclenche des répercussions moins positives pour l'évêque, non seulement dans le domaine religieux, mais aussi dans le domaine socioculturel, la communauté catholique de Bathurst Island est une réussite inattendue. Le syncrétisme toléré et même encouragé par Gsell a permis au peuple Tiwi de garder leur propre identité culturelle en l'intégrant dans leur interprétation du catholicisme. La transformation d'une communauté indigène par un évêque français et de cet homme par la communauté qui l'entoure sous-tend donc cette exploration des limites de l'interprétation et de la représentation religieuses dans la rencontre de l'autre.

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16h00