L’Orient kaléidoscope de Franz Cumont : le voyage de 1900 en Asie Mineure

Plan de l’intervention
I. Franz Cumont : vie et œuvre

I.1. Vie
I.2. Des Mystères de Mithra aux Religions orientales

II. Homme de cabinet - homme de terrain

II.1. La dimension du voyage
II.2. L’année 1900, une année pas comme les autres

III. Entre passé et présent de la Turquie

III.1. Conditions de voyage
III.2. Cumont a une connaissance remarquable des auteurs anciens
III.3. La chasse aux inscriptions
III.4. Archéologue et collectionneur
III.5. Présent et passé de la Turquie

Travaux de F. Cumont (avant la Première Guerre mondiale)
Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Mithra, Bruxelles, 1894-1899
Les Mystères de Mithra, Bruxelles, 1900
Les Religions orientales dans le paganisme romain, éd. par Bonnet C. & Van Haeperen F., Turin, 2006 (= rééd. de 4e éd., Paris, 1929 ; 1ère éd., Paris, 1906)
CUMONT F. & CUMONT E., Voyage d’exploration archéologique dans le Pont et la Petite Arménie (Studia Pontica, II), Bruxelles, 1906
ANDERSON J.G.C., CUMONT F. & GRÉGOIRE H., Recueil des inscriptions grecques et latines du Pont et de l’Arménie, fascicule I (Studia Pontica, III), Bruxelles, 1910

Autour de F. Cumont et de son œuvre
BECK R., The Religion of the Mithras Cult in the Roman Empire, Oxford, 2005
BONNET C., La correspondance scientifique de Franz Cumont conservée à l’Academia Belgica de Rome, Bruxelles-Rome, 1997
—, Le « Grand Atelier de la Science ». Franz Cumont et l’Altertumswissenschaft. Héritages et émancipations, Bruxelles-Rome, 2005
BONNET C. & KRINGS V., “S’écrire et écrire sur l’Antiquité. L’apport des correspondances à l’histoire des travaux scientifiques. Un chantier en cours”, Quaderni di Storia 63 (2006), p.151-185
— “Échos à la réception des Textes et monuments figurés relatifs aux Mystères de Mithra dans la correspondance de Franz Cumont”, Bonnet C. & Krings V., S’écrire et écrire sur l’Antiquité. L’apport des correspondances à l’histoire des travaux scientifiques, Grenoble, 2008, p. 301-326
BRUWIER M.-C., TILLIET-HAULOT M.-F. & VERBANCK-PIÉRARD A. (éds), Franz Cumont & Mariemont. La correspondance adressée par Franz Cumont à Raoul Warocqué de 1901 à 1916, Mariemont, 2005
LERICHE P. & GABORIT J., “Franz Cumont homme de terrain”, MEFRIM 111 (1999), p. 647-666
KRINGS V., “Franz et Eugène Cumont et la Turquie de 1900”, Krings V. & Tassignon I. (éds), Archéologie dans l’Empire ottoman : entre politique, économie et science, Bruxelles-Rome, 2004, p. 75-96
—, “Franz Cumont : l’apport des lettres à l’étude d’une participation au Dictionnaire des antiquités grecques et romaines”, Anabases 4 (2006), p. 205-218
Biographies
(d’après È. GRAN-AYMERICH, Dictionnaire biographique d’archéologie 1798-1945, Paris, 2001)

BENNDORF, Otto (1838-1907)
Helléniste allemand, professeur d’archéologie classique dans diverses universités parmi lesquelles Zurich, Munich et Vienne. Il participe aux fouilles de Samothrace et dès 1881, à plusieurs expéditions archéologiques en Lycie. Il enrichit le Musée de Vienne de nombreux reliefs et fragments d’architecture. Fouilleur d’Éphèse, il est le fondateur et le premier directeur de l’Institut archéologique autrichien.

CUMONT, Franz (1868-1947)
Historien des religions de l’Empire romain et archéologue belge. Après des études de philologie classique, il approfondit ses connaissances en philologie et en histoire des religions dans les universités de Bonn, Berlin et Vienne, où il entre en contact avec la plupart des maîtres de l’érudition d’alors. Ensuite, l’Université de Gand, qu’il a quittée à la fin de ses études universitaires, le rappelle en 1892. Il y assurera des enseignements jusqu’en 1910, lorsqu’il présente sa démission, mettant un terme à sa carrière académique en Belgique. Ce moment présente à bien des égards un tournant dans sa vie. Il s’éloigne alors de la Belgique pour se fixer à Paris et à Rome. Le fait d’être libéré de toute obligation didactique lui permet de se consacrer à la recherche. On peut dire avec ses biographes que sa vie s’identifie donc entièrement avec son œuvre.
L’intérêt de F. Cumont se focalise d’abord sur les cultes de Mithra, qui, avant lui, n’ont pas fait l’objet d’un traitement scientifique. Ses Textes et monuments figurés relatifs aux Mystères de Mithra, publiés en plusieurs fascicules entre 1894 et 1899, sont accueillis comme une œuvre maîtresse ; le volume de synthèse qui en résulte, Les Mystères de Mithra, publié en 1900, connaît plusieurs rééditions ainsi que des traductions en allemand et en anglais. En 1906, paraissent Les Religions orientales dans le paganisme romain. Ses préoccupations se portent progressivement vers la religion astrale et les conceptions eschatologiques qui en dérivent dans le monde romain. Les dernières années de sa vie sont consacrées à la mise au point de Lux perpetua, qui paraît en 1949.
En 1900, il enseigne à l’Université de Gand et est depuis peu conservateur à titre bénévole des Antiquités classiques au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles (alors Musées Royaux des Arts décoratifs et industriels). Cette première mission en 1900 dans l’ancien royaume du Pont, annonce et prépare le voyage qu’il fait en 1907 en Syrie du Nord, en suivant l’itinéraire emprunté par Julien, ainsi que l’expérience de la fouille, aux débuts des années ’20, de Doura-Europos, sur l’Euphrate.

HAMDY BEY, Osman (1842-1910)
Personnalité importante de l’Empire ottoman finissant, Osman Hamdy Bey appartient à la grande bourgeoisie ottomane francophile. Il séjourne dès 1857 à Paris, où il étudie le droit, la peinture et les sciences politiques. De retour au pays, il occupe divers postes politiques de haut niveau. En 1881, il se voit confier la mise en valeur de la collection d’antiquités d’archéologie grecque amassée par Fethi Pacha. Il se forme à l’archéologie grecque au contact de l’helléniste français Salomon Reinach. Parallèlement à cela, il fouille avec l’équipe française qui travaille à Myrina (A. Veyries, S. Reinach, E. Pottier). Directeur des Antiquités, il fait, en 1884, promulguer une loi visant à protéger les antiquités de son pays. À Sidon, en 1887 et 1888, il découvre les sarcophages de la nécropole royale. C’est à deux anciens membres de l’École française d’Athènes, André Joubin et Gustave Mendel, qu’il confie la charge de rédiger les catalogues des antiquités des Musées impériaux ottomans.

POTTIER, Edmond (1855-1934)
Membre de l’École française d’Athènes entre 1877 et 1880, avant d’être nommé à son retour en France maître de conférences de littérature grecque à la Faculté des lettres de Rennes. En 1883 il occupe le même poste à la Faculté des lettres de Toulouse où il passe son doctorat. En 1884, Pottier est nommé Conservateur au Louvre (Département des Antiquités orientales). Cette même année, il s’associe à E. Saglio dans la direction du Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines. C’est précisément à l’été 1900 que se situe la rencontre avec Cumont qui lui a demandé pour le Musée de Bruxelles l’expertise d’une pièce de Turquie.

REINACH, Salomon (1858-1932) et Théodore (1860-1928)
Helléniste français, membre de l’École française d’Athènes à partir de 1879, Salomon s’illustre sur le chantier de Myrina et en publie, avec son camarade Edmond Pottier, les terres cuites. Secrétaire de rédaction puis directeur de la Revue archéologique, il en rédige la Chronique d’Orient, chronique qui fait le point sur les découvertes archéologiques de la Grèce et de l’Empire ottoman. Son frère, Théodore, helléniste également et auteur d’un Mithridate Eupator, roi du Pont, publie avec Osman Hamdy Bey les sarcophages de Sidon.

Carte du voyage des frères Cumont dans le Pont (Studia Pontica, II, pl. hors texte)

P. IMBERT, La rénovation de l’Empire ottoman, Affaires de Turquie, Paris, 1909

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Session: 

15 avril