La Barbarie en récits dans la France du premier XVIIe siècle, ou le cas particulier de l’Histoire tragique du père Dan

L’_Histoire de Barbarie_ du Père Trinitaire Dan, publiée en 1637 puis rééditée en 1649, met en scène la tragédie que vivent les captifs chrétiens dans cette Barbarie, assimilée à un véritable « Enfer ». La rhétorique fleurie et outrancière de ces histoires tragiques qu’il collationne, positionne le Trinitaire dans une spiritualité nourrie d’un mythe de croisade, pourtant arrivé à résipiscence, dès 1625, dans les choix diplomatiques et politiques. La monarchie exécutive préfère parer à l’urgence d’un encerclement redouté des Habsbourg, dont on redoute la mise en place d’une monarchie universelle, dans le contexte de la Guerre de Trente Ans. La littérature barbaresque est dès lors tiraillée entre le pragmatisme étatique, voire économique, et les exigences d’une Réforme catholique soucieuse de promouvoir la morale chrétienne et l’union politique de la chrétienté, qui aplanirait les différends confessionnels en Europe.

Si le Père Dan n’est pas représentatif de son époque, il l’est d’une certaine frange de la catholicité « dévote », plus sensible aux arguments turcophobes qu’aux pamphlets hispanophobes du gouvernement cardinal de Richelieu. Raison de Dieu et raison d’État s’opposent. Soucieux de sensibiliser au fléau des Barbaresques, à la réduction en esclavage des chrétiens captifs et à la perte des âmes des renégats, le Trinitaire livre un récit tragique informatif et passionné qui suscite l’émotion des lecteurs. Histoires sanglantes, images des tortures, récits édifiants, témoignages vécus insistent sur cette persécution tournée contre les Chrestiens qui se mue en une haine irreconciliable & mortelle. La Barbarie en récits dans la France du premier XVIIe siècle renvoie davantage, in fine, à cet imaginaire instrumentalisé de la figure turque qu’à une approche rationnelle qui émerge dans les années 1650…

Bibliographie indicative

Récits de voyages
Beauvau, Henri de, Relation journalière du voyage du Levant faict et descrit par haut et puissant Sieigneur Henry de Beauvau Baron dudict lieu et de Manonville, Seigneur de Fleville, Sermaise, Domepure. Reveu augmenté et enrichy par l’Autheur de pourtraicts des lieux les plus remarquables, Nancy, J.Garnich, 1619, Ars. 4-H-443, 181p.
Deshayes de Courmenin, Louis, Voiage de Levant fait par le commandement du Roy en l’année 1621 par le Sr D.C., Paris, A. Taupinart, 1632, in-4°, 495p., BnF 4-O2-27 (A).
Boucher, Jean, Bouquet sacré composé des plus belles fleurs de la Terre sainte, texte établi, présenté et annoté par Maris-Christine Gomez-Géraud, Honoré Champion, Paris, 2008, [1614 et 1620], 596p.
La Boullaye-Le Gouz, François de, Les voyages et observations du sieur de La Boullaye-Le-Gouz,…, Troyes, N. Oudot, Paris, F. Clouzier, 1657, 558 p.: fig. et pl., in-4°.
La Très Sainte Trinité, Philippe de, Voyage d’Orient du R. Père Philippe de la Très Sainte Trinité carme dech., etc., trad. du latin par un religieux du même ordre, Lyon, Antoine Jullieron, 1652, in-8°, Arsenal, 8-H-1137, 1138 et 1139 .
Pacifique de Provins, René de, Relation du voyage de Perse faict par le R. P. Pacifique de Provins,... où vous verrez les remarques particulières de la Terre saincte…, Paris, N. et J. de La Coste, 1631, in-4°, VI-416 p., BnF 4- O2H-5.

Rédemptions et témoignages de captifs
Ben Mansour, Abd El Hadi, Alger XVIe siècle-XVIIe siècle, Journal de Jean-Baptiste Gramaye, « évêque d’Afrique », Paris, Cerf, 1998, p.287-289.
Anroux, Nazare, La miraculeuse redemption des captifs faite à Salé, coste de Barbarie, sous les heureux auspices du Sacre du Roy Tres-Chrestien. Par les religieux de l’ordre de la Tres-Saincte Trinité vulgairement appellez Maturins, Paris, Julian Jacquin, 1654, pp.11-12, BnF Ld30 43.
-, Ibid., L’heureuse alliance de la grâce & du merite qui immortalisent la memoire & le nom de Monseigneur le Reverendissime Pere Louis Petit ; docteur es ss decrets, général et grand ministre de tout l’Ordre de la Ste Trinité & Redemption des Captifs, Conseiller & Aumônier du Roy, Paris, Iulain Iacquin, 1652, 15p., BnF Ld 43-23.
Dan, Pierre, Histoire de Barbarie et de ses corsaires des royaumes, et des villes d’Alger, de Tunis, de Salé, & de Tripoly. Divisé en six livres. Ou il est traitte de leur gouvernement, de leurs Mœurs, de leurs Cruautez, de leurs brigandages, de leurs Sortileges, & de plusieurs autres particularitez remarquables ; Ensemble des grandes miseres et des cruels tourmens qu’endurent les Chrestiens Captifs parmy ces Infideles, par le R.P.P.D., seconde edition, Paris, Pierre Rocolet, 1649, in-4°, p.390, BnF M-19637.
-,Ibid., Les plus illustres captifs, ou recueil des actions héroïques d’un grand nombre de guerriers et autres chrestiens réduits en esclavage par les mahométans. Manuscrit édité intégralement pour la première fois par le R.P. Calixte de la Providence, Paris, Lyon, 1892, in-8°, 389 et 416p.
Foucques, Advertissements presentez au Roy par le Capitaine Foucques. Apres estre delivré de la captivité des Turcs, pour le soulagement des François & autres nations Chrestiennnes, marchands, & mathelots, qui trafiquent sur mer. Avec une description des grandes cruautez, & prises des Chrestiens par les pirates Turcs de la ville de Thunes, par l’intelligence qu’ils ont avec certains François renegats, Lyon, 1613, 16p., BnF 8-LF69-6 (bis).
- [Gaspard, Le P.D.], Histoire veritable de ce qui s’est passe en Turquie, Pour la delivrance é redemption des Chrestiens Captifs depuis l’année 1609. Et des secheresses extraordinaires advenuës en Alger, l’an passé, pendant lesquelles arriva une pluye miraculeuse, par l’intercession de trois Religieux de l’Ordre de la saincte Trinité de la redemption des Captifs, Paris, François du Carroy, 1613, in-8°, 29p., BnF Lk8 181.
Heraut, Lucien, R.P., Les larmes et clameurs des Chrestiens, François de nation, Captifs en la ville d’Alger en Barbarie, adressees à la Reyne Regente Mere de Louis XIIII, Roy de France & de Navarre, Paris, Denys Houssaye, 1643, 37p., BnF Ld43 19.
Latomy, R.P. Frère Jean, Histoire de la fondation de l’ordre de Nostre Dame La Mercy pour la redemption des captifs. Contenant l’antiquité et exellance et plusieurs aultres belles remarques dudit ordre arrivées depuis quatre Cens ans, Paris, Sébastien Huré, 1618, in-8°, 206p., BnF H-10581.
-, La célèbre Redemption de XLI chrétiens captifs, faite de l’autorité du révérendissime P. général de tout l’ordre de la Sainte-Trinité et rédemption des captifs, en la ville de Salé, Paris, Iulian Iacquin, 1643, p.16, BnF Ld43 18.
-, Noms et qualitez de quatre-vingt dix-cept Chrestiens captifs, racheptez cette année par les Religieux de l’ordre de Nostre Dame de la Merci, Paris, 1634, in-8°, BnF Ld 44-3, 12p.

Sources secondaires sur les Barbaresques
Aubry, Jean d’, Le firmament de la vérité, contenant le nombre de cent démonstrations asseurées, infaillibles et nécessaires, ausquelles personne (hors d’estre fol et insensé) ne peut contredire, qui prouvent que tous les prestres, diacres […] doyvent estre damnez éternellement s’ils ne vont prescher l’Evangile aux Turcs, Arabes, Mores, Perses, Musulmans & Mahometans pour l’amour de Iesus Christ, Grenoble, Jean de la Fournaise, 1642, in-8°., 125p., BnF D2-5652.
La Borde de Turc, L’état des affaires chrétiennes sur les mers noires, aussi de levant, ponant et midi ; désordre de celui des barbares et des moyens de les conquérir ; par le seigneur de La Borde Du Turc, colonel aux dernières armées d’Italie, et autres guerres chrétiennes, Lyon, M. Lautret, 1619, in-8°, BN, Lb36 1173.
-, Ibid., L’état des affaires chrestiennes, représentée au Roy sur les occasions présentes, par le seigneur de La Borde, colonel en l’armée de la milice chrestienne, Lyon, Michel Lautret, 1637, in-8°, 16p., BnF Lb36 3143.
Le Guay, [attrib. au P.Joseph], Alliances du Roy avec le Turc et autres, justifiées contre les calomnies des Espagnols et de leurs partisans, par G. Guay [″sic″], Paris, T. du Bray, 1625, in-8°, 274p.
-, Histoire nouvelle du massacre des Turcs, faict en la ville de Marseille en Provence, le 14 de Mars, mil six cent vingt, par la population de la ville, iustement indignee contre ces Barbares. Avec la mort de deux Chaoulx de la Porte du Grand Seigneur, ou Ambassadeurs pour iceluy. Avec le recit des occasions qui les y ont provoquez. Et les presages de l’Empire des Turcs, Lyon, Claude Armand, 1620, 21p., BnF 8-LK7-4645.
-, Lettre des chevaliers de Malte, envoyée à monseigneur le prince de Condé, pour joindre ses forces à celles du grand maître, afin de dissiper l’entreprise du Turc sur la chrétienté, Paris, J. Bourriquant, 1615, in-8°, 7p., BnF Lb36 514.
-, Relation des victoires qu’ont obtenu les Chevaliers de Malte contre les Turcs l’an 1620. A sçavoir, la prise de plusieurs Vaisseaux de mer, Esclaves, Or, Argent, Marchandises, & Canons, Lyon, Claude Morillon, 1620, 8p., BnF HP-853.

Historiographie
Bennassar, Bartolomé et Bartolomé, Lucile, L’histoire extraordinaire des renégats (XVI-XVIIe siècles), Paris, Perrin, 2006, pp.494-526.
Carnoy, Dominique, Représentations de l’Islam dans la France du XVIIe siècle, Paris, Harmattan, 1998, IIe partie, chap.I, 368p.
Dupront, Alphonse, Le Mythe de croisade, Paris, Gallimard, 1997, 4 vol.
Z’rari ,Latifa, Les Captifs d’Alger, Paris, Jean-Paul Rocher, [1657], 1997, 279p.
Le Thiec, Guy, « Et il y aura un seul troupeau… ». L’imaginaire de la confrontation entre Turcs et Chrétiens dans l’art figuratif en France et en Italie de 1453 aux années 1620, Thèse sous la direction d’Arlette Jouanna, Université Paul Valéry-Montpellier III, V vol., 617p.
Merle, Alexandra, Le miroir ottoman. Une image politique des hommes dans la littérature géographique espagnole et française (XVI-XVIIe siècles), Paris, PUPS, 2003, 283p.
Pignot, Hélène, La Turquie chrétienne. Récit des voyageurs français et anglais dans l’Empire ottoman au XVIIe siècle, Vevey, Xenia, 2007, 271p.
Poumarede, Géraud, Pour en finir avec la croisade : mythe et réalité de la lutte contre les Turcs aux XVIe- XVIIe siècle, Paris, PUF, 2004, 686p.
Sauzet, Robert, Au grand Siècle des âmes. Guerre sainte et paix chrétienne en France au XVIIe siècle, Paris, Perrin, 291 p.
Serapeum, Zeitschrift für Bibliothekwissenschaft, Handschriftenkunde und ältere Litteratur, "Die Literatur zur Geschichte des Beiden Orden SS. Titatis und Mariae de Mercede“, 1870, n°6, 7 & 8, pp. 81-144.
Turbet-Delof, Guy, Bibliographie critique de l’Afrique barbaresque dans la littérature française (1532-1715, n°187, p.241, S.N.E.D, Alger, 1976.
Haran, Alexandre Y., Le Lys et le globe. Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux XVIe et XVIIe siècles, Epoques Champ Vallon, Paris, 2000, 368p.

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Exemplier
- Citation 1 : « Quoy qu’il en soit, quelques Monstres dénaturez qu’engendre l’Afrique, elle n’en produit point de si cruels dans toute son estenduë que les peuples de cette contrée, qu’on appelle Barbarie : Tellement qu’on peut bien dire d’eux, qu’ils sont en effet les plus barbares de tous les hommes ».
Dan Pierre, Histoire de Barbarie et de ses corsaires des royaumes, et des villes d’Alger, de Tunis, de Salé, & de Tripoly…, Paris, Pierre Rocolet, 1649, in-4°, p.2, BnF M-19637.
- Citation 2 : « Il a esté arresté que le Roy tesmoignera de sa bouche a Monseigneur le nonce le desir qu’il a d’entente a la guerre contre le Turc, pourveu que les Austrichiens Princes Chrestiens soient de la partie, et pour cet effect exhortera sa saincteté comme pere commun de tous les Chrestiens, d’exciter par ses nonces tous lesdicts Princes Chrestiens d’y vouloir entendre, et scavoir qu’elle est leur intention ».
« Memoire de ce qui a esté resolu le dimanche de seizieme de febrier mil six cents dix huict, sur le faict de Monsieur de Sancy » dans le tome VI, fol.70 des Dépêches, mémoires et documents divers sur les missions de Harlay de Sancy, Nau et D’Angusse [copies du XVIIe siècle sur la période de 1611 à 1619], Archives diplomatiques du Quai d’Orsay.
- Citation 3 : « […] les mers de vostre France, empeschant par ce moyen le commerce maritime, desadvouëz de leur Souverain, manquant de foy à toutes occasions qu’ils ont faict des accords : traictant les subjects de vostre Majesté plus mal que les autres nations, qui n’ont treve avec cet infidele, les iettant en mer, de peur qu’en rendant les prisonniers, ou esclaves, cogneus pour François, ils perdent aussi le butin : s’exerçant sur toutes autres nations : au contraire, les faisant prisonniers, ou esclaves au lieu de ses plus grandes cruautez contre nous ? […] Et si contre les choses promises à vos subjets de Marseille, ils font tant de brigandages sur vos mers, & aux forts de Barbarie, le mois d’Aoust dernier, parce qu’ils estoyent peu gardez pour un commerce : N’est-il pas raison de les dompter avec galeres, & galions en mer, vingt mille hommes en terre, & vingt canons battans de furie cette ville en demie Lune ? »
La Borde Du Turc, L’état des affaires chrétiennes sur les mers noires, aussi de levant, ponant et midi ; désordre de celui des barbares et des moyens de les conquérir ; par le seigneur de La Borde Du Turc, colonel aux dernières armées d’Italie, et autres guerres chrétiennes, Lyon, M. Lautret, 1619, in-8°, pp. 16-17, BnF Lb36 1173.
- Citation 4 : « Ces veritez, Sire, m’obligent de vous regarder, comme l’infaillible Liberateur de tous les peuples affligez, & particulierement de ces pauvres Captifs, qui chargez de chaisnes de fers & de chaisnes par l’inhumanité des Corsaires Barbares, attendent leur delivrance de vostre Valeur ».
Dan, Pierre, op.cit., épître préliminaire au roi, non paginée.
- Citation 5 : « car nous aperçûmes les brigantins et fustes du plus cruel et barbare corsaire qui soit sur la mer, nommé Saincte More, renégat, anglais de nation, qui ne pardonne ni à Turc, ni à Juif, ni à Chrétien, mais qu’aussitôt qu’il les prend, les tue et massacre, et les jette dans la mer, excepté ceux qu’il juge plus propres à tirer la rame ».
Boucher, Jean, Bouquet sacré composé des plus belles fleurs de la Terre sainte, texte établi, présenté et annoté par Maris-Christine Gomez-Géraud, Honoré Champion, Paris, 2008, [1614 et 1620], p. 383.
- Citation 6 : « en second lieu, pour le grand nombre de gehennes & des chaisnes de ces Barbares si pleines de pauvres Chrestiens, que c’est chose incroyable, & non moins pitoyable oyant les effroyables cris dont l’air tout plein iusques au ciel, fait retentir le triste son iusqu’à nos trop dures oreilles, qui nous devroient esmouvoir & picquer le courage pour les delivrer de tant de miseres & martyres ». Il regrette que les rois ne s’unissent pas pour pourvoir à ce péril grandissant : « Comme le chancre & la flamme s’augmentent de plus en plus si l’on n’y remedie, ainsi la haine de nos adversaires, avec les effects si nous n’y donnons ordre par de prompts & singuliers remedes, & entre autres par une saincte & non feinte reconciliation entre toutes sortes de Princes Chrestiens, qui mette fin à tous leurs differens ».
Vergoncey, de, Le pèlerin véritable de la Terre Saincte, auquel, sous le discours figuré de la Iérusalem antique et moderne de la Palestine est enseigné le chemin de la Céleste..., Paris, L. Féburier, 1615, pp. 523-524.
- Citation 7 : « se trouvera des personnes qui lisans icy les cruautez & les barbaries qui souffrent les esclaves chrestiens, sous la tyrannie des Mahometans, ennemis mortels de nostre Foy, en seront touchez de pitié, & se porteront volontiers à secourir leurs charitez ces pauvres Captifs, pour en moyenner la délivrance ».
Dan, Pierre, op.cit., Préface, non paginée.
- Citation n°8 : « Tous ceux qu’une extrême passion de haine ou de bien-veillance a poussez a publier hautement les deffauts ou les merites des hommes, selon qu’ils detestoient la memoire, ou qu’elle leur estoit chere ; ont toujours creu que pour les representer au naturel, il en falloit tirer le sujet de l’extraction, du nom & du lieu de leur naissance ».
Dan Pierre, Ibid., p. 2.
- Citation n°9 : Les corsaires sont perçus comme des « fleaux de la Nature, les pestes du genre humain, les Tyrans de la liberté commune, & les bourreaux universels de l’innocence, qu’ils violentent sans cesse par des cruautez incogneuës au reste des hommes, & qui surpassent de beaucoup celles des tygres & de lyons qui naissent en leur pays ? »
Dan, Pierre, Ibid., p. 4.
- Citation n°10 : La persécution s’est ainsi « tournée contre les Chrestiens en une haine irreconciliable & mortelle ; Et cette haine ne procede d’autre source que de l’impieté de ces Barbares, qui ont abandonné le culte du vray Dieu, pour se rendre supposts & Ministres de Sathan ». […]« Apres ce tesmoignage, il n’en faut point d’autre, pour monstrer que la haine de ces Infidelles contre les Chrestiens est montée à un si haut poinct, qu’elle surpasse toute autre sorte d’inimitié » .
Dan, Pierre, Ibid., pp. 26 et 28.
- Citation n°11 : « le principal motif qui oblige ces Barbares à vivre paisibles entr’eux, c’est l’aversion naturelle qu’ils ont contre les Chrestiens, qui est si grande, que pour avoir moyen de leur faire plus de mal par leur union mutuelle ils ayment mieux relascher de leurs interests propres, que la diviser & la rompre ».
Dan, Pierre, Ibid., p.32.
- Citation n°12 : « Nous étalerons icy, comme en un theatre, les cruautez que ces tygres ont accoustumé d’exercer contre les pauvres esclaves Chrestiens, dont les miseres & les travaux vont si avant dans l’excez, qu’elles ne peuvent pas si bien estre écrites qu’imaginées ».
Dan, Pierre, Ibid., p.385.
- Citation n°13 : « Quant aux avantages des aventures Tragiques sur les Comiques, ils sont évidents, en ce que les Sujets sont toujours plus Grands et plus Sérieux, en ce sens que les passions de Colère, de Jalousie, de Désespoir, de Haine, d’Amour, de Crainte, de Hardiesse, sont plus violentes, et engendrent de plus prodigieux effets que celles qui sont plus douces et plus joyeuses ».
Camus, Jean-Pierre), Les Rencontres funestes ou Fortunes infortunées de notre temps, Paris, J. Villery, 1644, p. 1.
- Citation n°14 :« se trouvera des personnes qui lisans icy les cruautez & les barbaries que souffrent les esclaves chrestiens, sous la tyrannie des Mahometans, ennemis mortels de nostre Foy, en seront touchez de pitié, & se porteront volontiers à secourir leurs charitez ces pauvres Captifs, pour en moyenner la délivrance ».
Dan, Pierre, Ibid., Préface, non paginée.
- Citation n°15 : « Mais à vray dire, depuis que j’ay cogneu le contraire, & que mes yeux en ont este les témoins, j’ay trouvé qu’en leurs cruautez ordinaires ils estoient moins qu’hommes, & plus que ne sont les bestes les plus farouches ».
Dan, Pierre, Ibid., p.386.
- Citation n°16 : « La pourtraiture est une représentation qui semble avoir plus d’énergie, que les paroles escrites ou proferées, & toucher l’imagination plus vivement, afin d’esmouvoir d’avantage l’affection : aussi a on accoustuméé d’appeler les Images, escritures des simples, d’une simplicité qui rend dociles au Sainct Esprit ».
Maillet, Daniel, L’hidre des vices ou tableaux des sept peches mortels leurs remedes et detestation diceux. Par lesquels est naisvement representes la perdition de l’Homme. Ensemble la convertion de l’ame penitente, 1617, Paris, Abraham le Fevre, Préface au lecteur, BnF D-13707 (bis).
- Citation n°17 : « s’animent de rage contre les fidelles qu’ils tiennent esclaves ; & taschent par toute sorte de maux, comme par des orages contraires, d’ébranler la fermeté de leur ame, afin que leur foy fasse naufrage ».
Dan, Pierre, Ibid., p. 333.
- Citation n°18 : « velu d’un poil noir, rude, & grand, tout semblable à celuy d’un porc, à la reserve du visage, des pieds & des mains qui estoient bruslées & roties, comme si leu feu y eut passé ».
Dan, Pierre, Ibid., p. 346.
- Citation n°19 : « mourir mille fois le iour, sans pouvoir mourir, & apres toutes ces morts ne laisse pas de laisser des ressentiments en l’ame aussi cuisants que les premiers, & dont les pointes semblent encore plus sensibles ».
Histoire nouvelle du massacre des Turcs, faict en la ville de Marseille en Provence, le 14 de Mars, mil six cent vingt, par la population de la ville, iustement indignee contre ces Barbares. Avec la mort de deux Chaoulx de la Porte du Grand Seigneur, ou Ambassadeurs pour iceluy. Avec le recit des occasions qui les y ont provoquez. Et les presages de l’Empire des Turcs, Lyon, Claude Armand, 1620, p. 5-6, BnF 8-LK7-4645.

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2 novembre

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