La compilation et l'usage des journaux de bord dans l'histoire des idées et des sciences

Claret de Fleurieu n'a pas attendu le voyage de Marchand, parti de Marseille en décembre 1790 et rentré en août 1792, pour être un savant : c'était lui qui avait préparé le détail du voyage de Lapérouse en 1785. Cependant, lorsqu'il est instruit du voyage du Solide par le capitaine en second, Chanal, et le chirurgien Roblet, il décide d'en utiliser les deux versions pour écrire l'histoire du voyage de Marchand et en tirer des développements moraux et scientifiques. Aujourd'hui, nous pouvons comparer, par exemple aux Marquises, les quelques îles découvertes par l'expédition Marchand, les versions du capitaine, du second, du chirurgien - c'est l'objet de notre publication des pages marquisiennes du voyage - et du savant. Eux-mêmes se sont inspirés d'autres journaux ou d'autres histoires pour se guider. L'idée même de « somme » est inséparable de la conviction qui a dicté l'obligation, pour tous les officiers d'une même expédition, de tenir leur journal. L'historien des idées pense pouvoir utiliser la compilation comme méthode heuristique, à partir de cette conviction qu'entre les différents témoignages se dessine la vérité : historique, géographique, ethnographique, scientifique, technique. Mais comment interpréter aussi les différences, en dehors des nécessités de métier et des individualités ?

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17h00-17h30