La Course en Méditerranée

La course en Méditerranée est multiforme : chrétiens renégats sur des navires de Salé, d'Alger ou de Tunis ; courses des nations chrétiennes et de l'Ordre de Malte. La course a pour origine les naufrageurs et les marins en quête de pillage sur le monde des commerçants qui, depuis l'Antiquité, a fait de la Méditerranée le lieu d'échange privilégié de l'Orient vers l'Occident. Les conquérants arabes sont des peuples du désert et les populations berbères d'origine vivent dans la montagne. Au Moyen Age se développent des Etats maritimes comme Amalfi ou Venise qui se substituent aux empires terrestres. Les capitulations donnent au pavillon français des avantages considérables dans le commerce. Après Lépante (1571), la progression ottomane est arrêtée en Méditerranée. Une piraterie d'Etat se met en place avec le système du tribunal des prises, souvent contrôlé au Maghreb par des Livournais en liaison avec des Marseillais : on rachète des cargaisons et des esclaves. Des ordres religieux se chargent de réunir les rançons. Cette économie de prises est extrêmement florissante, aussi bien du côté des Régences barbaresques que des « Corsaires de la Foi » (Malte). Mais cette course devient gênante pour tous les Etats et, au cours du XVIIIe siècle, se développe une littérature de l'esclave, fustigeant les pratiques barbaresques. Les Lumières critiquent aussi cette économie de la course fondée sur la rapine non productive et sur la négation de la liberté humaine. Le XIXe siècle y mettra définitivement fin avec la colonisation.

Mots-clés : course. Méditerranée. religion. économie. géopolitique.

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04 janvier