Le Clézio ou le voyage dans tous ses états

Dans l'oeuvre de Le Clézio, la fiction précède le récit de voyage, aussi bien quand il s'agit du voyage à Rodrigues que de la découverte du sud marocain (de Désert,1980, à Gens des nuages , 1997). Démarche originale et problématique. Car tout se passe comme si l'espace réel et le parcours avaient besoin d'être d'abord inventés comme fictions, rêvés comme chimères, avant de pouvoir être représentés. Ou comme si c' était seulement dans le dialogue entre fiction et récit plus référentiel que pouvait s'écrire le vrai "récit de voyage". L'écriture de Le Clézio apparaît fondamentalement comme une écriture du voyage, d'une apparente et trompeuse simplicité. Car le voyage le clézien, hésitant entre fiction et référence, est complexe. Jamais inaugural il se greffe toujours déjà sur un récit antécédent dont il cherche les traces et qu'il prend comme guide. Cette réitération en fait une recherche aussi temporelle que spatiale, et lui donne une dimension initiatique. J'envisage d'aborder les divers aspects de cette problématique (à peine effleurés ici) à partir de deux textes complémentaires : le roman intitulé Le Chercheur d'or, paru en 1985, et Voyage à Rodrigues, publié comme "journal" en 1986.

Session: 

Chercheur: 

16h30