Le Passé recomposé. Les anamorphoses temporelles de la création contemporaine

Valérie Deshoulières, professeur de littérature comparée à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, s’intéresse au paradigme archéologique dans la création moderne et contemporaine. Elle invite l’auditeur à arpenter des territoires du passé, en particulier les territoires égyptiens, grecs et latins, à la lumière d’œuvres littéraires, artistiques et musicales qui, pour la plupart, datent des années 80. Tout d’abord, l’auteur explicite un certain nombre de concepts afin de mieux saisir la distinction entre recréation du passé et expérimentation du passé. Elle produit de la sorte une définition documentée de la notion de postmodernité ainsi qu’une réflexion sur l’expérimentation du passé, ses concepts, ses thèmes et ses motifs. Ensuite, elle s’interroge, de « manière un peu mélancolique » sur la façon qu’ont les artistes depuis les années 80 de visiter l’Egypte pharaonique, la Grèce et la Rome antiques.

Extraits :

« Les archéologies imaginaires de la fin du XXe siècle sont comme des prismes réfractant. Rompant avec la tradition de la nouveauté perpétuelle, qui exige de toute œuvre qu’elle soit accordée au nouvel esprit du temps, elles renverraient à un historicisme de seconde position où le présent cherche à faire reparler le passé à partir de lui-même pour en extraire ses propres significations. »

« Au souci de légitimation historique a été substitué, au contraire, une pratique ironique dont l’enjeu est de représenter la complexité du dialogue avec le passé. Le retour à l’Antiquité, loin d’y être affirmé, y est problématisé. Et c’est la puissance de cette problématisation qui fait toute la différence entre les essais de reconstitutions de certains romans historiques et les expérimentations philosophiques, philosophiques ou drolatiques. »

« La ligne de partage, qu’il nous importe de tracer pour conclure, entre reconstitution naïve et réflexion philosophique sur l’imbrication du passé et du présent recouperait celle entre allégorie et symbole examinée par Walter Benjamin. »  

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Session: 

1er avril