Les voyages de Georges Simenon : du récit-reportage à la fiction

Durant les années trente principalement, Georges Simenon a exercé le métier de grand reporter tout en écrivant des oeuvres de fiction. Mais contrairement à d'autres auteurs qui ont séparé ces activités, on observe chez Simenon de nombreux liens entre l'écriture de voyage et l'écriture romanesque. En outre, sa production offre une grande variété et dépasse souvent l'opposition entre récit de voyage et roman. D'autres critères pourraient être envisagés pour définir les textes plus ou moins hybrides, comme par exemple celui de la nature même du voyage ou encore de celui du système d'énonciation. Cette première grille permettrait de repérer les oeuvres qui appartiennent sans ambiguïté au récit de voyage ou au roman, mais surtout celles qui se réclament plus ou moins ouvertement de l'un ou de l'autre genre: le récit de voyage qui ne s'avoue pas (par exemple La Mauvaise Etoile), la fiction nettement inspirée par un récit de voyage (par exemple Ceux de la soif), les emprunts de personnages, de situations ou de lieux au récit de voyage (par exemple Long cours). Georges Simenon a incontestablement mêlé les deux types d'écriture tout en variant le "dosage" , provoquant parfois une certaine confusion chez le lecteur . Les voyages de Simenon revêtent en tout cas une importance capitale en ces années trente alors que le romancier est à la recherche d'une écriture. Banc d'essai ou laboratoire, le voyage aura un réel impact sur l'oeuvre à venir.

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09h