Les voyages du comte Potocki à la recherche des Antiquités slaves

Cette étude est basée en partie sur les lettres inédites de Jan Potocki, de Platon Zoubov et de Catherine II. Entre 1794 et 1797, Jan Potocki publie plusieurs ouvrages historiques portant sur l'origine des peuples slaves et rédige les récits de ses voyages savants en Basse-Saxe, à Astrakhan et au Caucase. C'est l'époque cruciale de sa vie et celle de sa patrie. Après deux partages, effectués en 1793 et en 1795-1797, la Pologne, entièrement démembrée, disparaît de la carte politique. En quelques années, les opinions politiques du comte évoluent considérablement : partisan de la Diète, défenseur de la liberté, il se rallie finalement à son cousin, Stanislas Félix Potocki, chef du parti pro-russe. Après la mort de sa femme (1794), il épouse en 1799 en secondes noces la fille de Stanislas Félix.
La recherche historique fait écho aux changements politiques et idéologiques. En même temps, elle devient la quête de son identité et celle d'une nouvelle patrie, un moyen de réussir et de trouver une place dans l'empire russe, dont il est devenu sujet. Si selon Jan Potocki, son séjour au Maroc en 1791 n'était qu'une partie de plaisir sans but scientifique, ses études des antiquités slaves fournissent tout un programme de recherches sur le terrain. Le périple savant est un instrument de travail, il aide à réunir des informations et à vérifier des hypothèses. Des multiples voyageurs ou, mieux, des particuliers envoyés par le gouvernement, pourront utiliser les écrits de Potocki, ces sommes des connaissances historiques et géographiques, porter ces recueils sur les bords du Tanaïs ou. Par ailleurs, selon l'auteur, le journal de voyage est le meilleur moyen de propager les connaissances : une dissertation court le risque de ne pas être lue.
Dans le Voyage dans quelques parties de la Basse-Saxe pour la recherche des antiquités slaves ou vendes (1795), Potocki s'adresse aux souverains pour attirer leur attention et les associer à ses recherches, afin d'organiser des fouilles archéologiques et de ressembler des antiquités. L'année suivante, en publiant des Fragments historiques et géographiques sur la Scythie, la Sarmatie et les Slaves (1796) et le Mémoire sur un nouveau peryple du Pont Euxin, ainsi que sur la plus ancienne histoire des peuples de Taurus, du Caucase, et de la Scythie (1796), il est obligé de viser des objectifs plus étendus. Potocki fournit des matériaux aux savants russes (« le but est en même temps, de familiariser avec la géographie ancienne, et de tenir lieu d'une bibliothèque »), aussi bien que des informations, nécessaires aux généraux : « Mes nouvelles notions ne pouvaient être publiées dans un instant plus favorable. Le comte Valerien Zubow cueille aujourd'hui des lauriers sur les âpres sommets où le Grand Pompée composa jadis sa couronne triomphale ». Ces ouvrages, destinés aux autorités, leur offrent des arguments qui servent à justifier les conquêtes russes, passées, présentes et futures.

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15h15-15h45