L'Europe du XVIIIe siècle et l'islam

Ouvrages cités

Anon., A letter from an Arabian physician to a famous professor in the University of Hall in Saxony, concerning Mahomet's taking up arms, his marrying of many wives, his keeping of concubines, and his paradise, 1706 ; Lettre d’un médecin arabe à un fameux professeur de l’Université de Halle en Saxe, sur les reproches faits à Mahomet, de son recours aux crimes, de la pluralité de ses femmes, de l’entretien de ses concubines, et de l’idée de son Paradis. Traduit de l’arabe, 1713.
Anon., Dialogue entre un Français et un Algérien sur leurs religions, Bibliothèque Mazarine, MS 1194.

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Citations

1. je vous avouë que je ne saurois voir qu’avec peine que des Chrétiens s’amusent à des accusations sans fondement, qui n'aboutissent qu’à nous faire encore plus haïr des Orientaux, en faisant soupçonner notre bonne foi, au lieu de les attirer par des sentimens de candeur et de lumiere; qui diminuent le mal, ou du moins qui ne l’augmentent pas; qui facilitent le commerce et la bienveillance entre les Peuples, et, par ce moyen, les conversions
La religion des Mahometans, La Haye, Chez Isaac Vaillant, 1721, «Préface du Traducteur», p.LIX.

2. to give those who are as yet unacquainted with it, a taste of the acumen & genius of the Arabian philosophers, & to excite young scholars to the reading of those authors which, through a groundless conceit of their impertinence & ignorance have been too long neglected.
The Improvement of Human Reason exhibited in the Life of Hai Ebn Yokdham …trans by Simon Ockley, London, Ed Powell & J.Morphew 1708, préface.

3. Les préjugés de la plupart des Chrétiens sont si terribles contre les Turcs et les autres Mahométans, qu’ils n’ont point d’expressions assez fortes pour faire voir le mépris et l’horreur qu’ils en ont.
[…]
je suis persuadé que si ces mêmes personnes pouvaient converser sans le savoir avec des Mahométans qui n’eussent point le turban et qui fussent habillés à la manière des chrétiens, ils trouveraient dans eux ce qu’on trouve dans les autres peuples. Mais s’ils avaient le Turban, cela suffirait pour les faire opinionâtrer dans leurs préventions
Laugier de Tassy, Histoire du Royaume d’Alger, Amsterdam, du Sauzet, 1725, préface.

4. Les Arabes se sont rendus si fameux depuis l’établissement du Mahométisme, par l’étendue de leurs conquêtes & par la culture des Sciences, que pendant plusieurs siècles ils ont éclipsé la gloire de toutes les autres Nations. Le vaste Empire qu’ils ont fondé semble même encore subsister aujourd’hui dans ceux des Turcs Ottomans, des Persans, des Tartares & des Mogols, qui tiennent d’eux leur Religion & leur forme de Gouvernement, leurs Loix civiles & religieuses. Il n’est donc pas surprenant que l’on ait souhaité depuis long-temps, dans notre Occident, une Histoire complette de ce Peuple extraordinaire, depuis la naissance de leur faux Prophete & leur Législateur Mahomet, jusqu’à la prise de Bagdad par les Tartares, qui fût puisée dans les sources, dans les Auteurs Orientaux.
Histoire universelle […] Histoire Moderne, t.I, Paris, Moutard, 1782, ‘Avertissement des auteurs anglois’ p.i.

5. […] d’introduire une nouvelle Religion, qui fût propre à séduire ce qu’il y avoit de plus relâché parmi les Juifs, les Chrétiens de toutes les sectes et les Païens mêmes. Aussi l’Islamisme est-il parfaitement adapté au goût de la sensualité […] Puisque l’Islamisme semble avoir été formé pour nourrir & pour satisfaire les appétits déréglés des hommes en général, & les penchans dépravés des Arabes Païens en particulier, il n’est pas étonnant qu’il ait fait, en si peu de temps, de si prodigieux progrès
Histoire universelle, t.I, p.44-6.

6. A Mahomet, le meilleur ami des femmes ? — Oui, et le plus grand ennemi de la raison — Voilà une impertinente remarque. — Madame, ce n’est point une remarque, c’est un fait.
Denis Diderot, Lettre à Sophie Volland, 30 oct, 1759, Lettres à Sopihe Volland, éd. A. Babelon, Paris, Gallimard, 1930, t.I, p.122.

7. De la paresse de l’âme, naît le dogme de la prédestination mahométane ; et du dogme de cette prédestination naît la paresse de l’âme.
Montesquieu, De l’esprit des lois, XXIV, 14.

La doctrine d’un destin rigide qui règle tout, fait du magistrat un spectateur tranquille : il pense que Dieu a déjà tout fait, et que lui n’a rien à faire
Montesquieu, De l’esprit des lois, XIV, 13.

8. v[…] otaries and fellow worshippers of that sole supreme Deity of the Almighty Father and Creator […] belief of an Only Soveraign God: (who hath no Distinction, or Plurality in Persons)
‘An Epistle Dedicatory’, in The Socinian Controversy discussed, London, G.Strahan, 1708, p.v.

9. Je ne crois pas que dans les confessions de foi [musulmanes] que j’ai rapportées, les Sociniens trouvent aucune chose, que selon leurs principes ils puissent condamner d’erreur, ou d’impiété. Bien plus, je suis persuadé, que s’ils agissent sincèrement, ils doivent convenir que les Mahometans sont Orthodoxes. En effet, ils doivent être tels dans les principes de tous ceux qui ont embrassé la Religion Socinienne. Ces deux sectes se font honneur du nom d’Unitaires, nom, qui signifie la même chose dans l’un & dans l’autre parti. Ainsi je ne vois pas que les Sociniens aient aucune raison de se gendarmer, comme ils font, quand on les accuse d’avoir sur la Divinité les mêmes opinions que les Mahometans.
Mathurin Veyssière de La Croze, Réflexions historiques et critiques sur le Mahometisme et sur le Socinianisme, dans Dissertations historiques sur divers sujets, Amsterdam, Reinier Leers, 1707, t.I. p.41-2.

10. Les Sociniens poussent leur témérité plus loin que les Mahometans dans les points de Doctrine : car non contens de combattre le mystère, & d’éluder des passages très-forts, ils affoiblissent jusqu’à la Théologie Naturelle lors qu’ils refusent à Dieu la prescience des choses contingentes, & lors qu’ils combattent l’immortalité de l’ame. Dans l’envie de s’éloigner des Theologiens Scholastiques, ils renversent tout ce que la Theologie a de grand & de sublime, jusqu’à rendre Dieu borné, au lieu qu’on sait qu’il y a des Docteurs Mahometans, qui ont de Dieu des idées dignes de sa grandeur.
Mathurin Veyssière de La Croze, Dissertations historiques sur divers sujets, p.172.

11. Elles m’ordonnent toutes deux de faire le bien et de fuir le mal, d’être humble et charitable, compatissant, d’aimer mon prochain, de consacrer à la divinité mes journées, mes paroles, et mes actions. Enfin comparant les dogmes les maximes et la morale de l’une et de l’autre, je les concilie aisément.
Dialogue entre un Français et un Algérien sur leurs religions ; MS Bibliothèque Mazarine, 1194, p.16.

12. Les maximes des Musulmans sont plus simples et plus naturelles, et ils y sont attachés par un principe qui n’est point différent du nôtre
La Vie de Mahomed, par M. Le comte de Boulainvilliers…, Londres & Amsterdam, P. Humbert, 1730, p.159.

13. a philosophic theist might subscribe to the popular creed of the Mahometans, a creed to sublime perhaps for our present faculties
Edward Gibbon, The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, London, 1994, vol.III, p.178.

14. Lorsque les incrédules ont voulu faire envisager le Mahométisme comme une espèce de déisme, ils en ont imposé aux personnes peu instruites ; aucun déiste voudroit-il signer la profession de foi d’un Mahométan. Il y a de la mauvaise foi à ne présenter que ce qu’il y a de moins révoltant dans cette religion, & de laisser de côté le reste, comme si Mahomet avoit dispensé ses sectateurs de le croire. Il commence l’Alcoran par déclarer que ce livre n’admet point de doute, & qu’une punition terrible attend tous ceux qui n’y croient pas.
Dictionnaire de théologie par M.l’abbé Bergier....extrait de l’Encyclopédie méthodique, t.5, Liège, Société typographique, 1790, p. 73.

15. Ce prince passait chez les Européens pour un tyran, il était mahométan et protégeait ses sujets juifs ou chrétiens également. Les souverains chrétiens persécutaient les leurs parce qu’ils n’étaient pas de leur religion et passait pour des monarques justes et équitables. Que cela paraît ridicule aux yeux d’un Chinois.
d’Argens, Lettres chinoises, nouvelle éd., La Haye, 1755, t.V, p.33-34.

Il semble que nous ayons plus de liberté dans les pays mahométans, que dans les nazaréens. Cependant, nous y sommes beaucoup plus persécutées et pour le moins autant haïs
d’Argens, Lettres juives, La Haye, Pierre Paupie, 1738, t.I, p.104.

16. s’il arrivoit jamais que le Grande-Seigneur exigeât en faveur de ses sujets le libre exercice de leur religion à Londres & à Amsterdam, il n’y auroit point d’inconvénient d’y consentir ; puisqu’il permet à toutes les sectes des Chrétiens l’exercice libre de leur Religion dans tous ses Etats
John Toland, Le Nazaréen…, Londres, 1777, p.9-10.

17. the tyranny of the Mohammedan governments has always endeavoured to obscure [the light of the gospel], and to keep its professors under such servile subjection, that their condition, even at this day, is rather a state of oppression and misery, than of pity and toleration
The Modern Part of A Universal History., t. XLIII, 1765, p.22-23.

18. Toute nation chez laquelle la liberté de penser & de parler sera entravée par des loix, ou par la crainte, sera toûjours ignorante, livrée aux préjugés esclave de la superstition, conduite par le fanatisme
James Porter, Observations sur la religion, les loix, le gouvernement et les mœurs des Turcs, Neuchâtel, Soc typographique, 1770, t.I, p. 14.

Toute religion, qui enseigne la persécution, ne sauroit venir de Dieu, qui est la charité même. C’est l’orgueil, la haine, le ressentiment qui inspirent l’intolérance. Une religion céleste doit remplir l’ame de douceur, de bonté, de support, d’indulgence et de charité
James Porter, Observations…, p.28.

Toutes les Loix, par lesquelles on a gêné, en Turquie, comme ailleurs, la liberté de penser, sont contraires aux droits de la nature, à ceux de la conscience, à la tranquillité publique à la liberté & à la sûreté des Citoyens, aux progrès de la raison humaine &c. &c. On ne peut trop lire les ouvrages triomphans de Baile, de Collins, de Locke, de Noodt, sur cette matière. Ce que l’on reproche aux Turcs, on peut le reprocher de-même à la plupart des sociétés chrétiennes. Les Turcs, intolérans contre les infidèles, sont tolérans entr’eux. C’est ce que l’on ne peut pas dire des Chrétiens. Les diverses sectes chez les Turcs vivent en paix & ne se damnent pas.
James Porter, Observations…, p.59-60.

19 […] que le gouvernement despotique des Turcs et tous les fléaux de l’espèce humaine qu’il traine à sa suite sont un effet naturel et inévitable de la doctrine insensée de l’Alcoran
Dictionnaire de théologie par M.l’abbé Bergier...., Liège, Société typographique, 1790, p.78.

20. The faith of Mahommed is peculiarly calculated for despotism; and it is one of the greatest causes which must fix for ever the duration of that species of government in the East.
Alexander Dow, The History of Hindostan, London, 1772, p.xiii.

21. There was, in the manners of the Mahomedans conquerors of India, an activity, a manliness, an independence, which rendered it less easy for despotism to sink, among them, to that disgusting state of weak and profligate barbarism which is the natural condition of government among such a passive people as the Hindus.
James Mill, The History of British India, London, Baldwin, Cradock, and Joy, 1817, p.631.

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13 avril