L'exploitation de bases de données thématiques associant plusieurs dictionnaires anciens : le vocabulaire de la marine des XVIIe et XVIIIe siècles

En quoi les textes littéraires ont-il un impact sur les discours lexicographiques et quels pâles échos ces discours gardent-ils du discours littéraire, inégalement retenu par la tradition lexicographique ? Le vocabulaire de la marine relève souvent de la langue commune, dépend des niveaux de langue des auteurs, eux-mêmes très divers selon leurs différentes corporations, elles-mêmes différentes selon qu'elle s'appliquent à terre ou sur mer (cf. les charpentiers et les couturiers par ex.). La langue propre à la mer s'inscrit dans une réflexion d'ordre métalinguistique qui pose la question de la fiabilité des informations données par les dictionnaires, présentant souvent de fausses synonymies, surtout celui de l'Académie. L'étude se fait en trois temps : d'abord une analyse des remaniements lexicographiques à travers le mot « capitane », puis à travers les mots « matelot » et « marinier », et enfin une attention plus particulière est portée au Dictionnaire des termes propres de marine (Paris, 1687) du capitaine de vaisseau Desroches. Ce dernier apparaît comme un homme de terrain, désireux de corriger les erreurs de ses prédécesseurs, conscient d'apporter des informations de valeur à travers une nomenclature très diversifiée (des noms communs aux formes fléchies), présentant la langue matelote comme une langue étrangère pour laquelle il se propose de servir de traducteur. Il est le premier témoin d'une langue qui n'a pas droit de cité dans les dictionnaires, à peine mentionnée dans les récits de voyage, et qui pourtant est reprise par des auteurs comme Thomas Corneille, selon une méthode courante, bien qu'implicite, de récupération des discours lexicographiques antérieurs, renvoyant à un univers de facteurs socioculturels et à un désir bien ciblé de postérité.

Mots-clés : Fournier. hydrographie. capitane. matelot, marinier. officier.

Session: 

Chercheur: 

14 mars