L'illustration du monde dans l'Histoire générale des voyages de l'abbé Prévost

Conçue au départ comme la traduction de A New General Collection of Voyages and Travels (1745-1747) de John Green, l' "Histoire générale des voyages" (1746-1759) d'Antoine Prévost d'Exiles affiche très vite de plus vastes ambitions. Elle se veut non seulement la "collection de toutes les relations par terre et par mer, qui ont été publiées jusqu'à présent dans les différentes langues de toutes les nations connues", mais aussi "un système complet d'histoire et de géographie moderne". Ce dernier objectif confère aux cartes géographiques qu'elle contient un rôle central dans l'économie de la collection. Dès le premier volume, Prévost présente ses cartes générales qu'il publie et cartes particulières qui sont à venir comme "une des plus précieuses parties de l'ouvrage", en se prévalant de la collaboration de Bellin, "ingénieur de la Marine et Garde du Dépôt royal des plans et cartes". Une lettre de celui-ci souligne d'ailleurs dans le volume suivant les erreurs des cartes des Anglais que Prévost traduit et précise les changements opérés par rapport à la collection Green. La même inexactitude sera reprochée par Prévost, dans le troisième volume, aux Hollandais qui ont entrepris la réimpression de sa propre collection. Il faut attendre ensuite le douzième volume, qui porte sur l'Amérique, pour trouver d'autres explications sur les cartes, de la part de Bellin. L'examen de ces remarques critiques, qui soulèvent un certain nombre de questions méthodologiques, voire épistémologiques (sur l'ordre logique de la distribution des cartes, sur le lien entre le texte et l'image, sur la formation de la science géographique), joint à l'observation des cartes désignées, permettra de mesurer l'apport de Bellin à la cartographie et de voir comment ce monument des Lumières qu'est la collection Prévost pense l'espace géographique.

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14h00