Louis Fuzelier, ou comment l’Orient vint à l’Opéra

Fuzelier n’est plus guère aujourd’hui connu que des spécialistes. Il fut pourtant, dans la première moitié du XVIIIe siècle, l’un des auteurs les plus féconds mais aussi les plus adulés, comme en témoigne cette formule des frères Parfaict : « ces […] pièces, quoique de M. Fuzelier, eurent peu de succès ». Mieux connu pour ses pièces représentées aux foires et pour sa production parodique —en particulier grâce aux travaux de David Trott puis de Françoise Rubellin—, Fuzelier fut aussi fournisseur régulier de livrets pour l’Académie royale de musique. Entre 1713 à 1749, il aborde la tragédie en musique, différents types de ballet (héroïque, comique, à action suivie), et un curieux genre qu’il nomme « comédie persane ». La Reine des Péris (1725, musique d’Aubert) constitue ainsi la première œuvre lyrique française entièrement consacrée à un sujet oriental. Fuzelier remettra une autre fois l’Orient sur la scène de l’Opéra dix ans plus tard avec Les Indes galantes (musique de Rameau), dont une entrée est située en Turquie et une autre en Perse. En nous appuyant principalement sur ces deux pièces, mais aussi sur les autres livrets de Fuzelier ainsi que sur ses pièces foraines (par exemple Arlequin grand vizir), nous nous intéresserons aux enjeux idéologiques mais surtout esthétiques de l’introduction de l’Orient sur la scène lyrique.

Biographie

Doctorant contractuel de l’université de Nantes (Centre d’étude des théâtres de la Foire et de la Comédie-Italienne), Loïc Chahine prépare actuellement, sous la direction de Françoise Rubellin, une thèse sur l’écriture en vaudeville dans l’œuvre de Fuzelier. Par ailleurs musicien et comédien, il a fondé et dirigé la compagnie “Le Carnaval du Parnasse” avec laquelle il a recréé trois parodies du XVIIIe siècle (Pyrame et Thisbé en 2007, La Parodie de Psyché en 2008, La Jalousie avec sujet en 2009). Praticien autant que chercheur, il s’intéresse aux problèmes que posent l’écriture de textes destinés à être chantés et leur interprétation.

Bibliographie

Articles
« Les problèmes liés aux vaudevilles dans la remise en scène d’une parodie d’opéra aujourd’hui », dans Restitution et création dans la remise en spectacle des œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles, actes du colloque international, Versailles, 29 mai 2008, Nantes, 30–31 mai 2008, Anales de l’Association pour un Centre de Recherche sur les Arts du Spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles, juin 2010, no 4.

Articles à paraître
« Le rôle des divertissements à la nouvelle Comédie-Italienne : approches historiques et dramaturgiques », colloque international De la conversation au conservatoire : scénographie des genres mineurs (1680–1780), 30 septembre – 1er octobre 2010, Québec, université du Québec à Trois-Rivières.
« Le chant d’Apollon selon Grétry : les vaudevilles dans Le Jugement de Midas », colloque Rire et sourire dans l’opéra-comique en France de 1769 à 1869, Paris, maison de la recherche de la Sorbonne, 19–20 mars 2010.
« Louis Fuzelier librettiste (1713–1749) », colloque international Diversité et modernité du théâtre du XVIIIe siècle, 19–21 octobre 2011, Québec Cercle interuniversitaire d’étude sur la République des Lettres (université Laval).

Appendices musicaux
Pyrame et Thisbé : un opéra au miroir de ses parodies (1726–1779), sous la direction de Françoise Rubellin ; Montpellier, Éditions Espaces 34, 2007. [Vaudevilles de Pyrame et Thisbé de Riccoboni et Romagnesi.]
Médée, un monstre sur scène : réécritures parodiques du mythe (1727–1749), sous la direction d’Isabelle Degauque ; Saint-Gély-du-Fesc, Éditions Espaces 34, 2008. [Vaudevilles de Thésée de Favart, Laujon et Parvi, et de Médée et Jason de Biancolelli, Riccoboni et Romagnesi.]
Rubellin, Françoise, Lectures de Marivaux : La Surprise de l’amour, La Seconde Surprise de l’amour, Le Jeu de l’amour et du hasard ; Presses universitaires de Rennes, 2009. [Divertissement de La Surprise de l’amour.]
Rubellin, Françoise, Atys burlesques : parodies de l’opéra de Quinault et Lully à la Foire et à la Comédie-Italienne (1726–1738) ; Saint-Gély-du-Fest, Éditions Espaces 34, 2011. [Vaudevilles et divertissement d’Arlequin Atys de Pontau, airs notés de Cybèle amoureuse de Sticotti, air de La Béquille du père Barnabas.]

Voir la notice bio-bibliographique de Fuzelier par Michel Gilot et François Moureau dans le Dictionnaire des journalistes (1600-1789), Jean Sgard (éd.), Oxford, 1999 , t. I, p. 420-423.

Chercheur: 

Session: 

6 mars

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