Montagnes décrites, montagnes rêvées : la représentation des Alpes chez les voyageurs au tournant des Lumières

M. Alain Guyot évoque les premiers voyageurs qui, au XVIIIe siècle, découvrirent la montagne et, en particulier, les Alpes. William Windham fut en 1741 l’inventeur du Mont Blanc et de la Vallée de Chamonix. Jusqu’alors la montagne était un lieu que le voyageur contournait, un monde habité de peuplades repoussantes, souvent accablées de maladies effrayantes (goitres). Quelques universitaires de Berne ou de Zurich amenaient leurs étudiants à la montagne pour des promenades hygiéniques, mais ce fut le poème "Die Alpen" d’Albrecht von Halller publié en 1731 et rapidement traduit dans les plus grandes langues européennes qui donna le branle d’une nouvelle vision, positive et poétique, de la montagne. Les voyageurs anglais du Grand Tour commencèrent à envahir l’Oberland bernois. "La Nouvelle Héloïse" (1761) passe pour l’œuvre cardinale qui révéla à l’Europe le paysage alpestre décrit par la plume du génie. De fait, sauf dans deux courts passages, les sommets des Alpes en sont absents. De Genève pourtant, on voyait le Mont Blanc. Il fut le lieu où l’alchimie de la montagne et de la littérature se fit totalement pour la première fois. En 1786, son, sommet fut vaincu par l’homme, et H. B. de Saussure s’en attribua un peu vite la gloire. Scientifiques et artistes composaient l’essentiel des premiers alpinistes. La fascination pour la Mer de Glace y fut pour beaucoup (saut pour Chateaubriand qui n’y vit en 1805 que boue glacée et sale). Un nouveau vocabulaire descriptif en naquit. La montagne avait besoin de mots nouveaux pour être décrite. La découverte lyrique du Mont Blanc fut pour beaucoup dans la naissance de l’imaginaire de la montagne. Les naturalistes comblèrent la carence lexicale qui rendait jusqu’alors impossible la transposition écrite du spectacle de cette nature. Le patois savoyard servit à désigner un certain nombre de réalités originales de la vie de la montagne et des glaciers. La pratique de l’analogie habituelle dans le récit viatique fut portée dans ce domaine à son sommet. Les analogies architecturales s’emparèrent rapidement du discours descriptif (voir ci- dessous les textes cités) et apportèrent une plus-value esthétique à cet univers. D’autre part, les naturalistes virent de plus en plus dans la montagne non plus un raté de la création mais l’archive de la nature offerte à la vue et à l’interprétation scientifique. Dans une double stratégie de rapprochement et d’éloignement, les descriptions de la montagne évoquaient la ville par sa construction architecturée et les ruines d’un monde englouti, un « cimetière de la nature » qui ne renvoyait à rien de connu. Au tournant des Lumières, la science et la littérature servirent à faire émerger un lieu nouveau du voyage poétique.

Mots-clés : alpinisme. histoire naturelle. vocabulaire. Suisse. Rousseau.

Textes

"Nous étions sur le sommet d'une montagne qui à ce que nous pouvions juger, était au moins deux fois de la hauteur du Salève. De là, nous avions une pleine vue de la glacière. Je vous avoue que je suis extrêmement embarrassé à vous en donner une idée juste, ne connaissant, de tout ce que j'ai encore vu, rien qui y ait le moindre rapport. La description que donnent les voyageurs des mers du Groënland me paraît en approcher le mieux. Il faut s'imaginer un lac agité d'une grosse bise et gelé tout d'un coup ; encore ne sais-je pas bien si cela ferait le même effet." (William Windham, Relation d'un voyage aux Glacières de Savoie en l'année 1741 par M. Windham, anglais, cité dans Cl.-E. Engel et Ch. Vallot, Ces monts affreux, 1650-1810, Paris, Delagrave, 1934, p. 32).

"L'art de rendre la nature est si nouveau que les termes mêmes n'en sont pas inventés. Essayez de faire la description d'une montagne de manière à la faire reconnaître : quand vous aurez parlé de la base, des flancs et du sommet, vous aurez tout dit ! Mais que de variétés dans ces formes bombées, arrondies, allongées, aplaties, cavées, etc. ! Vous ne trouvez que des périphrases. C'est la même difficulté pour les plaines et les vallons. Qu'on ait à décrire un palais, ce n'est plus le même embarras. On le rapporte à un ou plusieurs des cinq ordres : on le subdivise en soubassement, en corps principal, en entablement ; et dans chacune de ces masses, depuis le socle jusqu'à la corniche, il n'y a pas une moulure qui n'ait son nom." (Bernardin de Saint-Pierre, Voyage à l'île de France (1773), lettre XXVIII, Y. Bénot éd., Paris, La Découverte, 1983, p. 254).

"Considérons l'assemblage des glaces, non point comme une masse entièrement dure et immobile, mais comme un amas de matière coagulée ou comme de la cire molle, flexible et ductile jusqu'à un certain point. [...] Supposons [...] que les sommités du Mont-Blanc, point le plus élevé des environs, se soient trouvées couvertes de glace et voyons ce qui aura dû en résulter : les glaces partant de ce point [...] et pesant de haut en bas, se seront nécessairement déchargées dans toutes les vallées à portée. [...] Ce lac de glace suspendu en l'air entre les montagnes à la hauteur de 2000 pieds, comme une liqueur contenue dans un vase, aura dû verser dans le plat pays par toutes les fentes qui se seront trouvées dans ces montagnes [...]. On comprend qu'une violente pression supérieure peut élever ces grosses ondes dans les glaces." (Louis Bordier,Voyage pittoresque aux glacières de Savoye fait en 1772 (...), Genève, Caille, 1773, p. 224-228).

"Le Plafond offre une Voute d'un bleu celeste, dont l'éclat imite la Voute même des Cieux dans sa sérénité. Le fond est fermé par un azur plus ardent ; un portail plus sombre semble conduire à d'autres voutes intérieures et profondes. Les murs de la Salle sont en glaces de Venise, d'un bleu clair, très poli, très transparent, au travers desquels l'œil croit découvrir une suite d'appartements placés sur les côtés. Des Pilastres ondés d'un bleu plus éclatant s'avancent de distance en distance et divisent la tapisserie par autant de colonnes torses. Le lit paisible de l'Arveron garnit le bas de la Salle, et anime tout le tableau ; roulant lentement sur un sable doré et des pierres colorées, il offre un parquet aussi luisant que la Salle, et dont la transparence s'oppose à celle du Plafond. De grands cercles de glace, couleur d'Arc-en-Ciel, viennent se rouler les uns sur les autres autour de la voute, et offrent l'appareil d'une Salle de spectacle ; les Pilastres alignés sur les côtés sont les Statues et les colomnes qui décorent la perspective. Une pluye légère distille de toutes parts du ceintre de la Voute, des colomnes, de la tapisserie, du fond, et présente une Salle d'eau bien différente de celles des bosquets de Versailles et de Frescati. L'Arveron mouillé doucement s'éloigne en murmurant d'une si belle retraite, et marche vers l'Arve avec lenteur." (ibid., p. 219-221).

"Le Glacier des Bossons offre un aspect plus imposant encore : Il dégorge plus avant dans la plaine ; les monceaux de glace sont plus considérables. L'œil croit appercevoir tantôt les vastes décombres de marbre blanc de quelque superbe Ville ravagée ; tantôt une armée d'énormes Tours, de sucre très-blanc, ou d'amidon transparent, rondes, quarrées, couvertes, ou sans toits, plantées les unes devant les autres à quelques pieds de distance. Le mur de glace s'élève ensuite par un talus rapide à la hauteur de huit ou neuf mille pieds." (ibid., p. 197).

"C'est-là où l'on voit des débris qui retracent à l'imagination une ville antique et déserte ; dont les palais détruits par le temps, sont admirés encore dans leurs ruines entassées, brisées dans leur chûte. Ce ne sont partout que des pilastres renversés, que des corniches, des chapiteaux, des ponts à moitié rompus, mille autres configurations semblables [...] ; et tandis que l'on a les yeux fixés sur ces étonnantes productions, tout-à-coup l'on est surpris par la chûte de quelques-unes de leurs parties. Ici, c'est une tour qui s'écroule ; là, une pyramide qui se brise et tombe ; ailleurs un dôme s'ébranle [...]." (Marc-Théodore Bourrit, Nouvelle Description des glacières et glaciers de Savoie (...), Genève, Barde, 1785, chap. X, pp. 120-21).

"Ce glacier étoit le plus étonnant que nous eussions vu ; nous entrâmes dans des défilés étroits et si profonds que les parois de chaque côté s'élevoient de quatre à cinq cents pieds de haut, et après ces détroits nous nous trouvions subitement dans de grandes places, decorées d'obélisques, de la plus grande beauté, dont malgré notre fatigue nous aimions faire le tour : ces grands objets sont au-dessus de toute exagération. Nous parvînmes encore dans un labyrinthe non moins extraordinaire ; d'horribles enfoncèmens étoient les seules issues qui s'offroient à nous, et notre effroi égaloit ces horreurs, dans ces momens surtout où d'énormes tours sembloient menacer ruine ; enfin, ici j'atteste le témoignage des guides, nous passâmes sous des arcs de triomphe bien supérieurs en grandeur à ceux bâtis par la main des hommes, et ces arcs étoient d'un azur le plus transparens. Comment pouvoir s'arracher à de semblables beautés ?" (Marc-Théodore Bourrit, Itinéraire de Genève, Lausanne et Chamouni, Genève, Didier, 1791, pp. 249-50).

"Telle fut l'impression que nous éprouvâmes au glacier des Bossons : (...) Quel spectacle magnifique se déploie alors à vos regards. Dans une enceinte d'environ deux lieues de circonférence, d'immenses glaces tournées en colonnes, en obélisques, en pyramides de toutes les formes, s'élèvent par gradins sur un plan incliné rangées dans un ordre presque symétrique et vont enfin se perdre dans les nues, en réfléchissant dans leurs têtes transparentes l'azur du ciel, ou l'or vairé des nuages. Telle apparaîtrait une ville de cristal dont les dimensions colossales égaleraient dans toute son architecture, celle des pyramides d'Egypte ; qu'on se la figure s'élevant sur un plan que l'œil embrasserait d'un regard, et resplendissante dans tout son ensemble des rayons du soleil qui s'y réfléchissent, s'y brisent, s'y nuancent de mille couleurs, sur mille et mille foyers, et l'on se formera une faible idée de ce que nul mot ne peut exprimer, comme nul pinceau ne peut peindre." (Vernes de Luze, Voyage aux glaciers des Alpes, 1807, pp. 148-49, cité dans Claudine Lacoste-Vesseyre, Les Alpes romantiques. Le thème des Alpes dans la littérature française de 1800 à 1850, Genève, Slatkine, 1981, t. I, pp. 53-54).

"Plus bas, à l'extrémité d'un immense manteau bleuâtre que le mont Blanc laisse traîner jusque dans la verdure de Chamonix, se dessine le profil découpé du glacier des Bossons (buissons), dont la merveilleuse structure semble d'abord offrir au regard je ne sais quoi d'incroyable et d'impossible. C'est quelque chose de plus riche, sans contredit, et peut-être même de plus singulier que cet étrange monument celtique de Carnac, dont les trois mille pierres, bizarrement rangées dans la plaine, ne sont plus simplement des pierres et ne sont pas des édifices. Qu'on se figure d'énormes prismes de glace, blancs, verts, violets, azurés, selon le rayon de soleil qui les frappe, étroitement liés les uns aux autres, affectant une foule d'attitudes variées, ceux-là inclinés, ceux-ci debout, et détachant leurs cônes éblouissants sur un fond de sombres mélèzes. On dirait une ville d'obélisques, de cippes, de colonnes et de pyramides, une cité de temples et de sépulcres, un palais bâti par des fées pour des âmes et des esprits ; et je ne m'étonne pas que les primitifs habitants de ces contrées aient souvent cru voir des êtres surnaturels voltiger entre les flèches de ce glacier à l'heure où le jour vient rendre l'éclat à l'albâtre de leurs frontons et ses couleurs à la nacre de leurs pilastres." (Victor Hugo, "Fragment d'un voyage aux Alpes" (1825) dans Œuvres complètes, t. 2, Paris, Club français du livre, 1970, p. 563).

Bibliographie primaire

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Raoul-Rochette, Raoul Désiré Rochette, dit, Voyage pittoresque dans la vallée de Chamouni (...), Paris, 1826.
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Bibliographie secondaire

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18 décembre