Présentation du séminaire et bibliographie.

La terre est une mer d'où émergent quelques îles. Dans l'Antiquité occidentale, la seule mer connue était la Méditerranée. Au-delà des Colonnes d'Hercule (Gibraltar) commençait l'inconnu; à l'Est, se trouvait le royaume maudit de Gog et Magog. Le Haut Moyen Âge ne changea guère ce sentiment; de sphérique cependant pour Aristote, la terre était devenue plate, entourée d'un grand océan, et la partie émergée était traversée d'une croix dont les bras qui se rencontraient à Jérusalem étaient la Méditerranée, le Nil et le Don. On naviguait à l'estime, le long des côtes, grâce à des portulans. Les Portugais furent les premiers en Occident à tenter l'aventure de l'Océan, sinon du grand large. La route maritime des épices les tentait, mais il fallait contourner l'Afrique en traversant la zone torride réputée infranchissable. Ils y parvinrent. Au même moment, le Génois Christophe Colomb engagé par les Rois catholiques méditait de rejoindre l'Asie en naviguant vers l'Ouest: un obstacle imprévu mit fin à cette ambition, l'Amérique. Le Traité de Tordesillas (1494) délégua, sous la bénédiction du pape, la découverte de nouveaux territoires aux marins des deux nations ibériques, à l'Est le Portugal et à l'Ouest l'Espagne. La conquête des mers commençait, même si l'imprécision des cartes et l'impossibilité de se situer exactement en longitude rendait encore la navigation incertaine et pleine de "fortunes de mer". Le temps de la littérature de mer arrivait à point.
La notion d’expédition scientifique maritime est une création du XVIIIe siècle européen, même si les voyages de découverte en ont formé le moule dès le XVe siècle. Mais il fallut attendre le Siècle des Lumières et ses ambitions « encyclopédiques » pour que, des deux côtés de la Manche au moins, le projet de ces voyages au long cours, où marins, soldats et savants cohabitaient sur quelques pieds carrés mouvants, devint une réalité scientifique à coloration discrètement impériale. Mais qui étaient ces hommes partis pour de si aventureuses expériences ? Philosophe et militaire, homme du monde et homme de sciences, Bougainville est de toute évidence une quintessence de son siècle. Ce n’est pas du tout le cas de Cook, de modeste extraction et marin de commerce. Les marins et savants français qui participent à l’expédition appartiennent à des catégories bien déterminées de la société française du temps. La plupart des officiers de Marine sont issus de la noblesse de sang.. Ils sont relativement jeunes, bien éduqués et, comme Bougainville, « aimables et gais », selon la formule de Diderot. Dans les mois et les années qui suivirent le retour de Bougainville en 1769, l’intelligentsia française tira quelques conclusions utiles de ce tour du monde. Mais les véritables progrès scientifiques furent le fait des trois voyages de Cook.
La « Terre australe », plus que toute contrée imaginaire ou rêvée – lune et soleil compris , fut le « théâtre des voyages » maritimes imaginaires les plus réussis. Elle avait tout pour cela : être l’exact opposé géographique à l’univers « de deça », notre hémisphère ; être « nécessaire » pour parfaire l’œuvre divine et son projet « global » ; être vierge de toute incursion pérégrine. C’était le laboratoire idéal dont pouvaient rêver philosophes et gens « à projets ». Ce « troisième monde » - pour reprendre la dénomination de La Popelinière (1582) – arrivait à point après le « nouveau monde » qui avait quelque peu déçu. C’est dans les « voyages extraordinaires » et dans la fiction utopique que le récit, souvent nourri de relations réelles, prend une vraie dimension idéologique en transposant à l’intérieur du voyage maritimr une construction sociale et politique de fantaisie. L’-Utopia- de Thomas More (Louvain, 1516) en est le modèle déjà parfait, ce récit de voyage rattaché à celui d'Amerigo Vespucci est précédé de pièces liminaires, d’une carte, voire d’un poème en langue utopienne: paratextes habituels des récits de voyages. Tommasso Campanella, Savinien Cyrano de Bergerac, Gabriel de Foigny, Nicolas-Edme Restif de la Bretonne et bien d’autres reprirent le modèle utopique qui survécut en gros jusqu’à la fin du XVIIIe siècle dans les différentes littératures européennes. Il eut ses paysages de prédilection au plus profond des océans: la « terre australe » évidemment, que, dans une expédition patronnée par la Royal Society de Londres, James Cook contraignit à devenir définitivement un « lieu de nulle par », mais encore, entre Atlantique et Pacfique, la Patagonie peuplée des ces géants imaginaires que tous les voyageurs voulaient rencontrer et qu’ils voyaient des yeux de la crédulité, même quand la réalité leur enseignait le contraire. L’abbé Gabriel-François Coyer, qui n’en croyait rien, fit néanmoins de ces populations misérables du bout du monde les héros singuliers d’une société utopique fondée sur l’hygiénisme (-Lettre au docteur Maty, secrétaire de la Société royale de Londres, sur les géants patagon-, 1767).
Les grands recueils de voyages maritimes entrepris au milieu du XVIIIe siècle par des libraires parisiens en quête de collections commerciales qui se substituèrent aux « sortes » classiques de science religieuse témoignent de l’intégration du récit de voyage dans la « littérature ». Le mouvement vint d’Angleterre (-A New General Collection of Voyages- par Astley), et, dès 1746, l’abbé Prévost lançait la première collection française étroitement inspirée de cette collection britannique, l’-Histoire générale des voyages- (1746-1790, 20 vol., in-4°), puis « abrégée » par Jean-François de La Harpe entre 1780 et 1804 (44 vol., in-8°). Il s’agit, selon le sous-titre d’une « Nouvelle Collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre qui ont été publiées jusqu’à présent dans les différentes langues de toutes les Nations connues [...] pour former un système complet d’histoire et de géographie modernes ». Vinrent ensuite, et parmi d’autres, -Le Voyageur français- de l’abbé de La Porte (1765), les séries illustrées de voyages autour du monde (Bougainville, Cook, Dixon); puis, compilée par Jean-Louis Deperthes, une -Histoire des naufrages- (1789, 3 vol.) reprenant un thème largement exploité dès le XVIe siècle par la littérature portugaise.
Il est des continents à redécouvrir, et des océans. Le monde de la course et de la flibuste en fait partie. Non pas qu’il soit absent de notre imaginaire ; bien au contraire, il l’encombre de souvenirs adolescents : récits de piraterie dévorés dans la Bibliothèque verte, sagas hollywoodiennes en technicolor. La science historique est destinée – malheureusement ? – à expliquer et à détruire nos illusions sur le passé. Point d’héroïsme guerrier en cela, il s’agit de simple commerce : la guerre moderne, dépourvue de tout esprit de sacrifice chevaleresque, n’est pas loin. Comment se fit le passage en littérature de ce qui ne pouvait, décemment, ni divertir ni instruire selon la vulgate horatienne ? Véhicule de la mort et de l’injustice, le pirate est aussi le messager de l’au-delà pour le chrétien, d’une vie différente pour le commun des mortels. D’où la fascination que le pirate exerce sur ses victimes – source de romanesque – ou sur l’imaginaire social. L’image du pirate, homme libre, héros sans moralité sinon sans morale, se forme précisément au confluent de l’Âge classique et des Lumières comme un impossible absolu et pourtant réel. Ayant perdu sa défroque diabolique, même dans sa version « barbaresque », le pirate est décidément « humain, trop humain ». C’est ce que disent les premiers chroniqueurs de la flibuste, Exquemelin et Defoe.
Qu'en est-il en général de l'écriture du récit de mer? Il est, le plus souvent, le produit de complexes mises en forme, dont les récits de circumnavigation furent au XVIIIe siècle des exemples particulièrement éclairants.Les responsables d’expédition fournissent des « journaux » rédigés par eux-mêmes ou par di-vers collaborateurs - spécialistes de la navigation, naturalistes, etc. - à un ou plusieurs rédacteurs chargés de donner un continuum logique et structuré à une relation qui est nourri dans son déroulement chronologique de divers «mémoires », le tout étant souvent suivi de cartes et de planches, voire de listes - langues aborigènes , faune ou flore , astronomie , hydrographie , etc. Malgré cela, certains de ces récits sont de façon singulière présentés sous une forme personnelle. John Hawkesworth s’en explique en tête de sa compilation des voyages de Byron, Carteret, Wallis et Cook: « Lorsque j’entrepris la rédaction de cet ouvrage, on mit en question s‘il devait être écrit à la première ou à la troisième personne; mais après y avoir réfléchi, tout le monde convint qu’une narration faite à la première per-sonne, en rapprochant davantage le lecteur du narrateur, sans l’intervention d’un historien étranger, attacherait plus fortement l’attention et, par conséquent, serait plus intéressante et plus agréable » (Introduction générale). Cela permit curieusement au rédacteur de se substituer au voyageur. Il s’explique, par ailleurs, sur la procédure bizarrement administrative - où la censure des découvertes eut sans doute sa part - qui présida à la confection du texte à publier: ses « réflexions » personnelles devront être soumi-ses avant publication aux « officiers au nom desquels j’écrirais ». Et, en outre, « la relation de chaque voyage a été lue en manuscrit devant les commandants respectifs, au Bureau de l’Amirauté », puis confiée à chaque commandant pour imprimatur. C’est ainsi que se présente encore le second voyage de Cook dans lequel sont intégrés, mais signalés par des guillemets, les récits du capitaine Furneaux et des Forster père et fils, qui dialoguent ainsi avec les réflexions du navigateur . Une version primitive de ce même voyage publiée en un seul volume l’année précédente - volonté d’occuper le créneau éditorial - était fondée sur la relation d’un anonyme « journaliste de La Résolution » - le responsable du journal de bord - qui parlait avec une certaine distance de « nos voyageurs » . Précédée elle aussi par une rédaction primitive officieuse , la relation du premier voyage de Cook était, elle, tirée de ses propres « papiers » pour ce qui regardait la partie technique et sur le journal de Banks pour « la description des pays et de leurs productions, les mœurs, les coutumes, la religion, la police et le langage des peuples » . Le troisième voyage qui se termina tragiquement pour Cook fut rédigé, pour les deux premiers volumes de la traduction française, d’après les mémoires du navigateur et ceux de son chirurgien, Anderson, et, pour la suite, par le capitaine King (« Introduction générale ») . Lord Anson voyage, de son côté, avec les « meilleures relations manuscrites qu’il put avoir de tous les établissements espagnols sur les côtes du Chili, du Pérou et du Mexique » (« Préface ») et confie ses « journaux et autres » papiers à « Richard Walter, maître ès arts et chapelain du -Centurion- dans cette expédition » autour du monde, lequel rédige le texte enfin publié. On notera que les rédacteurs ne sont que rarement des hommes de mer et qu’ils appartiennent plutôt au milieu des intellectuels ou des savants qui accompagnent les expéditions. Ensuite, intervient la traduc-tion pour les voyages étrangers publiés en français. Hommes de lettres au service des libraires, connaissant plus ou moins parfaitement la langue qu’ils traduisent, jamais hommes de mer, ils sont souvent contraints, surtout dans les années 1770, à traduire très vite pour mettre sur le mar-ché, avant leurs concurrents, des recueils composites qui participent maintenant de la politique éditoriale des grands libraires parisiens. Un Jean-Baptiste Suard , un Jean-Nicolas Demeunier et quelques autres travaillent, sans doute avec des aides qui sont restés anonymes, à ces entrepri-ses grâce auxquelles les éditeurs, d’abord Saillant et Nyon, puis Charles-Joseph Panckoucke , le magnat de la presse parisienne et l’initiateur de l’-Encyclopédie méthodique-, font une part notable de leur chiffre d’affaires. Le discours d’un auteur individualisé au sens habituel du terme est remplacé par un style assez uniforme produit d’une véritable industrialisation de l’écriture: l’époque n’est plus aux fantaisies langagières d’un Challe ou d’un Choisy, mais à une langue de convention mêlant vocabulaire technique - pour la couleur locale, si l’on peut dire - à un pittoresque descriptif reposant sur quelques poncifs bien maîtrisés. Ce n’est pas là qu’il faudra rechercher un chef-d’œuvre de la littérature, même si la relation de Bougainville (1771) . - si elle est intégralement de lui - ou, moins connu, le Voyage autour du monde de Pierre-Marie-François de Pagès (1782), témoignent encore de quelques bonheurs de plume. Le -Supplément au voyage de Bougainville- de Diderot fait mesurer le contraste entre « relation » et littérature.Car la plupart des auteurs insistent sur le statut de document non-littéraire de ces relations, vieux fantasme de la république des savants pour qui les « bonnes lettres » étaient le refuge un peu honteux de la subjectivité, la fiction romanesque ou tragique ne se justifiant à la rigueur que par « l’Histoire » ou par la « Fable ». Dans son journal manuscrit , Bougainville attaque rudement Prévost et Rousseau, l’un pour avoir, en « écrivain à beau style », défiguré les « journaux des marins » dans le dessein douteux d’en faire « un livre agréable aux femmelettes des deux sexes » - l’Histoire générale des voyages! -, l’autre pour avoir demandé benoîtement si les marins étaient « hommes ou bêtes ». De fait, Rousseau, qui utilisait largement les relations de voyage pour son propre compte, avait défini dans le -Discours sur l’origine de l’inégalité- quatre catégories de voyageurs « de long cours: les marins, les marchands, les soldats et les missionnaires », dont les trois premières ne lui paraissaient pas devoir fournir « de bons observateurs » . C’est sans doute pourquoi le « géomètre » Bougainville, partie rapportée dans le corps royal de la Marine , revint, dans un passage remarqué du « Discours préliminaire » à la relation imprimée, sur l’éminente dignité de l’observation directe par rapport au commentaire philosophique ou à la mise en forme littéraire, dans une profession de foi qui témoigne tout autant du caractère hybride et non réglé de ce type de récit que de certains complexes « académiques » que Bougainville surmonta en devenant lui-même académicien comme l’avait été son frère aîné, grand savant en chambre des Inscriptions et Belles-Lettres: « Je suis voyageur et marin; c’est-à-dire un menteur, et un imbécile aux yeux de cette classe d’écrivains pa-resseux et superbes qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur le monde et ses habitants, et soumettent impérieusement la nature à leurs imaginations. Procédé bien inconcevable de la part de gens qui, n’ayant rien observé par eux-mêmes, n’écrivent, ne dogmatisent que d’après des observations empruntées de ces mêmes voyageurs auxquels ils refusent la faculté de voir et de penser » .

La Littérature de la mer
Bibliographie

Textes

Anson, George, Voyage autour du monde fait dans les années MDCCXL, I, II, III, IV par George Anson, présentement Lord Anson, commandant en chef d’une escadre envoyée par Sa Majesté britannique dans la Mer du Sud tiré des journaux et autres papiers de ce seigneur, et publié par Richard Walter, maître ès arts et chapelain du Centurion dans cette expédition, Amsterdam et Leipzig, Paris, Charles-Antoine Jombert, s. d., 2 vol.
-, Voyage à la mer du Sud fait par quelques officiers commandants le vaisseau Le Wager pour servir de suite au Voyage de Georges Anson, traduit de l’anglais, Lyon, Frères Duplain, 1756, in-4°

Banks, Joseph et Daniel Solander, Journal d’un voyage autour du monde en 1768, 1769, 1770 et 1771 [...]. Traduit de l’anglais par M. de Fréville, Paris, Saillant et Nyon, 1772. On attribue le texte à James Magra, marin sur L’Endeavour. Premier voyage de Cook. L’édition anglaise : London, T. Becket & P.A. De Hondt, 1771.
-, Supplément au voyage de M. de Bougainville ou Journal d’un voyage autour du monde fait par MM. Banks et Solander, Anglais, en 1768, 1769, 1770, 1771. Traduit de l’anglais par M. Fréville, Paris, Saillant et Nyon, 1772

Beaulieu, A. de, Mémoires d’un voyage aux Indes orientales (1619-1622): un marchand normand à Sumatra. Introduction, notes et bibliographie de D. Lombard, Paris, 1996 (coll. « EFEO. Pérégrinations asiatiques »).

Bougainville, Louis Antoine de, Voyage autour du monde, Michel Bideaux et Sonia Faessel éd., Paris, PUPS, 2001 (coll. « Imago mundi » 3) [première édition savante de l’édition originale de 1771 et variantes des éditions suivantes, documents inédits].
-, The Pacific Journal of Louis-Antoine de Bougainville, 1767-1768, Ashgate, 2003 [Édition et traduction de John Dunmore].

Brosses, Charles de, Histoire des navigations aux terres australes, Paris, Durand, 1756, 2 vol.

Byron, John, Voyage autour du monde fait en 1764 & 1765 sur le vaisseau de guerre anglais le Dauphin commandé par le chef d’escadre Byron, dans lequel on trouve une description exacte du Détroit de Magellan, & des géants appelés patagons [...]. Traduit de l’anglais par M. R. [Jean-Baptiste Suard] Paris, Molini, 1767.

Challe, Robert, Journal d’un voyage fait aux Indes orientales (1690-1691), Frédéric Deloffre et Jacques Popin éd., Paris, Mercure de France, 2002, 2 vol. reprise annotée et préfacée de l’édition imprimée de 1721.
- , Journal du voyage des Indes orientales. À Monsieur Pierre Raymond. Relation de ce qui est arrivé dans le royaume de Siam en 1688. Textes inédits, J. Popin et F. Deloffre éd., Genève, Droz, 1998 première édition du manuscrit autographe de Munich.

Choisy, François-Timoléon de, Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, Paris, Sébastien Mabre-Cramoisy, 1687, in-4° [réédition de Dirk Van der Cruysse, Paris, Fayard, 1995].

Cook, James, Journal du second voyage du capitaine Cook sur les vaisseaux La Résolution et L’Aventure entrepris par ordre de S.M. Britannique dans les années 1774 et 1775, Amsterdam et Paris, Pissot et Nyon, 1777.
-, Voyage dans l’Hémisphère austral autour du monde fait sur les vaisseaux du Roi, L’Aventure et La Résolution en 1772, 1773, 1774 et 1775. Écrit par Jacques Cook, commandant de La Résolution, dans lequel on a inséré la relation du capitaine Furneaux et celle de MM. Forster, traduit de l’anglais [par J.-B. Suard], Paris, Hôtel de Thou, 1778, 5 vol.
-, Troisième Voyage de Cook ou Voyage à l’Océan Pacifique ordonné par le roi d’Angleterre pour faire des découvertes dans l’Hémisphère nord [...] exécuté sous la direction des capitaines Cook, Clerke et Gore sur les vaisseaux La Résolution et La Découverte, en 1776, 1777, 1778, 1779 et 1780 traduit de l’anglais par M. D... [Jean-Nicolas Demeunier], Paris, Hôtel de Thou, 1785, 4 vol.

[Courtanvaux, François-César Le Tellier, marquis de] Journal du voyage de M. le marquis de Courtanvaux sur la frégate l’Aurore, pour essayer par ordre de l’Académie, plusieurs instruments relatifs à la longitude, mis en ordre par M. Pingré, Chanoine régulier de Sainte-Geneviève, Paris, Imprimerie royale, 1768.

Defoe, Daniel, Histoire des plus fameux pirates, M. Le Bris éd., Paris, 1990, 2 vol. (reprise de l’Histoire générale des pillages et des meurtres des pirates les plus notoires, Londres, 1724).

Deperthes, Jean-Louis, Histoire des naufrages, Paris, Veuve Tarbé, 1789, 3 vol.

[Diderot, Denis, Supplément au voyage de Bougainville, in Opuscules littéraires et philosophiques, Paris, Chevet, 1796. Edition de Jean-Baptiste Suard. Autres éditions : H. Dieckmann éd., Genève, Droz, 1956 ; A. Adam éd., Paris, GF, 1972 ; etc.]

Dixon, George, Voyage autour du monde et principalement à la côte nord-ouest de l’Amérique fait en 1785, 1786,1787 et 1788 à bord du King-George et de la Queen-Charlotte par les capitaines Portlock et Dixon, traduit de l’anglais par M. Lebas, Paris, Maradan, 1789, 2 vol.

Duguay-Trouin, René, Mémoires, Paris, France-Empire, 1991 réédition de l’édition originale de 1730.

Du Tertre, Jean-Baptiste, Histoire générale des Antilles habitées par les Français, Poitiers, Le Morne rouge, 1973, 4 t. en 3 vol.[reproduction de l’édition : Paris, T. Jolly, 1667-1671].

Exquemelin, Alexandre Olivier, Histoire des aventuriers flibustiers, Réal Ouellet et Patrick Villiers éd., Paris, PUPS, 2005 (coll. « Imago mundi » ‘Textes’) [réédition savante de l’édition originale : Histoire des aventuriers qui se sont signalés dans les Indes contenant ce qu’ils ont fait de plus remarquable depuis vingt années, Paris, Le Febvre, 1686, 2 vol.].

Froger, François, Relation d’un voyage fait en 1695, 1696 et 1697 aux côtes d’Afrique, Détroit de Magellan, Brésil, Cayenne et les Antilles, par une escadre des vaisseaux du Roi, commandée par M. de Gennes, faite par le sieur Froger, ingénieur volontaire sur le vaisseau le Faucon anglais, Paris, à la Sphère royale et Michel Brunet, 1698,

Hawkesworth, Joseph, Relation des voyages entrepris par ordre de Sa Majesté Britannique, et successivement exécutés par le commodore Byron , le capitaine Carteret, le capitaine Wallis et le capitaine Cook dans les vaisseaux le Dauphin, le Swallow et l’Endeavour, traduite de l’anglais, Paris, Saillant et Nyon, Panckoucke, 1774, 8 vol.

Histoire du sieur de Montauban capitaine flibustier par lui-même, Toulouse, Éditions Anacharsis, 2002 .
Histoires extraordinaires et inconnues dans les Terres australes. Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul, Gracie Delépine éd., Rennes, Éditions Ouest-France, 2002, 231 p., ill. (coll. « Écrits ») [récits célèbres ou inédits commentés par une spécialiste de ces hautes latitudes].

Histoires tragico-maritimes. Trois récits portugais du XVIe siècle, traduction de Georges Le Gentil. Préface de José Saramago, Paris, Chandeigne, 1992 (coll. "Magellane").

Hoffmann, Johann Christian, Voyage aux Indes orientales. Un jeune Allemand au service de la VOC : Afrique du Sud, Maurice, Java (1671-1676). Traduit et présenté par Marc Delpech, Besançon, La Lanterne magique, 2007, 199 p., cartes et ill.

Kerguelen, Yves-Joseph de, Relation d’un voyage dans la mer du Nord aux côtes d’Islande, du Groenland, de Ferro, de Shetland, des Orcades et de Norvège fait en 1767 et 1768, Paris, Prault, 1771.
-, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes faits en 1771, 1772, 1773 et 1774 [...] ou Extrait du journal de sa navigation pour la découverte des Terres australes, Paris, Knapen et fils, 1782.

La Barbinais le Gentil, Nouveau voyage autour du monde […] enrichi de plusieurs plans, vues et perspectives des principales villes et ports du Pérou, Chili, Brésil et de la Chine, avec une description de l'Empire de la Chine, Paris, Flahaut, 1727, 3 vol.

La Galaisière, Guillaume Le Gentil de, Voyage dans les mers de l’Inde fait par ordre du Roi à l’occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil le 6 juin 1761 et le 3 du même mois 1769, Paris, Imprimerie royale, 1779-1781, 2 vol.

Lapérouse, Jean-François de, Voyage autour du monde sur l’Astrolabe et la Boussole (1785-1788). Choix de textes, introduction et notes de Hélène Patris, Paris, La Découverte/Poche, 2005 [reprise de l’édition Maspéro de 1980. D’après la récriture de Milet-Mureau publiée en 1797. Une modeste bibliographie complémentaire].

La Popelinière, Henri de, Les Trois Mondes. Édition critique avec introduction et notes par Anne-Marie Beaulieu, Genève, Droz, 1997 (coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance » 310).

Laujardière, Guillaume Chenu de, Relation d'un voyage à la côte des Cafres (1686-1689). Edition établie, annotée et commentée par Emmanuelle Dugay. Préface de Frank Lestringant et Paolo Carile. Avant-Propos de François Moureau. Paris, Les Editions de Paris-Max Chaleil, 1996 première édition d’après le manuscrit de Halle/Saale.

[Leguat] Voyages et aventures de François Leguat (1707), J.-M. Racault et P. Carile éd., Paris, Éditions de Paris, 1995.

Lesage, Alain-René, Les Avenures de Beauchesne, capitaine de flibustiers, Paris, Phébus, 1991 reprise de l’édition de Paris, Ganeau, 1732.

[L’Estra, François de] Voyage de François de L’Estra aux Indes orientales (1671-1677). Introduction, transcription et notes de Dirk Van der Cruysse, Paris, Chandeigne, 2007, 351 p., ill. [réédition annotée de l’édition parisienne de 1677, avec en annexe un extrait de la Description de la Compagnie des Indes orientales de Pieter Van Dam (1701)].

[Marchand, Étienne], Journal de bord d’Étienne Marchand. Le Voyage du Solide autour du monde (1790-1792), Odile Gannier et Cécile Picquoin éd., Paris, CTHS, 2005 [D’après le ms. 1120 de la BM de Marseille, la publication savante d’un journal de bord inédit d’un voyage à visée commerciale qui est aussi la deuxième circumnavigation française reconnue].

Le Naufrage du Santiago sur les ‘Bancs de la Juive ‘ (Bassas da India, 1585). Relations traduites du portugais par Philippe Billé & Xavier de Castro. Préface de Michel L’Hour, Paris, Chandeigne, 2006, 192 p., ill. et cartes [entre Afrique et Madagascar, un îlot naufrageur… Relation de Manuel Godinho Cardoso publiée en 1602 et lettre du père Pedro Martins, 1586].
Pernety, Dom Antoine-Joseph , Journal historique d’un voyage fait aux îles Malouines en 1763 et 1764 pour les reconnaître et y former un établissement, et de deux voyages au détroit de Magellan, avec une Relation sur les Patagons, Berlin, É. De Bourdeaux, 1769, 2 vol.
-, Histoire d’un voyage aux Îles Malouines fait en 1763 & 1764 avec des Observations sur le Détroit de Magellan et sur les Patagons. Nlle Éd., Paris, Saillant et Nyon, Delalain, 1770, 2 vol.
Péron, François, et Freycinet, Louis de, Voyage de découverte aux Terres australes […]pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804, Paris, Imprimerie impériale, puis Imprimerie royale, 1807-1816, 4 vol.
-, [Péron] Jangoux, Michel, « L’Expédition du capitaine Baudin aux Terres australes : les Observations zoologiques de François Péron pendant la première campagne (1801-1802) », Annales du Muséum du Havre, n° 73, mars 2005, 35 p., ill. [Édition de deux manuscrits inédits conservés au Havre sur des observations zoologique de Timor à la Tasmanie et sur les collections rapportées de l’expédition].

Pingré, Alexandre-Gui, Voyage à Rodrigue. Le transit de Vénus de 1761. La mission astronomique de l’abbé Pingré dans l’océan Indien. Édition critique. Texte inédit établi d’après les manuscrits, présenté par Sophie Hoarau, Marie-Paule Janiçon et Jean-Michel Racault, Paris, SEDES ; Université de la Réunion,CRLHOI, 2004 [d’après les manuscrits de la bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris) et du Service historique de la Marine (Vincennes)].

Prévost, Antoine-François, Histoire générale des voyages. Nouvelle collection de toutes les relations de voyages par terre et par mer qui ont été publiées jusqu’à présent dans les différentes langues de toutes les Nations connues […] pour former un système complet d’histoire et de géographie modernes, Paris, Didot, 1745-1759, 15 vol.

Pyrard de Laval, François, Voyage […] aux Indes orientales (1601-1611). Tome I : De Saint-Malo à Goa ; les îles Maldives & la côte du Malabar. Tome II : Goa ; l’empire maritime portugais et le séjour au Brésil. Texte établi & annoté par Xavier de Castro, et présenté par Geneviève Bouchon, Paris, Chandeigne, 1998.
Raveneau de Lussan, Les Flibustiers de la Mer du Sud, Paris, France-Empire, 1992 édition par Patrick Villiers du Journal d’un voyage fait à la Mez du Sud avec les flibustiers de l’Amérique (depuis le 22 novembre 1684 jusqu’en janvier 1689), Paris, Coignard, 1689.

Capitaine Ripon, Voyages et aventures aux Grandes Indes. Journal inédit d’un mercenaire. 1617-1627, présenté par Yves Giraud. Postface de Gérard A. Jaeger, Paris, Les Éditions de Paris-Max Chaleil, 1997 (coll. « Voyages et récits »)
Voyages de Vasco de Gama. Relations des expéditions de 1497-1499 et 1502-1503. Traductions du portugais et notes de Paul Teyssier et Paul Valentin. Présentation de Jean Aubin, Paris, Chandeigne, 1996.

Études

[Baudin] Australian Journal of French Studies, « The Baudin Expedition 1800-1804 », Vol. XLI, Number 2, 2004, 206 p. [Actes du colloque de Sydney, 2002].

Bertuccioli, Americo, Les Origines du roman maritime français, Livourne, Bleforte, 1931.

Bourguet, Marie-Noëlle, « Voyages et voyageurs », Dictionnaire européen des Lumières, M. Delon éd., Paris, PUF, 1997.

Broc, Numa,, La Géographie des Philosophes.. Géographes et voyageurs français au XVIIIe siècle, Paris, Ophrys, 1975.

Carile, Paolo éd., Sulla Via delle Indie orientali. Aspetti della francofonia nell'Oceano Indio/ Sur la route des Indes orientales. Aspects de la francophonie dans l'Océan indien, Fasano-Paris, Schena, 1995.

Coutau-Bégarie, Hervé, L’Histoire maritime en France, 2e édition revue et augmentée, Paris, Economica, 1997.

Delépine, Gracie, L’amiral de Kerguelen et les mythes de son temps, Paris, L’Harmattan, 1998.

Dunmore, John, Visions & Realities: France and the Pacific. 1695-1995, Waikanae, NZ, Heritage Press Ltd, 1997.

Duvernay-Bolens, Jacqueline, Les Géants patagons. Voyage aux origines de l’homme, Paris, Michalon, 1995.

Duviols, Jean-Paul, L’Amérique espagnole vue et rêvée. Les livres de voyage de Colomb à Bougainville, Paris, Promodis, 1985.

Edwards, Philip, The Story of the voyage. Sea-Narratives in Eighteenth-Century England, Cambridge University Press, 1994.

Engélibert, Jean-Paul, La Postérité de Robinson Crusoé. Un mythe littéraire de la modernité, Genève, Droz, 1997.

Faessel, Sonia, « Tahiti ou la séduction des images en littérature », Littérature et séduction. Mélanges en l’honneur de Laurent Versiini, R. Marchal et F. Moureau éd., Paris, Klincksieck, 1997, p. 511-523.

Fausett, David, Images of the Antipodes in the Eighteenth Century. A Study in Stereotyping, Amsterdam, Atlanta, Rodopi, 1995 (coll. « Cross/Culture » 18).
………………, The Strange Surprizing Sources of Robinson Crusoe, Amsterdam, Atlanta, Rodopi, 1994 (coll. « Text and. Studies in comparative literature » 3).
………….., Writing the New World. Imaginary Voyages and Utopias in the Great Southern Land, Syracuse University Press, 1993.

Fetscher, Justus, « Die Pazifik-Reisen der 1760er und 1770er Jahre in der deutschen Literatur », Cross-Cultural-Encounters. Interkulturelle Begegnungen, Philippe Despoix, Justus Fetscher éd., Kassel University Press, 2004 (coll. « Georg-Forster-Studien » 2) [Les voyages dans le Pacifique des années 1760-1770 à travers la littérature allemande].

Fornasiero, Jean, Monteath, Peter et West-Sooby, John, Encountering Terra australis. The Australian Voyage of Nicolas Baudin and Matthew Flinders, Kent Town (South Australia), Wakefield Press, XII-411 p. [extraits commentés des relations].

Foucrier, Annick, éd., The French and the Pacific World, 17th -19 Centuries. Explorations, Migrations and Cultural Exchanges, [Aldershote], Ashgate, Variorum, 2005, XLVI-342 p., ill. (coll. « The Pacific World » 7) [une excellente encyclopédie sur un immense sujet de la Nouvelle-Zélande à la Californie. Avec des escapades en Indochine, en Chine et au Japon].

Fougère, Eric, Les Voyages et l'ancrage. Représentation de l'espace insulaire à l'Age classique et aux Lumières (1615-1797), Paris, L'Harmattan, 1995.

Gandin, Éliane, Le Voyage dans le Pacifique de Bougainville à Giraudoux, Paris, L’Harmattan, 1998, 351 p., ill. et cartes (coll. « Critiques littéraires »).

Horner, Frank, La Reconnaissance française. L’expédition Baudin en Australie, trad. Martine Marin, Paris, L’Harmattan, 2006, 494 p. [vision australienne d’une aventure française].

Huetz de Lemps, Christian, sous la direction de, « La Découverte à travers le livre et la cartographie », Revue française d’Histoire du livre, n° 95-96, 1er et 2e trimestres 1997, 227 p. ill.

Jacob, Christian, L’Empire des cartes. Approche théorique de la cartographie à travers l’histoire, Paris, Albin Michel, 1992.

Jaeger, Gérard A., Les Aventuriers de la mer. Bibliographie thématique (XVIe-XXe siècle), Lausanne, Le Front littéraire, 1983.

Labussière, Marc, « Naufrages avec sauveteur chez Prévost : théories esthétiques et tempêtes
romanesques », dans Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold et Jean-Paul Sermain éd.,
L’Évenement climatique et ses représentations (XVIIe-XIXe siècle). Histoire, littérature, musique et peinture, Paris, Desjonquères, 2007, p. 404-414 (coll. « L’esprit des lettres »).

Le Livre maritime au siècle des Lumières. Édition et diffusion des connaissances maritimes (1750-1850). Textes réunis par Annie Charon, Thierry Claerr et François Moureau, Paris, PUPS, 2005.

Linon-Chipon, Sophie, Gallia orientalis (1529-1722). Poétique et imaginaire d’un genre en formation, Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2003 (col. « Imago mundi » 5) [la littérature de la route maritime française des épices].

Moureau, François, Le Théâtre des voyages. Une scénographie de l’Âge classique, Paris, PUPS, 2005, 584 p. (coll. « Imago mundi » 11).
- ,éd., « L’Œil expert : voyager, explorer », n° spécial de la revue Dix-Huitième Siècle, n° 22, 1990.
- Art. « Voyage », Dictionnaire universel des littératures, Béatrice Didier éd., Paris, PUF, 1994, t. III, p. 1070-1071.
- « La littérature des voyages maritimes, du Classicisme aux Lumières », Revue d’Histoire maritime, numéro spécial : « La percée de l’Europe sur les océans, vers 1690 – vers 1790 », 1ère année, n° 1, octobre 1997, p. 243-264.

Racault, Jean-Michel, L’Utopie narrative en France et en Angleterre. 1675-1761, Oxford, Voltaire Foundation, 1991.
-, Mémoires du Grand Océan. Des relations de voyages aux littératures francophones de l’océan Indien, Paris, PUPS, 2007, 288 p.

Requemora, Sylvie, et Linon-Chipon, Sophie éd., Les Tyrans de la mer. Pirates, corsaires & flibustiers, Paris, PUPS, 2002 (col. « Imago mundi » 4) [la littérature de mer et quelques-uns de ses acteurs].

Rivière, Serge M. et Kumari R. Issur éd., Baudin-Flinders dans l’océan Indien. Voyages, découvertes, rencontre. Travels, discoveries, encounter, Paris, L’Harmattan, 2006, 288 p., ill. [actes du colloque anniversaire de 2003 à Maurice].

Seixo, Maria Alzira, et Carvalho, Alberto éd., A História trágica-marítima: analises e perspectivas, Lisboa, Cosmos, 1996 (coll. « Viagem ») [étude de la collection de récits de naufrages publiée par Bernardo Gomes de Brito en 1735-1736].

Taillemite, Etienne, Bougainville et ses compagnons autour du monde, Paris, Imprimerie nationale, 1977, 2 vol.
-, Sur des mers inconnues. Bougainville, Cook, Lapérouse, Paris, Gallimard, 1987 (coll. «Découvertes» 21).

Vibart, Eric, 1767-1797. La Mémoire des siècles. Tahiti. Naissance d’un paradis au Siècle des Lumières, Bruxelles, Editions Complexe, 1987.

Chercheur: 

Session: 

30 octobre