Présentation du séminaire et Bibliographie complète

Un état présent des recherches sur la littérature des voyages était réalisable, il y a vingt ans. Aujourd’hui, c’est une entreprise quasi impossible, tant les colloques, les publications et les rééditions de textes submergent le bibliographe le plus attentif. Historiquement, nos études sont nées pour les littératures occidentales dans des lieux bien particuliers. Elles en conservent la trace. Si l’on résume en quelques lignes la physionomie du voyage à travers les siècles, on obtient à peu près cette esquisse. Le pèlerinage en Terre sainte fait partie de la littérature « incunable » dès les débuts de l’ère chrétienne, mais c’est le « Grand Tour », dans sa variante italienne, dont la documentation imprimée et manuscrite est considérable qui va s’imposer à la recherche moderne et fournir les premiers modèles d’interprétation d’un genre en marge de la littérature personnelle, des mémoires et de la quête scientifique. Jusqu’au XIXe siècle, on ne voyage pas pour son « plaisir ». Paradoxalement, l’Europe occidentale n’est pas nécessairement l’objectif premier du voyageur. Le voyage classique est celui des grands espaces et des explorations de types variés, dont le Portugal sera l’initiateur avant les grandes circumnavigations impérialistes du siècle des Lumières C’est le XIXe siècle qui semble découvrir le « pittoresque » des lieux familiers. Le « dernier siècle des voyages » -pour l’instant, le XXe - est marqué par le refus de l’exotisme et par une conception du voyage qui nie l’humeur voyageuse et aspire au vide intérieur, seul bénéfice de l’aventure viatique.
Depuis quelques lustres, la recherche dans le domaine de la littérature des voyages a pris un essor sans précédent. Auparavant, seuls les grands voyages romantiques bénéficiaient de travaux approfondis; mais l'intérêt pour ces textes était relativement ambigu, car ils passaient pour les œuvres secondaires de représentants éminents de la « belle » littérature. On lisait le Voyage en Amérique ou l'Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand par rapport à Atala ou aux Mémoires d'Outre-tombe, les deux Voyages en Orient de Lamartine par rapport à l'œuvre du poète, le Voyage en Orient de Nerval par rapport à Aurélia, Le Rhin de Hugo par rapport à l'idéologie « germanique » du Romantisme. La littérature de voyage n'est plus aujourd'hui considérée chez ces écrivains et chez leurs émules de moindre talent au XIXe siècle (de Gautier à Loti) comme un sous-genre « exotique » voire journalistique au pittoresque de mauvais aloi. Notre propos sera de traiter dans ces quelques pages de la préhistoire du genre à l'Âge « classique ». Par « classique », nous ne faisons pas référence aux catégories habituelles de l'histoire culturelle française (le XVIIe siècle louis-quatorzien), ni à celles de l'historiographie allemande (die Klassik, de Goethe à Hölderlin), mais à un univers mental qui, de la fin du Moyen Âge - aube des Grandes Découvertes - au crépuscule des voyages d'exploration - les circumnavigations du Siècle des Lumières -, se reconnaît dans des formes à peu près cohérentes d'un être au monde légitimé par quelques a priori idéologiques (parfois inversés): le christianisme, l'esprit de conquête et le sentiment de supériorité. Le voyageur « romantique » se déguise volontiers et tente de « se faire » l'Autre - illusion passagère -; le voyageur « classique » cultive au contraire l'altérité, la distance entre son moi et ce qui justifie le voyage, la mesure de « l'étrange ». Les grands dictionnaires de langue du XVIIe siècle finissant (Richelet et Furetière) continuent d'assimiler dans une entrée commune « étrange » et « étranger ».
C'est pourquoi cet « étrange étranger » peut être à la porte du voyageur. La société d'Ancien Régime (au sens français) est fondée sur la notion d'appartenance; est « étrange » tout ce qui échappe à « l'ordre » dont on fait partie. L'aristocrate français qui voyage en Italie appartient au même « ordre » que son hôte, le noble vénitien ou napolitain; en revanche, il est « étranger » et peut trouver « étrange » le paysan qui cultive la terre à une lieue de son château. Ils ne parlent pas la même langue: le seigneur pratique, selon la célèbre formule de Vaugelas, « la façon de parler de la partie la plus saine de la Cour » et l'homme de la terre un patois, voire une langue que son suzerain ne maîtrise pas. En revanche, dans l'Europe de la « République des Lettres », le voyageur aristocratique ou savant communique avec ses égaux en latin (Europe centrale) ou en italien (jusqu'au milieu du XVIIe siècle) et en français (ensuite). Autre élément d'altérité: la religion. Il va de soi que, pour un Européen, les religions de l'Orient, de l'Islam au Bouddhisme, celles - très cruelles - de l'Amérique espagnole, peut-être encore l'absence de religion de ces athées heureux que Bougainville crut trouver à Tahiti représentent une « étrangeté » absolue: ces peuples n'ont pas eu connaissance de la « révélation » chrétienne: est-ce un hasard, une fatalité ou le dessein divin? Grands voyageurs et auteurs infatigables de relations, les missionnaires chrétiens s'employèrent à répondre à cette question en prétendant, comme les jésuites, que ces peuples avaient oublié une révélation qui leur avait été faite et dont des traces subsistaient dans leurs religions barbares. Sans aller les quêter dans ces continents lointains, d'autres « étrangetés » religieuses ne sont pas moins sensibles à l'œil du voyageur: l'Europe chrétienne est divisée; entre le piétiste saxon et le superstitieux napolitain, entre le culte de la Vierge à Lorette et les « trembleurs » quakers de Londres décrits par Voltaire dans la première des Lettres anglaises, le voyageur qui passe d'un État à l'autre se rend vite compte de l'effet du principe – « ejus regio cujus religio » - sur les mœurs et presque sur le paysage des pays qu'il traverse: Genève la calviniste et Venise la catholique - malgré tout - ne tirent pas leur différence de plus ou moins de lac ou de lagune, mais de la rude poigne des hommes de conviction.
Il semble d'ailleurs, comme nous le disions plus haut, que ce soit l'Italie qui, pour de multiples raisons, ait engagé les études les plus anciennes sur la littérature des voyages et qui restent pionnières en de nombreux domaines. Le mythe du « Grand Tour », le fait qu'à peu près toutes les littératures européennes y aient participé ont évidemment facilité l'élaboration d'un corpus documentaire et la définition d'angles d'attaque pour la recherche. De Montaigne à Shelley, de Stendhal à Thomas Mann, mais aussi, dans les autres arts, de Ribera à Ingres, de Mendelssohn à Berlioz, le mythe italien nourri de culture antique, de fascination de la décadence, de liberté apparente et d'abondance factice, de courtisanes vénitiennes et de grands mystiques, d'appétit de la vie et de délectation de la mort, de putti et de mendiants, faisait de la péninsule le grand laboratoire de la vie humaine et de la littérature. L'Italie est certainement le lieu du monde qui fut le mieux labouré, jusqu'à la nausée, par les écrivains en mal d'imagination. À côté de chefs-d'œuvre, combien de plats récits de voyage construits à partir de guides ou de narrations antérieures! Mais cette variété elle-même paraîtra très utile pour définir et cerner les catégories composites de la littérature de voyage.
Le degré zéro de la relation de voyage se rencontre dans les notes prises au jour le jour, simple mémento personnel dont la fonction est proprement pratique et l'usage éventuel limité à servir de pense-bête à de futurs voyageurs à qui seraient confiées ces pages: on y trouve le détail des « postes » - distance entre deux changements de chevaux -, le prix des chambres d'auberge et des denrées, les difficultés de la route, rarement des réflexions personnelles; seuls quelques « mirabilia », hauts lieux du tourisme peuvent y avoir une place minime. Ces notes de voyage ne sont pas destinées à la publication, on s'en doute; et leur auteur n'a pas la moindre ambition littéraire, il se garde de faire transparaître sa subjectivité dans le récit. L'objectivité la plus sèche l'intéresse seule; mais n'est-ce pas déjà faire œuvre de littérature? Certains de ces récits, véritables « giacomettis » du voyage, ont un charme singulier, celui des tables de multiplication que les enfants récitent comme des comptines.
Malgré son aspect « fini » - divisions, paratextes, etc.-, le récit de voyage mis en forme n'est pas, en général, destiné à la publication. Il s'agit d'une espèce de mémorial intime, au mieux familial. C'est pourquoi les bibliothèques de l'Europe entière sont riches de récits qui ne furent jamais édités, ni même exploités jusqu'à une date récente. L'âge d'or de ces récits manuscrits correspond en gros à ce que nous nommons la période « classique » du voyage, du XVIe au XVIIIe siècle. Curieusement, ils deviennent plus rares avec le Romantisme où l'on se serait attendu à une certaine digestion du voyage par le lyrisme personnel et l'intimité. Les grands voyageurs « romantiques » pérégrinent pour écrire et être publiés. Le voyageur est le héros de l'écrivain, son personnage privilégié, une subjectivité organisée: il doit fait gémir la presse et en aviser le public.
Il n'en était pas ainsi, du moins en apparence, lorsque Montaigne voyageait. Il dicte à son secrétaire, plume secondaire et mercenaire, ce qu'il feint être un plat récit suivi d'impressions, mais tout autant de recettes techniques pour bien voyager. A Rome, si le Colisée l'émeut, et que l'on a, un instant, le sentiment de percevoir la voix du philosophe de l'histoire, n'y a-t-il pas là un simple exercice oratoire sur la fragilité des sociétés humaines, une rhétorique scolastique à laquelle tous les bons écoliers du collège bordelais de Guyenne s'étaient perfectionnés pendant leurs années d'études? Mlle de Gournay, la « fille d'alliance », qui ramassa le moindre copeau des Essais, et Mme de Montaigne, Françoise de la Chassaigne, qui ne fut pas moins attentive à la destinée posthume de l'œuvre de son mari, ne se préoccupèrent pas une seconde du Journal de voyage. Le manuscrit en fut retrouvé par hasard, près de deux siècles après sa mort, au fond d'un coffre abandonné du château de Montaigne: l'accueil des milieux philosophiques, en particulier de D'Alembert, fut très réservé à l'égard d'un texte où Montaigne se montrait, à leur goût, trop bon chrétien. La même aventure arriva aux journaux de voyage de Montesquieu, dont la partie anglaise semble même avoir définitivement disparue. Ce n'était pas indifférence des descendants, qui se chargèrent de la publication des œuvres « posthumes » du philosophe, mais plutôt le sentiment que le récit appartenait à la sphère du privé et non à celle du public. D'une certaine façon les nombreux rapports diplomatiques ou militaires - terrestres ou maritimes – appartiennent, eux aussi, à cette catégorie du non-public, du réservé, que ce soit aux ministres destinataires, aux princes ou à la famille. Le « journal de bord » remis aux archives de la marine lors du retour de mission faisait partie sous l'Ancien Régime des obligations des officiers de la Marine royale: la relation de voyage maritime imprimée qui comporte toujours une partie technique s'en inspire ou l'imite. Bougainville compose un journal de voyage pour lui-même - le privé -, un rapport au roi - le semi-public - et un Voyage autour du monde livré au simple lecteur. Les trois textes correspondent au même voyage élaboré par trois instances différentes de l'écriture.
Le récit rédigé directement pour la publication est le plus rare à l'Âge classique. Si l'on exclut les guides touristiques - le terme de « tourisme » d'origine anglaise apparaît en français à l'extrême fin du XVIIIe siècle -, les récits de voyage imprimés semblent rechercher davantage l'évocation des régions les plus reculées de la planète que les parcours européens. Il y eut des modes selon les époques: elles furent successivement américaine, turque, siamoise, persane ou chinoise du XVIe au XVIIIe siècle; s'y joignit la fascination des heureux mystères de la « mer du Sud » et du mythique « continent austral » liée aux circumnavigations du XVIIIe siècle. On vit apparaître non des écrivains de profession, mais la métamorphose en homme de plume usant d'une langue inhabituellement factuelle de certains négociants ou marins qui pratiquaient l'Orient (Challe, Chardin), de certains savants qui surent sortir de leur cabinet (Tournefort, Adanson): l'emblème en resta pour la postérité les Lettres édifiantes et curieuses composées par les jésuites espagnols et portugais (Almeida, Frois, Cabral) dès la création de l'Ordre (Asie, Amérique du Sud) et publiées en recueil à partir du début du XVIIIe siècle pour la version française (1707-1776, 34 vol.) qui concerne tous les « pays de missions », Chine comprise se substituant à un Japon fermé à l'évangélisation catholique.
On écrit beaucoup sur ces horizons lointains, et beaucoup moins sur l'Europe, à part les ouvrages de la catégorie des Délices qui sont en fait des « Baedeker »avant la lettre, comme le « Misson » sur l'Italie. L'Europe reste longtemps la chasse gardée du mémorial manuscrit intime. On pourrait presque dire que le voyage de Young en France quelques années avant la Révolution est le premier récit-rapport personnalisé sur un pays qui attire vers lui l'Europe cultivée depuis plus d'un siècle, mais qui n'a rien suscité d'essentiel dans le domaine qui est le nôtre. Pour l'Italie, la situation n'est guère meilleure; les Lettres familières du président Charles de Brosses parurent posthumes et celles du président Dupaty à l'aurore de la Révolution. Sade conserve manuscrits ses souvenirs d'Italie en attendant de les transcrire déformés dans ses romans. Puis viendront Goethe, Gautier et combien d'autres, mais au siècle suivant.
Il est un lieu où le récit de voyage s'assimile presque trop parfaitement à la littérature. Le roman classique cherche désespérément l'effet de réel qui le hausse jusqu'au genre historique, écriture noble du réel, alors que la fiction est fille du mensonge, donc moralement condamnable. D'où ces « nouvelles historiques », ces « mémoires » feints, ces « lettres » retrouvées au fond d'une cassette de la Nouvelle Héloïse à Werther. La forme du récit de voyage permet de satisfaire deux tendances profondes du roman: la linéarité de l'intrigue et le goût de l'ailleurs. Que cet ailleurs soit un « ici » comme dans les Lettres persanes ou un « lieu de nulle part » comme dans le roman utopique, Australie avant l'Australie de La Terre australe connue (1676) de Gabriel de Foigny, il importe surtout que le mentir vrai fonctionne à la satisfaction commune de l'auteur et de son lecteur, voire du censeur et du critique. La littérature de voyage circule dans cet espace entre le non-littéraire et le trop-littéraire, entre l'informe et la mise en écriture qui va faire gémir la presse.
Qu’en est-il, en effet, du voyage dans l’histoire du livre ? Les premiers livres imprimés de voyage sont des guides de la Terre Sainte, dont le modèle fut les Sanctæ Peregrinationes de Bernhard von Breydenbach, véritable voyage qui servit de livre de route pour des générations de pèlerins (Mayence, E. Reuwich, 1486, in-folio, avec vingt-six illustrations sur bois d’après et par Erhard Reuwich). Dans la tradition des « cornucopiæ » médiévales et des recueils d’« exempla », la littérature géographique se conçoit alors surtout comme un discours sur l’espace et sur le temps (« Chronique de Nuremberg » - Liber cronicarum ab initio mundi de H. Schedel -, 1493; Cosmographia universalis de S. Münster, Bâle, 1544). Mais, dès l’origine, le livre de voyage reçoit son commentaire iconographique (cartes, plans, flore, faune, portraits, « merveilles de la nature » ). Il s’agit d’une production coûteuse dont on réutilise les planches - quitte à les regraver - pour des éditions successives ou pour d’autres ouvrages auxquels elles s’intègrent tant bien que mal. Le remplacement du bois par le cuivre à la fin du XVIe siècle - ce qui contraignait à une coûteuse impression en deux temps - augmenta encore le prix de revient de ce type d’imprimé. Les Grandes Découvertes portugaises et espagnoles de la fin du XVe et du début du XVIe siècles protégées par un secret rigoureux avaient été diffusées assez tardivement: le Mundus novus d’Amerigo Vespucci donne, en 1504 seulement, le récit complet des voyages du Génois Colomb au service de l'Espagne.
La conception « romantique » du récit de voyage est totalement inconnue des siècles classiques. Le « moi » du voyageur et sa perception personnelle de l’ailleurs sont subordonnés à un discours viatique fondé sur des modes d’écriture de convention nourris de références érudites tirées de compilations plus ou moins anciennes. Le voyageur recopie plus qu’il ne voit. Les voyages spécialisés (archéologiques, de naturalistes) ne sont pas les seuls à pratiquer ce regard myope. Les textes que l’on édite ont généralement une fonction extérieure à leur objet apparent: ouvrages de propagande politique ou religieuse (les Lettres édifiantes et curieuses des jésuites au XVIIIe siècle), compilations rédigées par un écrivain qui se substitue au voyageur (Belleforest pour Thevet au XVIe siècle) - confirmation de cette dichotomie singulière entre le vécu et l’écrit -, guides remis à jour en forme de fiction de voyage publiés sous des enseignes évidentes: « Nouveau Voyage de ... », les récits de voyage accordent à la littérature personnelle la part la plus congrue. C’est dans les « voyages extraordinaires » et dans la fiction utopique que le récit, souvent nourri de relations réelles, prend une vraie dimension idéologique en transposant à l’intérieur du voyage de découverte une construction sociale et politique de fantaisie. L’Utopia de Thomas More (Louvain, 1516) en est le modèle déjà parfait, ce récit de voyage rattaché à celui de Vespucci est précédé de pièces liminaires, d’une carte, voire d’un poème en langue utopienne: paratextes habituels des récits de voyages. Tommasso Campanella, Savinien Cyrano de Bergerac, Gabriel de Foigny, Nicolas-Edme Restif de la Bretonne et bien d’autres reprirent le modèle utopique qui survécut en gros jusqu’à la fin du XVIIIe siècle dans les différentes littératures européennes. Il eut ses paysages de prédilection: la « terre australe » évidemment, dont nous reparlerons, que, dans une expédition patronnée par la Royal Society de Londres, James Cook contraignit à devenir définitivement un « lieu de nulle par », mais encore le centre de la terre (Ludvig Holberg, Le Voyage souterrain de Niels Klims, 1741) ou la Patagonie peuplée des ces géants imaginaires que tous les voyageurs voulaient rencontrer et qu’ils voyaient des yeux de la crédulité, même quand la réalité leur enseignait le contraire. L’abbé Gabriel-François Coyer, qui n’en croyait rien, fit néanmoins de ces populations misérables du bout du monde les héros singuliers d’une société utopique fondée sur l’hygiénisme (Lettre au docteur Maty, secrétaire de la Société royale de Londres, sur les géants patagon, 1767).
Ce serait oublier que ces vastes « terraæ incognitæ » étaient là pour nourrir des « voyages extraordinaires ». Un continent - l’Afrique - restera, pendant la période classique, très largement en marge de cette appropriation littéraire. On mettra à part, mais pour des raisons très différentes, le royaume plus ou moins mythique de Monomotapa au centre de l’Afrique (Zimbabwe actuel), dont parle La Fontaine (Fables, VII, 11 : « Deux vrais amis vivaient au Monomotapa) et qui servit au XVIIIe siècle de localisation éditoriale fictive pour des publications frivoles (Les Bijoux indiscrets, 1748, de Diderot) ou le royaume chrétien du « Prêtre Jean » (l’Éthiopie) dont de Marco Polo à Vasco de Gama les voyageurs cherchèrent vainement la localisation. Mais à cause de circonstances historiques évidentes, liées à la route des épices et au traité de Tordesillas (1494), la littérature géographique ancienne concernant l’Afrique sub-saharienne est essentiellement portugaise et manuscrite. La rivalité des Provinces-Unies sur la route des épices et l’installation de la Compagnie hollandaise des Indes au Cap de Bonne-Espérance favorisa une meilleure connaissance des populations du Sud du continent, même si ce fut, le plus souvent, pour rejeter ces populations de « Cafres » ou d’« Hottentots » « sales et méchants » dans une sous-humanité peu propice, quoique athée, aux divagations utopiques. Les relations françaises se limiteront longtemps au Maghreb pour le rachat des captifs et à diverses entreprises au Sénégal dont il ne reste guère que deux noms : celui de Michel Adanson (1727-1806), éminent naturaliste qui baptisa le baobab avant de sombrer dans le délire encyclopédique, et le chevalier poète Stanislas de Boufflers (1738-1815), qui gouverna Gorée en parfait aveugle sur le monde qui l’entourait. Si Gabriel de Foigny imagina avec le « Congo » de la Terre australe connue (1676) un sas géographique qui combinait merveilles et monstres annonciateurs d’autres lieux maléfiques, son île de Madagascar n’est pas plus réelle que celle de Challe, qui la décrivit sans l’avoir vue, mais elle n’a rien du monde géométriquement parfait de l’utopie. Les Mascareignes, qui servaient d’escale sur la route française des Indes, auraient pu être le point d’ancrage naturel de cette littérature de nulle part qu’est l’utopie bien formée ou, pour le moins, de la robinsonnade : mais les aventures récrites de François Leguat (1707) ne sont souvent considérées, à tort, que comme une modeste esquisse de Robinson Crusoé (1719).
La « Terre australe », plus que toute contrée imaginaire ou rêvée – lune et soleil compris , fut le « théâtre des voyages » imaginaires les plus réussis. Elle avait tout pour cela : être l’exact opposé géographique à l’univers « de deça », notre hémisphère ; être « nécessaire » pour parfaire l’œuvre divine et son projet « global » ; être vierge de toute incursion pérégrine. C’était le laboratoire idéal dont pouvaient rêver philosophes et gens « à projets ». Ce « troisième monde » - pour reprendre la dénomination de La Popelinière (1582) – arrivait à point après le « nouveau monde » qui avait quelque peu déçu. Jusqu’à la fâcheuse constatation de Cook – le chevalier de Kerguelen n’avait pas eu cette audace en croisant vers l’Antarctique – de l’inexistence du « continent austral », on pouvait construire des sociétés vraisemblables dans des lieux de quelque part, mais qu’il n’était pas urgent de découvrir. Et comme dans les voyages réels, où la bizarrerie humaine se donnait libre cours – cannibalisme, cultes extravagants, coutumes singulières -, la scène de l’utopie présentait sur une scène toujours renouvelée par le « deus ex machina » manipulateur les « tableaux » les plus « vrais » de cette humanité saisie dans sa première « représentation ». De même que la scène de théâtre propose à l’action dramatique un lieu « possible », séparé du monde réel, mais de même matière, l’utopie suggère un possible « latéral », selon la célèbre définition de Raymond Ruyer, un univers dont les lois, peut-être trop parfaites, n’en sont pas moins humaines et nécessaires. Île au milieu des flots, mais rattachée par son socle à la terre universelle, la scène utopique attend le « voyageur » pour qu’il en soit le « relateur ». Personne n’est dupe de ces voyages au pays de nulle part et, encore moins, la censure. Dans la tragédie classique, l’évocation du meurtre était justifiée sur la scène s’il se commettait derrière le rideau du théâtre, le « crime » utopique se satisfait d’une publication plus ou moins clandestine.
Cette clandestinité n’était pas le fait des récits de voyage réels dont la production imprimée fit un bond considérable au XVIIIe siècle. Les grands recueils de voyages entrepris au milieu du siècle par des libraires parisiens en quête de collections commerciales qui se substituaient aux « sortes » classiques de science religieuse témoignent de l’intégration du récit de voyage dans la « littérature ». Le mouvement vint d’Angleterre (A New General Collection of Voyages par Astley), et, dès 1746, l’abbé Prévost lançait la première collection française étroitement inspirée de cette collection britannique, l’Histoire générale des voyages (1746-1790, 20 vol., in-4°), puis « abrégée » par Jean-François de La Harpe entre 1780 et 1804 (44 vol., in-8°). Il s’agit, selon le sous-titre d’une « Nouvelle Collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre qui ont été publiées jusqu’à présent dans les différentes langues de toutes les Nations connues [...] pour former un système complet d’histoire et de géographie modernes ». Vinrent ensuite, et parmi d’autres, Le Voyageur français de l’abbé de La Porte (1765), les séries illustrées de voyages autour du monde (Bougainville, Cook, Dixon); puis, compilée par Jean-Louis Deperthes, une Histoire des naufrages (1789, 3 vol.) reprenant un thème largement exploité dès le XVIe siècle par la littérature portugaise. Au XIXe siècle, le développement de la presse et de feuilletons permit une très large diffusion de la littérature de voyage. La catégorie nouvelle des écrivains-voyageurs s’imposa dans les colonnes des journaux et un périodique comme Le Tour du monde leur fut entièrement consacré. C’est alors que la « littérature » de voyage se démarqua totalement des guides. Venus d’Angleterre - Cook - et aussi d’Allemagne - Baedeker -, les guides - Joanne, Chaix, Hachette, etc. - bannirent rapidement le discours « littéraire » pour le style informatif que réclamaient les voyageurs. Ce fut dans cet espace libéré que se glissa l’écrivain-voyageur, construisant son récit autour des expériences de son ego et, souvent, des règles du feuilleton de presse - récits brefs, à rebondissements, sujets imposés par un exotisme de convention. Le récit de voyage ou « d'aventure » (Jack London, Henri de Monfreid) occupait provisoirement un terrain que la littérature de fiction ne satisfaisait pas entièrement. Aujourd’hui, les facilités du voyage ont presque tué la littérature de voyage (" Adieu voyages! ": Cl. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques), bien que subsistent des collections spécialisées parfois consacrées aux voyages anciens, mais qui ne renoncent pas à quelques contrefaçons modernes des récits d’aventure aujourd’hui largement fabriqués pour les médias (Hachette: « Les Voyages », « Voyages en images »; Maspéro: « La Découverte »; Fayard: « La Bibliothèque des voyageurs » ; Actes Sud: « Terres d’aventures », etc.).
Les relations de voyage, rédigées sinon publiées à l'Âge classique, invitent à une remise en question des limites et des formes de ce que l'on appelle le fait littéraire et la fonction de l'acte d'écriture. La singularité de ces textes qui n'étaient pas destinés à être « lus » - manuscrits - ou qui sollicitaient uniquement une lecture « technique » - lettres édifiantes, relations d'histoire naturelle - renvoient à une « littérarité » fondée sur une rhétorique de nature référentielle dont le mode de production nous échappe en partie. La reconstruction de la poétique du voyage classique passe par une prise en compte de facteurs sociologiques, émotionnels et culturels autant que de facteurs proprement esthétiques. La recherche contemporaine s’y emploie.

Éléments de bibliographie

Relations de voyage imprimées
[Afrique] Ricard, Alain éd., Voyages de découverte en Afrique. Anthologie 1790-1890, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2000.
[Afrique du Sud] Lanni, Dominique éd., Fureur et barbarie. Récits de voyages chez les Cafres et les Hottentots (1665-1721), Paris, Cosmopole, 2003.
Adanson, Michel, Histoire naturelle du Sénégal. Coquillages. Avec une relation d'un voyage fait en ce pays, Paris, C.-J.-B. Bauche, 1757.
Anson, George, Voyage autour du monde fait dans les années MDCCXL, I, II, III, IV par George Anson, présentement Lord Anson, commandant en chef d’une escadre envoyée par Sa Majesté britannique dans la Mer du Sud tiré des journaux et autres papiers de ce seigneur, et publié par Richard Walter, maître ès arts et chapelain du Centurion dans cette expédition, Amsterdam et Leipzig, Paris, Charles-Antoine Jombert, s.d., 2 vol.
-, Voyage à la mer du Sud fait par quelques officiers commandants le vaisseau le Wager pour servir de suite au Voyage de Georges Anson, traduit de l’anglais, Lyon, Frères Duplain, 1756.
Banks, Joseph et Solander, Journal d’un voyage autour du monde en 1768, 1769, 1770 et 1771 [...]. Traduit de l’anglais par M. de Fréville, Paris, Saillant et Nyon, 1772.
[Belon du Mans, Pierre] Voyage au Levant (1553). Les Observations de Pierre Belon du Mans, Alexandra Merle éd., Paris, Chandeigne, 2001.
Boufllers, Stanislas de, Lettres d'Afrique à Madame de Sabran, François Bessire éd., Arles, Actes Sud ; [Montréal], Leméac, 1998.
Bougainville, Louis-Antoine de, Voyage autour du monde par la frégate du Roi la Boudeuse et la flûte l’Étoile en 1766, 1767, 1768 et 1769, Paris, Saillant et Nyon, 1771.
-, Écrits sur le Canada. Mémoires-Journal-Lettres, Sillery (Qb)-Paris, Pélican-Klincksieck, 1993.
-, Voyage autour du monde, Michel

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Adanson, Michel, Histoire naturelle du Sénégal. Coquillages. Avec une relation d'un voyage fait en ce pays, Paris, C.-J.-B. Bauche, 1757.
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Banks, Joseph et Solander, Journal d’un voyage autour du monde en 1768, 1769, 1770 et 1771 [...]. Traduit de l’anglais par M. de Fréville, Paris, Saillant et Nyon, 1772.
[Belon du Mans, Pierre] Voyage au Levant (1553). Les Observations de Pierre Belon du Mans, Alexandra Merle éd., Paris, Chandeigne, 2001.
Boufllers, Stanislas de, Lettres d'Afrique à Madame de Sabran, François Bessire éd., Arles, Actes Sud ; [Montréal], Leméac, 1998.
Bougainville, Louis-Antoine de, Voyage autour du monde par la frégate du Roi la Boudeuse et la flûte l’Étoile en 1766, 1767, 1768 et 1769, Paris, Saillant et Nyon, 1771.
-, Écrits sur le Canada. Mémoires-Journal-Lettres, Sillery (Qb)-Paris, Pélican-Klincksieck, 1993.
-, Voyage autour du monde, Michel Bideaux et Sonia Faessel éd., Paris, Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, 2001.
[Bougainville] Taillemite, Étienne éd., Bougainville et ses compagnons autour du monde 1766-1769. Journaux de navigation, Paris, Imprimerie nationale, 1977, 2 vol.
Brosses, Charles de, Histoire des navigations aux terres australes, Paris, Durand, 1756, 2 vol.
Byron, John, Voyage autour du monde fait en 1764 & 1765 sur le vaisseau de guerre anglais le Dauphin commandé par le chef d’escadre Byron, dans lequel on trouve une description exacte du Détroit de Magellan, & des géants appelés patagons [...]. Traduit de l’anglais par M. R. [Jean-Baptiste Suard] Paris, Molini, 1767.
Challe, Robert, Journal du voyage des Indes orientales. À Monsieur Pierre Raymond, J. Popin et F. Deloffre éd., Genève, Droz, 1998 (édition du manuscrit de Munich, cod. gall. 738).
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25 octobre