Présentation et bibliographie

Évoquer le voyage en Europe à l’Âge classique et, particulièrement au XVIIIe siècle, c’est parler d’un de ces continents perdus de notre mémoire que rien ne pourra jamais restituer. En l’espèce, il faut distinguer le voyage lui-même des témoignages qui nous en restent : témoignages écrits, dessinés ou peints, archives diverses. Car comme pour la plupart des activités humaines, il ne nous reste rien du voyage. Et d’ailleurs peut-on même parler de voyage ? Sinon d’errance ou de vagabondage ? Le colporteur qui descend des monts de l’Ardèche pour vendre de la dentelle dans les vallées ou celui qui parcourt la campagne pour diffuser les brochures de la Bibliothèque bleue, le jeune apprenti qui fait son « tour de France », le maquignon juif de Lorraine qui propose ses chevaux n’ont laissé de trace que dans quelques archives : le voyage à pied, nous ne le retrouverons que chez quelques privilégiés du destin qui surent lire et qui écrivirent, un « Monsieur Nicolas » alias Restif de Bretonne, d’Auxerre à Paris, ou un Jean-Jacques Rousseau, d’Annecy à Turin, au Livre second des Confessions, avant d’être le « promeneur solitaire » de Paris et de sa banlieue. Ces voyageurs, non « par plaisir », comme l’on disait alors des activités ludiques, mais par « nécessité », rencontrent sur le pavé du Roi les diligences bourgeoises partant à heure fixe, les berlines plus légères, les chaises de poste où deux voyageurs sont menés au galop. Le lourd coche est dépassé par le cabriolet d’un Anglais du Grand Tour ou par des cavaliers du meilleur monde. Les coches d’eau sur la Loire et dans la vallée du Rhône montrent qu’en France les voies d’eau sont encore les plus sûres. Et que dire des navires côtiers, « barques » ou « tartanes », qui rendent le passage de France en Italie tellement plus agréable que par les Alpes, mais qui restent pendant tout le siècle sous la menace des pirates de Tunis et d’Alger qui savent leur faire voir du pays et voyager au-delà du raisonnable.
Pour la plus grande partie des Européens le voyage n’existe pas d’ailleurs. Attaché à la terre, le paysan qui forme l’essentiel de la population ne sait pas même ce que le mot signifie. Ses semblables voyagent à l’occasion sans l’avoir vraiment souhaité : ils forment ces beaux régiments que les princes envoient se battre aux quatre coins de l’Europe pour des causes qu’ils ne prennent pas la peine de leur expliquer. Guerre de succession d’Espagne, guerre de succession de Bavière, guerre de succession d’Autriche, guerre de Sept Ans font beaucoup voyager malgré eux des troupes recrutées dans tous les pays d’Europe, Suisse comprise. La guerre d’Indépendance américaine se passera dans des lieux plus exotiques comme une partie de la guerre de Sept ans ; mais les puissances nouvelles d’Europe centrale et orientale compensent ce déficit en animant de nouveaux théâtres d’opérations ; à peine installé sur le trône, le roi-philosophe de Prusse, qui vient d’écrire l’Anti-Machiavel, envahit la Silésie, puis Frédéric II donnera des leçons à la Saxe et à l’Autriche, avant de renverser ses alliances en s’en prenant à la France ; les Russes lui feront payer un temps ses mauvaises manières en occupant Berlin. Ces Russes, bientôt dirigée par un autre monarque bienfaisant, Catherine la Grande, iront en conter aux Turcs et on retrouvera les corsaires russes jusqu’en Méditerranée où, au large de la Morée, ils débattent à coup de canons avec les Barbaresques. L’Europe militaire s’est faite avant les autres. Le plus étrange est que ces guerres continuelles qui faisaient de la marche à pied une action patriotique n’empêchaient pas les voyages. Le « passeport » était un sésame qui permettait de circuler entre les lignes. Bibliophile très averti et collectionneur des raretés philosophiques hétérodoxes, le prince Eugène, généralissime des armées impériales, envoyait à Paris, à travers les armées de Louis XIV qu’il combattait, des émissaires chargés d’acquérir en vente publique les ouvrages magnifiquement reliés par Boyet qui font aujourd’hui la fierté de la Bibliothèque nationale d’Autriche. L’adjudant-major Georg Wilhelm, Freiherr v. Hohendorf imitait à son niveau les pratiques de son maître. Un demi-siècle plus tard, en pleine guerre de Sept Ans, un Britannique un peu ébouriffé débarque à Calais, se rend à Paris et s’aperçoit soudain qu’il est entré en France sans passeport. Il se rend à Versailles, demande audience au ministre des Affaires étrangères Choiseul, et celui-ci veut bien lui faire accorder un sauf-conduit au motif, sans doute, que cet ennemi officiel était plus britannique que nature : l’anecdote longuement développée concerne, on le sait, le « pauvre Yorick », héros du Voyage sentimental de Laurence Sterne. En d’autres occasions, pour les voyages en mer, il suffisait de s’embarquer sur un navire battant pavillon neutre, au risque pourtant de rencontrer un corsaire un peu pirate et médiocrement regardant sur la couleur des oriflammes flottant au vent.
Fort heureusement, si l’on peut dire, on voyageait peu. Si l’on se limite au monde des écrivains français, on note qu’ils sont particulièrement casaniers et que le voyage à l’étranger est rare, sauf voyage involontaire – exil politique pour Voltaire en Angleterre ou salutaire en Italie pour Sade condamné à mort dans sa patrie. Le Grand Tour en Italie lui-même, si commun dans l’aristocratie britannique, n’est guère de leur goût. Un président Charles de Brosses qui se pique de quelque snobisme et qui se passionna plus tard pour le « continent austral » rapporte d’Italie des « lettres familières » qui ne sont pas si communes. L’Académie de France à Rome, où l’on verra un Hubert Robert ou un Fragonard qui se souviendront de l’Italie, est la prison artistique des prix de Rome qui ne songent, pour la plupart, qu’à rentrer au plus tôt à Paris. Le graveur académicien Charles-Nicolas Cochin conduit le jeune Vandières, futur marquis de Marigny, aux fouilles d’Herculanum en méditant de lui donner le goût de l’antique : mission réussie pour celui que sa sœur, la marquise de Pompadour, destine aux fonctions ministérielles les plus hautes dans le domaine des arts. Mais nos écrivains, même s’ils sont attachés au pouvoir ou à quelque pension et sinécure d’importance, brillent par leur absence sur les routes de l’Europe. Depuis le XVIe siècle, la liste serait vite établie des grands écrivains qui allèrent au-delà de leur « pré carré » d’origine : Rabelais et Du Bellay en Italie, mais Ronsard ne voyagea ni vers l’Olympe ni vers le Pinde. Tout le monde connaît l’unique voyage de Montaigne en Italie, par la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche : mais, à part quelques séjours à Paris, ce fut surtout pour ce remuant et actif gentilhomme une tournée thérapeutique des villes d’eau. Les poètes baroques ou burlesques voyagèrent un peu plus, vers l’Italie, de Saint-Amant à d’Assoucy, mais nos grands Classiques échappèrent peu au soleil de la capitale et de Versailles : on allait à la campagne, en banlieue, à Auteuil, et guère plus loin - Boileau, Racine et La Fontaine -, La Bruyère à Chantilly par devoir « domestique » à l’égard des Condé, Mme de Sévigné en Bretagne ou en Provence par nécessité familiale : tous ces beaux esprits ne connurent de carte que celle de Tendre que leur fournissait le Grand Cyrus de Madeleine de Scudéry. Un seul voyageur, qui arpenta durement les chemins de la France profonde, le fit pas nécessité professionnelle : Jean-Baptiste Poquelin s’y forgea la ferme volonté de ne plus quitter Paris et la Cour. Au siècle des Lumières, période de changement, de moyens de locomotions perfectionnés, d’échanges intellectuels internationaux multipliés, de cosmopolitisme revendiqué, on s’attendrait à voir les écrivains sur le chemin de la curiosité viatique. Il n’en fut rien, hélas ! Comme aux siècles précédents, le voyage reste souvent une aventure unique dans leur vie : la tournée européenne de Montesquieu entre 1728 et 1731 le mène de La Brède à l’Angleterre par l’Autriche, la Hongrie, l’Allemagne et la Hollande et le séjour nécessaire en Italie : on imagine ce que le futur auteur de De l’Esprit des lois en tira pour son œuvre et dont témoigne des relations, malheureusement perdues pour l’Angleterre. Entre cette même nation et la Prusse, Voltaire voyagea souvent malgré lui, et sa correspondance allemande montre une assez totale indifférence à un environnement que le cocon francophone et mondain de Sans-Souci lui évitait de respirer de trop près. C’est après avoir été longtemps sollicité que Diderot se rendit chez Catherine II à Saint-Pétersbourg, par la Hollande et par l’Allemagne ; mais Diderot qui n’aimait ni les voyages ni les voyageurs – et Rousseau partageait ce sentiment – se limita à cette unique expédition vers la Sémiramis du Nord. On n’ignore pas les voyages largement involontaires de Rousseau et qui furent rarement des « promenades ». De tout son âge mûr, Marivaux ne quitta jamais Paris, où il voyagea d’ « île des esclaves » en « colonie » sur les scènes des théâtres, quant à Prévost et à Beaumarchais, ils voyagèrent le plus souvent malgré eux : ils n’en ont d’ailleurs donné aucune relation, sauf les lettres tourbillonnantes du second.
Les princes voyagent-ils davantage ? La guerre, comme on le verra dans ce colloque, leur en donne l’occasion. D’autant que l’on ne se bat que pendant la belle saison. Mais un Louis XIV vieillissant laisse aux jeunes princes, le duc de Bourgogne ou Philippe d’Orléans, le soin de pratiquer les routes de la gloire. Louis XV, qui est un monarque pacifique et presque bourgeois dans ses goûts, ira de Versailles à Metz, puis à Strasbourg avant de faire gagner la bataille de Fontenoy par le maréchal de Saxe (1745): il y gagna le surnom de « Bien-Aimé » et ne reparut plus sur le front des troupes. Les équipées de ses maréchaux en Allemagne, de Richelieu à Soubise, ne méritent pas le qualificatif de promenades militaires. Alors que son beau-frère Joseph II parcourt l’Europe à plusieurs reprises, Louis XVI voyage encore moins : sa visite à Cherbourg fut l’occasion de la dernière « entrée royale » de la monarchie française Son ultime voyage qui se termina à Varennes montre que le monarque n’avait aucune pratique de ce type d’activité. Quant aux monarques étrangers, il leur arrive de voyager pacifiquement : le prétexte est souvent de s’informer sur ce qui pourrait être adapté pour leurs propres états ; c’est le but déclaré de Pierre le Grand dans son tour d’Europe (1717) ; sous les noms d’emprunt de comte et de comtesse du Nord, le grand-duc Paul, qui vient d’épouser une princesse allemande Sophie Dorothée de Wurtemberg maintenant Maria-Fedorowna, est envoyé par sa mère, la Grande Catherine, se décrasser de trop de pesanteur péterbourgeoise (1782) ; les princes de Scandinavie font volontiers le voyage de Paris : Christian VII de Danemark (1768) et surtout Gustave III de Suède, coqueluche de la société éclairée de la capitale française (1771). Éminent prince francophone, à défaut d’être francophile, Frédéric de Prusse voyagea beaucoup pour des raisons militaires ; son seul séjour en France fut de deux jours à Strasbourg en août 1740, deux mois après son accession au trône ; il y vint incognito sous le nom de comte du Four accompagné de son frère, le prince Henri, il logea à l’auberge du Corbeau, soupa au « café » un peu crapuleusement et repassa le Rhin le lendemain dans la journée : sa « petite France » toute prussienne, il la bâtit à Sans-Souci.
Les voyages de princes et les relations qu’ils suscitent répondent, en effet, à des impératifs contradictoires. Toute activité aulique est par définition officielle et le prince ne saurait confier à la publicité qu’une suite de moments qui excluent l’improvisation, les avatars de la vie quotidienne et le rugueux contact avec la réalité. Le voyage est, au contraire, la négation même de la vie de Cour et de son étiquette, fût-ce pour des autocrates de modeste surface. Et pourtant ces circonstances hors de la norme sont pour le prince de l’Âge classique les moments uniques où il peut échapper à un rôle qu’on a choisi pour lui. Les campagnes militaires elles-mêmes, qui sont des espèces de vacances un peu sportives pour les princes, ne leur permettent pas - commandements et héroïsme obligent - de se comporter comme le plus humble de leurs sujets qui a le privilège de flâner où bon lui semble. Les princes rêvent d’incognito et d’anonymat: Venise leur plaît par ses masques, ses déguisements, ses nuits où tous les chats sont gris. Que rapporter, par exemple, de ces semaines italiennes qui ont mises entre parenthèses le dur métier de régner? Les plus raffinés se chargent de tableaux, d’objets plus ou moins précieux où l’antiquaille domine, les plus dévots ou les moins imaginatifs se prémunissent contre l’adversité en collectionnant chapelets, saintes reliques et médailles que d’obligeants négociants leur confient contre de l’argent. Car pour les princes chrétiens, le voyage d’Italie qui est le plus répandu combine à la fois le dévot pèlerinage et l’escapade sentimentale dans des lieux qui leur sont généralement interdits: les théâtres privés et les opéras, les promenades et les jardins, les bals et tous les lieux où l’on s’amuse. De toute évidence, il s’agit de sujets qu’il est inutile de publier dans la presse, même si elle tient souvent, comme la Gazette de France ou le Mercure et leurs équivalents étrangers, à suivre ces équipées princières d’une plume très officielle. L’anonymat n’est jamais chose simple pour les princes, et il suffit de consulter les archives de l’administration royale pour mesurer combien une telle volonté de la part de Pierre le Grand posa de problèmes aux services français du protocole : car un prince et plus encore un tsar qui séjournent dans une auberge parisienne ne sont jamais tout à fait incognito.
Les relations de voyage témoignent de cette ambiguïté d’une quête de l’anonymat qui permet seule d’avoir un instant le sentiment d’être, enfin, un homme parmi les hommes et de l’impossibilité pour un prince d’échapper, en même temps, à ce qui est sa fonction naturelle: représenter. Plus ou moins consciemment, dans ce jeu, la souris n’est pas mécontente d’être prise par le chat, et le prince d’être reconnu par ceux devant lesquels il se dissimule, d’ailleurs assez mal, au milieu d’une suite de plusieurs dizaines de personnes et de bagages trop volumineux pour un bourgeois ou pour un marchand. De ces voyages naissent des textes à la signification elle-même équivoque. À côté des relations convenues de gazette, où il ne faut rien rechercher d’autre que des redites d’étiquette et des circonlocutions protocolaires, il existe plusieurs formes de récits manuscrits: la première est une répétition des relations officielles rédigée par tel ou tel secrétaire dans un but qu’il nous appartient d’apprécier, la seconde est un journal parallèle composé par l’un des voyageurs accompagnant le prince; la troisième est un récit original et personnel rédigé par le prince lui-même. Dans ces quelques pages, nous retiendrons des exemples particulièrement éclairants choisis dans quelques voyages de princes allemands.
En effet, le voyage d’éducation (« Studienreise » ou « Bildungsreise »), qu’on n’appelait pas encore « Grand Tour » au XVIIe siècle, faisait partie de la formation des princes allemands, plus sans doute que de celle des princes français qu’on rencontre rarement sur les routes pour autre chose que des équipées guerrières ou d’ennuyeuses entrées solennelles . Appel du Sud pour les Bavarois que la civilisation de l’Italie du Nord marqua tout autant que l’Autriche des Habsbourg? Certainement, mais ce type de pédagogie en action se rencontre aussi chez les princes protestants d’Allemagne, dont l’intérêt se porte d’ailleurs vers l’Italie, comme vers l’industrieuse et docte Hollande, la progressiste Grande-Bretagne et la frivole, mais si capiteuse, capitale du royaume de France. Les princes de Brunswick-Lunebourg dont la réputation de protecteurs des sciences et des arts n’est plus à faire depuis le duc Auguste (August), font leurs caravanes et en rapportent des expériences et des livres qui grossissent la belle bibliothèque de Wolfenbüttel que plus tard Leibniz puis Lessing dirigeront: son fils, le prince Ferdinand-Albert (Ferdinand Albrecht), dont le frère aîné Antoine-Ulrich (Anton Ulrich) traduisit Madeleine de Scudéry et La Calprenède, fait de nombreux voyages en Europe et, entre autres acquisitions pour sa bibliothèque, rapporte des éditions de Corneille ou de Molière achetées à Lyon et à Paris . après avoir assisté aux représentations données par la troupe de « Madame d’Orléans » , par celle du Marais ou par le célèbre comédien-auteur. Mentors de Princes, les intellectuels conduisent volontiers les pas des jeunes aristocrates vers ces contrées dont ils ne mesurent pas toujours les dangers pour leur vertu, sinon pour leurs idées sur le monde: Herder est engagé pour trois ans en 1770 par le prince-évêque de Lübeck afin d’accompagner dans un voyage d’études en Italie, comme « professeur » et « prédicateur de voyage » (« Lehrer » et « Reiseprediger »), son fils aîné, Peter Friedrich Wilhelm von Holstein-Gottorp. Le but qu’on lui assignait - la « formation de son cœur et de son esprit » - correspondait assez exactement à ce qu’était l’ambition, sinon la réalité, de telles expéditions adolescentes, mais le projet ne se réalisa pas. Néanmoins on conviendra que la dignité pastorale et l’expérience de Herder, qui avait navigué l’année précédente de Riga en France et à Paris - ville qui le déçut intellectuellement et qu’il trouva sans agrément (« unbequem ») -, étaient garantes de son jugement et de sa rigueur morale.
Les princes de la Maison de Wittelsbach savaient, eux aussi, compléter par une relation privée manuscrite des voyages pacifiques qu’ils entreprenaient en marge des campagnes militaires faisant partie des obligations de la noblesse d’épée. On en conserve les traces dans les archives privées de la famille et des copies à la Bibliothèque de Munich, ce qui témoigne d’une diffusion modeste sans doute limitée à quelques intimes, comme nous le verrons pour l’électeur Charles-Albert (Karl Albrecht) (1697-1745). Ces journaux rédigés en allemand par les princes ou par des secrétaires correspondent assez exactement à la plupart des récits en français: il s’agit de textes à coloration officielle sans grande fantaisie d’écriture ni de jugement, mais qui pourraient être utiles à quelque historien des mentalités auliques: voyage du duc Albert V en Bohème et en Rhénanie (1562) (cod. germ. 1971); du duc Maximilien en Italie et en Bohème (1593) (cod. germ. 1972); du duc Maximilien-Philippe en Allemagne, Espagne et Pays-Bas (1663) (quatre copies: cod. germ. 1973-1976) et encore en Italie (1665) (cod. germ. 1977), ce prince dont nous reparlerons à propos d’un autre voyage en France; de Philippe-Maurice et de Clément-Auguste, frères de Charles-Albert, en Italie (1716-1719) (cod. germ. 1978), relation rédigée par Urban Heckenstaller; de Charles-Théodore, électeur palatin et de Bavière, en Italie (1774-1775, 1783) (cod. germ. 1980-1981), deux journaux rédigés par Stephan von Stengel.
Le goût de l’électeur Charles-Albert pour ce type de littérature viatique correspond donc à une tradition familiale et à une pratique commémorative qu’il reprend en l’affinant. Car si Charles-Albert est certainement le prince de Bavière qui possède la plume la plus agile parmi toutes celles que nous avons observées, il utilise un moule dont son grand-oncle, par exemple, le duc Maximilien-Philippe (Maximilian Philipp) avait fait usage lors de son voyage en France de 1668: une relation française rapportant à la troisième personne sur un ton d’officielle bonhomie la découverte au ras des réalités quotidiennes d’un monde qui savait combiner rencontres d’auberges et réceptions officielles (Munich, BStB, cod. gall. 536). La même bibliothèque conserve divers manuscrits de l'électeur Charles-Albert, devenu en 1742 l'empereur Charles VII. Ce personnage singulier, amateur d'art, mélomane comme son père Max II Emmanuel et sans doute peu fait pour la politique est éclairé par les deux relations françaises de voyage en Italie dont on possède des copies (1715-1716 et 1737 : Munich, BStB, cod. gall. 927 et 563-937), outre une version allemande du premier voyage rédigée par un secrétaire (Munich, Bayerisches Hauptstaatsarchiv, Abteilung: Geheimes Archiv, Akt-Nr. 713, 718, Faszikel 719 et BStB, Bavar. 4942 p.). Elles étaient à usage privé, comme il était naturel pour des écritures de prince ou pour le prince. Le second, celui de 1737 est de l’invention de l’électeur qui s’y exprime à la première personne : voyage classique dans les lieux consacrés du Grand Tour aristocratique, le périple italien prend toute sa valeur par l'humour dont fait preuve le futur empereur sur les réalités, les fastes et les dévotions de la péninsule. Accompagné de son épouse, Marie-Amélie, une très prude archiduchesse d'Autriche, Charles-Albert pratique le sous-entendu ironique avec un véritable talent. Il passe de la messe à l'opéra comme d'un spectacle à l'autre, et la visite de Lorette - où fut transportée par les anges la maison de Marie à Nazareth - est un petit chef-d'œuvre de naïveté rouée. Le prince transforme cette très banale équipée en une suite de moments délicieusement décalés. Un voyage familial à l’abbaye de Melk en Basse-Autriche pour y rencontrer en 1739 sa belle-mère, l’Impératrice, se transforme là encore en une petite comédie de fantaisie et d’humour mise en scène par un Charles-Albert qui se présente incognito à une femme qu’il n’avait jamais rencontrée, d’où un piquant quiproquo (autographe : Munich, BStB, cod. gall. 857). Mais c’est le voyage lui-même qui témoigne combien, à l’âge du rococo, les voyages princiers, fût-ce les plus intimes, doivent au romanesque aulique qui distingue les princes du commun. On embarque à Munich sur l’Isar que la « petite flotte » princière quitte ensuite sur le Danube ; on s’arrête sur de petites îles au milieu du fleuve pour y passer la nuit, et Charles-Albert décrit cette navigation qui se fait avec « la plus grande commodité du monde » comme un voyage familial et bourgeois à Cythère : « on jouait la comédie, faisait musique et jouait aux cartes » (f. 3), commente-t-il. On pense aux électeurs de Saxe qui remontait l’Elbe depuis Dresde jusqu’aux escaliers de pierre qui donnaient accès au « Wasserpalais » de Pillnitz.
La fin du siècle fut moins arcadienne pour les princes. Le tranquille rituel des voyages en Italie est remis brusquement en question par les événements révolutionnaires. Dès juillet 1789, le comte d’Artois se retrouve à Turin ; ses tantes, Mesdames, s’y rendent en février-mars 1791 ; le comte de Provence est à Vérone en novembre 1793 ; dès août 1792, les prêtres réfractaires sont contraints à l’exil. Au printemps de 1796, Bonaparte envahit l’Italie. Une quarantaine de textes forme le corpus des relations françaises de l’émigration en Italie, tel que l’a établi Gilles Bertrand dans un séminaire récent. Voyages aristocratiques pour l’essentiel, ils sont beaucoup moins nombreux que leurs équivalents en Allemagne. Les documents consistent surtout en correspondances, en notes et en mémoires parfois écrits sous la Restauration. On peut distinguer trois groupes principaux de voyageurs : les premiers sont ceux qui arrivent avec les princes et les suivent plus tard ailleurs (Condé, La Trémoïlle, Vaudreuil, MmeVigée-Lebrun) ; un second groupe correspond à ceux qui séjournent légalement en Italie dans le provisoire d’une situation officielle (diplomates, etc.) (Bernis, Bombelles, Mazenod, La Coste) ; un dernier groupe est constitué par des émigrés qui passent par l’Italie sans s’y arrêter pour un séjour important (Salaberry, Gourbillon). Les points communs de ces relations sont la permanence d’un certain cosmopolitisme, typique des élites d’Ancien Régime, mais aussi l’apparition du sentiment de ne plus avoir de patrie et de la reconstituer dans l’imaginaire. Les conditions habituelles du voyage, « l’école de la vie » selon la définition du chevalier de Jaucourt dans l’article ‘Voyage’ de l’Encyclopédie, cèdent le pas à la peur du voyage et au plaisir de quitter la France. Du voyage ritualisé et voulu, on passe au voyage subi. Une dimension douloureuse s’y peint ; des apprentissages spécifiques et nouveaux tels ceux de chercher du travail ou d’apprendre la langue du pays se substituent au voyage pour le plaisir (Mme de Genlis). Mais certains modèles du Grand Tour se perpétuent ; cette élite cultivée se délecte encore d’œuvres d’art ou de paysages ; l’habitude de dépenser ne se perd pas facilement quand les temps deviennent difficiles. Les relations se contraignent à garder la forme traditionnelle du voyage ; Gourbillon se pique d’imiter les voyages de Chapelle et Bachaumont, modèle du voyage léger et poétique. La découverte de la nature est un effet de mode qui ne disparaît pas non plus. Le voyage philosophique et sociologique, fruit de l’esprit des Lumières, se maintient (Bonstetten). Mais, en général, les relations prouvent l’impossibilité des voyageurs malgré eux de véritablement raconter leurs expériences. Le Grand Tour est détourné en une Italie introuvable, vidée d’elle-même et de ses œuvres où l’on circule de plus en plus difficilement. Petit à petit, le voyage se transforme en séjour. La monotonie s’installe, il n’y a plus rien à écrire (La Mothe-Langon). On redécouvre les charmes de la patrie d’origine perdue. On rêve de voyager chez soi. Le XIXe siècle verra le développement de ces sociétés « archéologiques », où la France se contempla dans sa géographie provinciale et dans son passé. En sens inverse, les voyageurs étrangers qui redécouvrent la France et Paris après la Révolution participent à cette écriture du « déjà-vu » qui brouille les premiers souvenirs : c’est cette nostalgie d’un monde perdu qui hante le récit parisien d’un ancien ami et collaborateur de Grimm et de Diderot, Jacques-Henri Meister.
Il existe évidemment d’autres types de voyages en Europe. Certains poursuivent la tradition de la « peregrinatio academica » médiévale en visitant les Universités du Vieux Continent. C’est une pratique essentiellement germanique qui permet aussi de nourrir son « liber amicorum » de pensées variées, de poèmes et de signatures augustes ou pleines d’avenir. Le strasbourgeois Jean Schweighäuser (1742-1830), future illustration de l’Université de sa ville natale, entreprend entre 1767 et 1769 un voyage européen qui le mène à travers l'Europe du Nord pour l'essentiel protestante: États allemands, Hollande, Angleterre, avec une escapade en France à Paris, où sa première visite est pour la Bibliothèque du Roi. Son Journal de voyage manuscrit a la particularité d’avoir été rédigé dans la langue du pays où il séjournait provisoirement (Strasbourg, BNUS). Ce fait n’est pas anodin, car il rompt avec la tradition des voyages savants qui se satisfaisait naturellement de la langue universelle de l’érudition, le latin. C’était encore la pratique des Mauristes français en plein XVIIIe siècle, alors que, par exemple, l’érudition biblique d’un Richard Simon ou d’un dom Calmet savait s’exprimer dans la langue de Bossuet et de Voltaire. Le Diarium italicum (1702) de dom Bernard de Montfaucon narre le voyage qu’il fit de Lyon en Italie (1698) avec son confrère dom Paul Brioys pour inventorier les bibliothèques de la péninsule et copier les inscriptions antiques. Totalement indifférent au pittoresque des lieux, Montfaucon transforme son « journal d’Italie » en une singulière liste de variantes de manuscrits chrétiens anciens scrutés jour après jour dans les fonds publics ou privés ; car son unique propos, philologique, était de préparer de nouvelles éditions savantes dont les Mauristes s’étaient rendus les spécialistes.
Par un facile contraste, on pourrait évoquer la naissance du tourisme ou voyage « par plaisir » dans les premières décennies du XVIIIe siècle. C’est l’époque aussi où l’on commence à publier systématiquement des guides pour les divers pays de l’Europe. Jusqu’alors, Rome et des lieux de pèlerinage comme Lorette avaient eu presque seuls ce privilège. Maintenant les volumes de Délices – manière significative de désigner les guides - se rééditaient régulièrement, et certains voyages eux-mêmes, comme celui de Maximilien Misson en l’Italie (1691), en faisaient fonction pour les amateurs : ce huguenot français réfugié en Angleterre donnait, on s’en doute, une singulière image de la Rome pontificale ; son Nouveau Voyage d’Italie fut publié en traduction dans l’Allemagne réformée (Herrn Maximilian Missons Reisen aus Holland durch Deutschland in Italien, Leipzig, 1701). Si certains cherchaient encore à justifier l’errance viatique par l’utilité « savante » (Baudelot de Dairval, 1686), des voix s’élevaient contre le danger moral qu’elle représentait pour la jeunesse, en particulier, libérée des contraintes de la vie quotidienne : ce souci, le Suisse Béat de Muralt l’exprime en 1725 dans sa lettre « sur les voyages », et si l’on ne s’étonne pas que Rousseau applaudisse son compatriote, on trouvera plus étrange que Frédéric II lui-même s’y rallie dans une curieuse Épitre en vers « sur les voyages » où il prétend protéger la jeunesse prussienne de la débauche des grandes capitales - Paris et Londres au premier rang - et de la lecture de …Marivaux. Mais il était sans doute trop tard ; le développement des moyens de communication au cours du siècle n’y est pas pour rien ; on peut maintenant, sans grande difficulté, visiter l’Italie jusqu’à la Sicile (Richard Payne Knight,), Grande Grèce que l’on réinvente à la suite d’Herculanum et de la Campanie (Vivant Denon). Ce ne sont plus seulement des « aventuriers » à projets que l’on rencontre sur les routes de la Russie ; les Britanniques découvrent les hautes terres d’Ecosse ; les continentaux inventent le tourisme industriel en Angleterre ou en Italie (Fougeroux de Bondaroy).
Ce sont évidemment les Anglais qui inventèrent encore la montagne, et les Alpes en premier lieu. Jusqu’alors la montagne était un lieu que le voyageur contournait, un monde habité de populations repoussantes, accablées de difformités diaboliques comme les goitres. Les voyageurs qui traversaient les Alpes pour se rendre en Italie étaient contraints de supporter ces précipices affreux, ces déserts glacés qui étaient le prix à payer pour la terre promise : de Montaigne à Montesquieu, le discours est en gros le même. On ne voyait pas la montagne, on la supportait. Quelques universitaires de Berne ou de Zurich amenaient leurs étudiants à la montagne pour des promenades hygiéniques, mais ce fut le poème Die Alpen d’Albrecht von Haller publié en 1731 et rapidement traduit dans les plus grandes langues européennes qui donna le branle à une nouvelle vision, positive et poétique, de la montagne. Les voyageurs anglais du Grand Tour commencèrent à envahir l’Oberland bernois. La Nouvelle Héloïse (1761) passe pour l’œuvre cardinale qui révéla à l’Europe le paysage alpestre décrit par la plume du génie. De fait, sauf dans deux courts passages, les sommets des Alpes en sont absents. De Genève pourtant, on voyait le Mont Blanc. Il fut le lieu où l’alchimie de la montagne et de la littérature se fit totalement pour la première fois. En 1786, son sommet fut vaincu par l’homme, et Horace-Bénédict de Saussure s’en attribua un peu vite la gloire. Scientifiques et artistes composaient l’essentiel des premiers alpinistes, tel William Coxe et ses Sketches of the Natural, Civil and Political State of Swisserland (1779), dont le traducteur Louis-François de Ramond de Carbonnières (1781) fut le père du « pyrénéisme », premier avatar de l’« alpinisme ». La fascination pour la mer de Glace fut pour beaucoup dans la réputation de Chamonix (saut pour Chateaubriand qui n’y vit en 1805 que boue glacée et sale). Un nouveau vocabulaire descriptif en naquit pourtant. La montagne avait besoin de mots nouveaux pour être décrite. La découverte lyrique du Mont Blanc fut pour beaucoup dans la naissance de l’imaginaire de la montagne. Les naturalistes comblèrent la carence lexicale qui rendait jusqu’alors impossible la transposition écrite du spectacle de cette nature. Le patois savoyard servit à désigner un certain nombre de réalités originales de la vie de la montagne et des glaciers. La pratique de l’analogie, habituelle dans le récit viatique, fut portée à son sommet dans ce domaine. Les analogies architecturales s’emparèrent rapidement du discours descriptif et apportèrent une plus-value esthétique à cet univers. Par ailleurs, les naturalistes virent de plus en plus dans la montagne non un raté de la création, mais l’archive de la nature offerte à la vue et à l’interprétation scientifique. Dans une double stratégie de rapprochement et d’éloignement, les descriptions de la montagne évoquaient la ville par sa construction architecturée et les ruines d’un monde englouti, un « cimetière de la nature » qui ne renvoyait à rien de connu. Au tournant des Lumières, la science et la littérature servirent à faire émerger un lieu nouveau du voyage poétique.
Une conclusion pourra, éventuellement, être esquissée. Si, au XVIIIe siècle, le voyage en Europe ne brille pas du feu des expéditions dans la mer du Sud, de la sagesse orientale des « lettres édifiantes » distillée de Chine « ad majorem Dei gloriam », d’un Proche-Orient dont l’image va être renouvelé autant par un Volney que par un Bonaparte, il reste un laboratoire d’idées et de sensations, de découvertes et de redécouvertes qui fait de ce dernier siècle de l’Ancien Régime, avant l’ère des Nationalismes, le témoin d’un continent qui construisait enfin son image.

Voyages d’Europe

Bibliographie indicative et annotée

Bibliographies spécialisées

Bertrand, Gilles, Bibliographie des études concernant le voyage en Italie. Voyage en Italie, voyage en Europe, XVIe-XXe siècle, in Les Cahiers du CRHIPA, n° 2, Grenoble, 2000.

Castiglione Minischetti, Vito ; Dotoli, Giovanni ; Musnik, Roger, Bibliographie du voyage français en Italie du Moyen Âge à 1914, Fasano, Schena Editore, Paris, Presses de l’Université de Paris Sorbonne, 2002, 543 p. (coll. « Biblioteca di Ricerca. Bibliographica » 3) [classement chronologique et localisation des exemplaires].

Marciari, John, Grand Tour Diaries and other Travel Manuscripts in the James Marshall and Marie-Louise Osborn Collection, in The Yale University Library Gazette, Occasional Supplement 2, January 1999 [catalogue annoté de la collection de manuscrits sur le voyage en Europe du XVIe siècle à nos jours formée par James Osborn et conservée à la Beinecke Rare Book and Manuscript Library].

Pescarzoli, Antonio, I Libri di Viaggio e le Guide della raccolta Luigi Vittorio Fossati Bellani. Catalogo descrittivo, Roma, 1957 [réimpresssion : 1995], 3 vol. [description de près de 4000 livres de voyages et de guides concernant l’Italie depuis les origines de l’imprimerie, plus 281 relations de « pays divers »].

Pico, Berta et Dolores Corbella, Viajeros franceses a las Islas Canarias. Repertorio bio-bibliográfico y selección de textos, [La Laguna], Instituto de Estudios Canarios, 2000, LXII-431 p., ill. (coll. « Monografía » LXII) [voyages aux Canaries, escales espagnoles entre l’Europe et l’Amérique].

Textes

[Antoine, Jacques-Denis] Bräm, Andreas éd., Jacques-Denis Antoine-Reisetagebuch. Ein französicher Architekt auf Italienreise (1777-1778).Kritische Edition des Reisetagbuches mit einer Einführung ins architektonische Werk, Bern, Berlin, etc., Peter Lang, 2004 (Coll. « Neuer Berner Schriften zur Kunst » 7) [Lyon, Turin, Vérone, Venise, Rome. Édition du voyage de l’architecte J.-D. Antoine (1733-1801) d’après le manuscrit du Carnet de voyage (1778-1779) conservé à la bibliothèque de l’Institut de France, ms. 1913].
Aulnoy, Marie- Catherine, comtesse d’, Relation du voyage d’Espagne, Maria Susana Seguin éd., Paris, Desjonquères, 2005 [d’après l’édition de 1691].
Banks, Joseph, « Journal of a Tour in Holland, 1773, edited by Kees van Streen », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, SVEC 2005 :1, p. 79-220 [l’ancien compagnon de Cook et le tourisme culturel en Hollande : édition savante du manuscrit inédit conservé à Sydney, Dixson Library, ms. 101, et de quelques lettres sur le même sujet].
Berlioz, Hector, Mémoires, comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, Paris, Michel Lévy, 1870 [voyage de 1832].
[Bieliński, Franciszek] Donderi, Bruno, « Franciszek Bieliński in Sicilia », Bolletino del CIRVI, gennaio-giugno 2007, 55, anno XXVIII, fascicolo I, p. 85-107, 2 ill. [édition d’un extrait du manuscrit inédit en français conservé à la Bibliothèque de l’Académie des Sciences de Cracovie, ms. 667 : Pot Pourri. Voyage en Europe de quatre ans (ms. 662, 667, 668 et Jagellonne 4279), dont 1791 en Italie et à Malte par un dilettante polonais féru d’archéologie et d’histoire naturelle].
Blaikie, Thomas, Sur les traces d’un jardinier. Journal de voyages 1775-1792. Traduit de l’anglais par Janine Barrier, Paris, Les Éditions de l’Imprimeur, 1998, 304 p., 40 ill. [un botaniste écossais qui étudie la flore des Alpes et imagine le jardin de Bagatelle].

Bonnecaze, Jean et Racq, Jean-Pierre, Voyage de deux pèlerins à Compostelle au XVIIIe siècle, présenté et annoté par Christian Desplat et Adrian Blazquez, [Pau], Cairn Éditions, 1998, 195 p., ill. (coll. « Pour mémoire ») [petit pèlerinage des Lumières].

Bonstetten, Charles-Victor de, Italiam! Italiam! Charles-Victor de Bonstetten redécouvert. Revu et traduit de l’allemand par Antje Kolde, Doris Walser-Wilhelm et Peter Walser-Wilhelm éd., Bern, Berlin, Frankfurt/M., New York, Paris, Wien, Peter Lang, 1996 [les trois voyages d’un Suisse en Italie: 1773-1774, 1802-1803, 1807-1808 et les Souvenirs d’Italie, 1831].

Brosses, Charles de, Lettres familières. Texte établi par Giuseppina Cafasso. Introduction, notes et bibliographie par Letizia Norci de Azevedo, Naples, Centre Jean Bérard,, 1991, 3 vol. [l’édition de référence].

Brydone, Patrick, Voyage en Sicile et à Malte, Amsterdam et Paris, Pissot, 1775, 2 vol. [lettres à William Beckford traduites de l’anglais par J. N. Demeunier. La découverte de la Grande Grèce]

[Chateaubriand] Rigoli, Juan, Le Voyageur à l’envers. Montagnes de Chateaubriand ? Suivi de l’édition du Voyage au Mont-Blanc et du Voyage au Mont Vésuve, Genève, Droz, 2005, 160 p. [un singulier imaginaire des montagnes].

Cochin, Charles-Nicolas, et Bellicard, Observations sur les antiquités de la ville d’Herculanum. Présentation et notes d’Édith Flamarion et Catherine Volpilhac-Auger, Saint-Étienne, Publications de l’Université, 1996 (Coll. « Lire le Dix-Huitième Siècle ») [récit d’un voyage en tiers avec le marquis de Vandières, frère de Mme de Pompadour et directeur des Bâtiments. D’après l’édition de 1754]

Denon, Dominique-Vivant, Voyage en Sicile, Paris, Didot l’aîné, 1788 (réédition : Le Promeneur, 1993).
-, Pages d’un journal de voyage en Italie (1788). Édition présentée et annotée par Elena del Panta, Paris, 1998 [édition originale d’après le ms. conservé à Forli, Biblioteca comunale, Fondo Piancastelli]

Diderot, Denis, Voyage de Hollande. Observations sur Hemsterhuis. Réfutation d’Helvétius, in Œuvres complètes, Paris, Hermann, 2004, t. XXIV.

Du Bocage, Marie-Anne, Lettres sur l’Angleterre et la Hollande, Saint-Pierre-de-Salerne, Gérard Monfort, 2005 [quinze lettres de 1750 à sa sœur par cet écrivain voyageur des Lumières. Pas de préface, quelques notes].

Dupaty, Charles, Lettres sur l’Italie en 1785, Paris, De Senne, 1788 [un autre président de Parlement en Italie]

Erdmannsdorff, Friedrich Wilhelm von, Kunsthistorisches Journal einer fürstlichen Reise nach Italien 1765/66 aus dem Französischen übersetzt, erläutert und herausgegeben von Ralf-Torsten Speler, München/Berlin, Deutscher Kunstverlag, 2001[traduction allemande commentée du récit de voyage français en Italie écrit par l’architecte et conseiller du prince Léopold d’Anhalt-Dessau pour qui il dessina le parc paysager à l’italienne de Görlitz]

Fonvizine, Denis, Lettres de France (1777-1778), traduites du russe par Henri Grosse, Jacques Proust et Piotr Zaborov. Préface de Wladimir Berelowitch, Paris, CNRS Editions; Oxford, Voltaire Foundation, 1995 (coll. "Archives de l'Est") [un Russe des Lumières à Paris]

Goethe en Suisse et dans les Alpes (1775, 1779, 1797). Édition et notes de Christine Chiadò Rana, Chêne-Bourg/Genève, Georg, 2003, 272 p. ill. [journaux et œuvres poétiques inspirés à Goethe par la Suisse]

[Guerrini, Pietro] Il Viaggio in Europa di Pietro Guerrini (1682-1686). Edizione della corrispondenza e dei disegni di un inviato di Cosimo III dei Medici. A cura di Francesco Martelli. I. Carteggio con Apollonio Bassetti. II : Disegni e indici, Firenze, Leo S. Olschki, 2005, 2 vol. [voyage illustré en Italie septentrionale, Suisse, Allemagne, Pays-Bas espagnols, Hollande, France et Angleterre d’un curieux et d’un amateur. Manuscrit inédit conservé à l’Archivio di Stato di Firenze, Mediceo del Principato 6390].

Gury, Jacques (éd.), Le Voyage Outre-Manche. Anthologie des voyageurs français de Voltaire à Mac Orlan du XVIIIe au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, 1999, 1207 p. (coll. « Bouquins ») [anthologie thématique].

Jones, Thomas, Journal de voyage à Rome et à Naples 1776-1783. Traduit de l'anglais par Isabelle Baudino et Jacques Carré, Paris, Gérard Monfort, 2001 [traduction des Memoirs of Thomas Jones, paysagiste gallois. Plus qu'un voyage, l'histoire d'une vie basse et sans lustre d'un artiste sans illusion]

Lalande, Jérôme de, Voyage d’un Français en Italie fait dans les années 1765 et 1766, Paris, Desaint, 1769, 8 vol. [une encyclopédie de l’Italie].

La Porte, Joseph de, Le Voyageur français, Paris, Moutard, 1765-1795 [une compilation dont les t. 25 à 28 sont consacrés à l’Italie].

Le Maistre, Charles, Voyage en Allemagne, Hongrie et Italie 1664-1665, Patricia et Orest Ranum éd., [Paris], L’Insulaire, 2003 [d’après le ms. Add. 19, 568 de la British Library, un janséniste parisien à travers l’Europe].

Lessing, Gotthold Ephraim, Tagebuch der italienischen Reise. Faksimile-Ausgabe herausgegeben von Wolfgang Milde, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 1997, 143 p., ill. (Coll. « Wolfenbütteler Schriften zur Geschichte des Buchwesens », Bd. 28) [reproduction en fac-similé et transcription du manuscrit du carnet de voyage en Italie rédigé par Lessing en 1775. L’original est conservé à la Staatsbibliothek zu Berlin- Preussischer Kulturbesitz, Lessing-Sammlung, Nr. 37]

Misson, Maximilien, Nouveau Voyage d’Italie, fait en l’année 1688, avec un mémoire contenant des avis utiles à ceux qui voudront faire le même voyage, La Haye, H. van Bulderen, 1691, 2 vol.
-, Viaggio in Italia, Gianni Eugenio Viola trad., introduction de Letizia Norci Cagiano, Palermo, L’Epos, 2007 [traduction de Gianni Eugenio Viola. Introduction de Letizia Norci Cagiano. Le guide par excellence de l’Italie entre XVIIe et XVIIIe siècles : le Nouveau Voyage d’Italie, d’après l’édition de La Haye, 1717].

[Mniszech] Bratun, Marek, « Paris aux yeux des jeunes Sarmates éclairés en 1766-1767 d’après une correspondance inédite de Joseph et Michel-Georges Mniszech », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, n° 371, 1999, p. 257-274 [dans le fonds Lebaudy de la Bibliothèque municipale de Versailles, correspondance des deux aristocrates polonais avec leur mère, en français, reproduite en annexe].

Montaigne, Michel de, Journal de voyage en Italie, Fausta Garavini éd., Paris, Folio-Gallimard, 1983 [encore excellente édition].

Montesquieu, Charles-Louis de Secondat, baron de, Voyages, Paris, Arléa, 2003 [le tour d’Europe de l’auteur des Lettres persanes]
-, Geographica, vol. IX des Œuvres complètes, Catherine Volpilhac Auger éd., Oxford, Voltaire Foundation, 2007 [extraits et notes de lecture de voyageurs en particulier et de compilateurs : Addison, J.-F. Bernard, Dampier, Du Halde, Bernier, Lettres édifiantes et curieuses].

[Payne Knight, Richard] Ponte, Alessandra, Le Paysage des origines. Le Voyage en Sicile (1777) de Richard Payne Knight, Besançon, Les Editions de l'Imprimeur, 1998, 262 p., ill. ( coll. «Jardins et paysages») [Traduction du Voyage en Sicile (1777) et de la Lettre de Rome à George Romney (1776), suivie de l'analyse d'A. Ponte: architecture pittoresque, pittoresque accidentel, physiognomonie du paysage, morphologie des arbres, etc.].

Pitteloud, Antoine éd., Voyage en Valais, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2005 [Anthologie illustrée].

[Platter] L’Europe de Thomas Platter. France, Angleterre, Pays-Bas 1599-1600 (Le Siècle des Platter III), Introduction et commentaire historique par Emmanuel Le Roy-Ladurie. Traduction par Emmanuel Le Roy-Ladurie et Francine-Dominique Liechtenhan, Paris, Fayard, 2006, 637 p. ill. et cartes [Suite du voyage de Thomas II Platter (1574-1628), de la célèbre dynastie bâloise, dans l’Europe du Nord savante et pré-capitaliste du tournant du siècle. Traduction de l’allemand].

Reichler, Claude, et Ruffieux, Roland (éd.), Le Voyage en Suisse. Anthologie des voyageurs français de la Renaissance au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, 1998, 1745 p. (coll. « Bouquins »).

Sade, Donatien Alphonse François, marquis de, Voyage d'Italie, Paris, Fayard, 1995, I: édition établie et présentée par Maurice Lever. II: dessins de Jean-Baptiste Tierce. Choix des œuvres et des légendes par Maurice Lever. Notice sur Tierce par Olivier Michel, 2 vol. [première édition illustrée].

Rotrou, François-Michel de, Voyage d’Italie 1763, [Châtenay-Malabry], Alteredit, 2001 [le voyage inédit d’un auditeur des comptes : voir Rome et Naples, Lorette et Venise, Voltaire aux Délices. Récit primesautier adressé à un ami. Publié par G. de Rotrou].

Sade, Donatien Alphonse François, marquis de, Voyage d'Italie, Paris, Fayard, 1995, I: édition établie et présentée par Maurice Lever. II: dessins de Jean-Baptiste Tierce. Choix des œuvres et des légendes par Maurice Lever. Notice sur Tierce par Olivier Michel, 2 vol.

Saint-Non, Jean-Claude Richard, abbé de, Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile, Paris, Clousier, 1781-1786, 4 vol. [la Grande Grèce redécouverte par des artistes].

Saussure, Horace-Bénédict de, Voyage dans les Alpes. Édité et présenté par Julie Boch, Chêne-Bourg/Genève, Georg, 2002, 299 p. , ill. (coll. « Le Voyage dans les Alpes ») [découverte de la montagne ].

Spon, Jacob, Voyage d’Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant 1678. Textes présentés et édités sous la direction de R. Étienne, Paris, Honoré Champion, 2004 (Coll. « L’Atelier des voyages » 2) [un grand classique revisité des voyages archéologiques. Édition originale : Lyon, Antoine Cellier fils, 1678, 3 vol.].

Stendhal (Henry Beyle dit), Promenades dans Rome, Victor Del Litto éd., Paris, Gallimard, « Folio Classique », 1997 [édition originale : Paris, Michel Lévy frères, 1858 ; dans « Pléiade », 1973].
-, Rome, Naples et Florence en 1817, Paris, Egron, 1817 [réédition dans « Pléiade », 1973].
- Voyages en France, Victor Del Litto éd., Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1992 [réunit : Mémoires d'un touriste, Voyage en France et Voyage dans le Midi de la France - Contient un choix d'articles sur les Mémoires d'un touriste extraits de diverses revues, 1838-1840.
-, Voyages en Italie, Victor Del Litto éd., Paris, Gallimard, « La Pléiade », 1973 [voyages et séjours en 1800-1801, 1811, 1813, 1814-1821, 1828].

Tarde, Jean, A la rencontre de Galilée : deux voyages en Italie. Préface et notes de François Moureau Texte établi par François Moureau et Marcel Tetel, Genève, Slatkine, 1984, 111 p. (« Biblioteca del Viaggio in Italia. Testi » 22) [deux voyages scientifiques français en Italie entre 16e et 17e siècles : 1593, 1614-1615].

Voyages badins, burlesques et parodiques du XVIIIe siècle Jean-Michel Racault éd., Publications de l’université de Saint-Étienne, 2005, 301 p. (coll. « Lire le Dix-Huitième Siècle ») [pour l’essentiel, prosimètres : Chapelle et Bachaumont ; Relations du royaume de Candavia (1715) ; Le Franc de Pompignan ; Neil ; Bertin ; Parny ; Dougados].

Quelques guides et traités sur le voyage

Almanach parisien en faveur des étrangers et des personnes curieuses. Présenté par Daniel Roche, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2001 (coll. « Lire le Dix-huitième siècle ») [reproduction préfacée d’un des guides parisiens les plus répandus, édité de 1761 à 1801 par Pons-Augustin Alletz et Hébert. Édition de 1776].

Baudelot de Derval, Charles-César, De l’utilité des voyages et de l’avantage que la recherche des antiquités procure aux savants, Paris, Pierre Auboüin et Pierre Emery, 1686, 2 vol. [la théorie du voyage savant].

Berchtold, Leopold von, Essai pour diriger et étendre les recherches des voyageurs qui se proposent l’utilité de leur patrie, Paris, Du Pont, 1789, 2 vol. [traduit de l’anglais par Charles-Philibert de Lasteyrie].

Breuillot, Martine et Thomas Beaufils, éd., Le Guide de voyage au fil de Rhin et ailleurs .., Actes de la Journée d'Études du 19 mars 2004, Département d'Études Néerlandaises et Néo-helléniques, Strasbourg, Université Marc Bloch Strasbourg II, 2005.

[Cassini, Jean-Dominique], Manuel de l'étranger qui voyage en Italie. Contenant les détails de la position des lieux, de leurs distances, des routes de communication, du nombre & du prix des postes, des curiosités qui se trouvent dans chaque ville, comme les tableaux les plus célèbres, les plus beaux morceaux de sculpture, les antiquités, les cabinets, bibliothèques, &c., avec des cartes particulières des principales routes, Paris, Veuve Duchesne, 1778.

Chabaud, Gilles, « Les guides des villes et capitales européennes de la bibliographie à l’histoire : le cas de Rome », Revue française d’Histoire du livre, n° 112-113, 3e et 4e trimestre 2001, p. 227-241
-. et Cohen, Evelyne; Coquery, Natacha ; Penez, Jérôme (textes réunis et publiés par), Les Guides imprimés du XVIe au XXe siècle. Villes, paysages, voyages, Paris, Belin, 2000, 704 p., ill. (coll. « Mappemonde ») [recueil d'articles monographiques et thématiques sur les guides: colloque de l'université Paris VII, décembre 1998]

Estienne, Charles, La Guide des chemins de France, Paris, Charles Estienne, 1552 [le premier guide en français].

Muralt, Béat-Louis de, Lettres sur les Anglais et sur les Français et sur les voyages, Genève, Fabri et Barillot, 1725 [le voyage corrupteur]

[Playstowe, Philip] Barber, Giles, « Philip Playstowe's Gentleman's guide on his tour through France », L'Invitation au voyage. Studies in honour of Peter France. Edited by John Renwick, Oxford, Voltaire Foundation, 2000, p. 165-173 [un guide de 1766].

Rogissart, de, Les Délices de l’Italie ou Description exacte de ce pays, de ses principales villes et de toutes les raretés qu’il contient, Leyde, P. Van der AA, 1706, 4 vol.

Rossetti, Sergio, Rome. A Bibliography from the invention of printing trough 1899. I : The Guide Books, Firenze, Leo S. Olschki, 2000 (coll. «Biblioteca di Bibliografia italiana » 169) [bibliographie des guides de Rome, des origines de l’imprimerie à 1899].

Saint-Maurice, Alcide de, Le Guide fidèle des étrangers dans le voyage de France, Paris, Étienne Loyson, 1672 [avec carte]

Études

Ammouche-Kremers, Michèle, « Des Anglais à Paris au XVIIIe siècle », dans Marie-Christine Kok Escalle (dir.), Paris : de l'image à la mémoire. Représentations artistiques, littéraires, socio-politiques, Amsterdam et Atlanta, Rodopi, 1997, p. 73-88. (coll. « Faux-titre », 122).

Augry, Muriel, « L’Italie de Duclos : le témoignage d’un libertin », Franco-Italica, n° 7, 1995, p. 275-286 [le voyage en Italie de l’auteur des Confessions du comte de ***].

Baridon, Michel, Naissance et renaissance du paysage, Arles, Actes Sud, 2006.

Berelowitch, Wladimir, « Europe ou Asie? Saint-Pétersbourg dans les relations de voyages occidentaux », dans Sergueï Karp et Larry Wolff éd, Le Mirage russe au XVIIIe siècle, Ferney-Voltaire, Centre international d'étude du XVIIIe siècle, 2001.

Bernardini, Luca éd., Polacchi a Firenze. Viaggatori e residenti, Firenze, Nardini, 2005 (Coll. « Travellers ») [texte en italien et traductions anglaise et polonaise sur les Polonais à Florence].

Bertrand, Gilles, Le Grand Tour revisité : pour une archéologie du tourisme : le voyage des Français en Italie, milieu XVIIIe siècle – début XIXe siècle, Rome, École française de Rome, 2008, 791 p., ill. [une somme].

Black, Jeremy, France and the Grand Tour, Houndsmills et New York, Palgrave Macmillan, 2003, XII-234 p. [l’expérience du tourisme à l’anglaise d’après des sources d’archives].

Bossi, Maurizio et Claudio Greppi éd., Viaggi e scienza. Le instruzioni scientifiche per i viaggatori nei secoli XVII-XIX, Firenze, Leo S. Olschki, 2005 [diverses sections d’instructions scientifiques aux voyageurs entre le XVIIe et le XIXe siècle : la montagne, la Toscane, la représentation visuelle, l’histoire naturelle, l’ethnographie et l’anthropologie].

Bouquillard, Jocelyn, La Résurrection de Pompéi. Dessins d’archéologues des XVIIIe et XIXe siècles, Arcueil, Anthèse, 2000 [François Piranèse, Charles-François Mazois, Aubin-Louis Millin, le comte de Clarac, Henri Labrouste, Pierre Gusman, d’après les collections du Département des Estampes de la BnF].

Bourel, Dominique, « De Dessau à Paris : un voyage des princes d’Anhalt, 1765-1768 », Formen der Aufklärung und ihrer Rezeption. Expressions des Lumières et de leur réception. Festschrift zum 70. Geburtstag von Ulrich Ricken, Reinhard Bach, Roland Desné, Gerda Hassler éd., Tübingen, Stauffenburg Verlag, 1999, p. 53-58 [ms. à la Staatsbibliothek de Dessau]

Brizay, François, Touristes du Grand Siècle : le voyage d’Italie au XVIIe siècle. Paris, Belin, 2006 [utile pour débuter].

Bratun, Marek, « Paris aux yeux des jeunes Sarmates éclairés en 1766-1767 d’après une correspondance inédite de Joseph et Michel-Georges Mniszech », Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, n° 371, 1999, p. 257-274 [dans le fonds Lebaudy de la Bibliothèque municipale de Versailles, correspondance des deux aristocrates polonais avec leur mère, reproduite en annexe].

Candaux, Jean-Daniel, « Deux jeunes patriciens genevois saisis par l'Italie, 1784-1785 », Genève et l'Italie. Mélanges publiés à l'occasion du 80e anniversaire de la Société genevoise d'Études italiennes, Angela Kahn-Laginestra éd., Genève, 1999, p. 215-222.
-, « Le voyage minéralogique dans la France des Lumières », Le Voyage en France 1750-1914. Colloque de Compiègne 30 et 31 mai 1997, Jean-Denys Devauges et Didier Masseau éd., Compiègne, Société des amis du Musée national de la voiture et du tourisme, Château de Compiègne, novembre 2000, p. 29-33.

Cavallini, Concetta, ‘Cette belle besogne’. Etude sur le Journal de voyage de Montaigne, avec une bibliographie critique. Préface de Philippe Desan, [Fasano, Paris], Schena Editore, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 2005 [histoire de l’édition et problèmes posés par le texte].

Collini, Silvia ; Vanonni, Antonella éd., Les Instructions scientifiques pour les voyageurs (XVIIe-XIXe siècle), Paris, L’Harmattan, 2005 [anthologie précédée d’une solide introduction].

Courcelles, Dominique de, éd., Nature & paysages. L’émergence d’une nouvelle subjectivité à la Renaissance, Genève, Droz, 2007, 300 p. (coll. « Études et rencontres de l’École des chartes » 24).

Devauges, Jean-Denys ; Masseau, Didier éd., Le Voyage en France 1750-1914. Colloque de Compiègne 30 et 31 mai 1997. Société des amis du Musée national de la voiture et du tourisme, Château de Compiègne, novembre 2000.

Doiron, Normand, L'Art de voyager. Le déplacement à l'époque classique, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval; Paris, Klincksieck, 1995, 260 p. [synthèse importante]

Roi, Librairie des Arts et Métiers, Léonce Laget, 1997 (Coll. « Archives de l’Art français », Nouvelle Période, t. XXXIII) [les dessins d’un sculpteur élève de l’Académie de France à Rome]

Figeac Michel et Jaros aw Dumanowki éd., Noblesse française et noblesse polonaise. mémoire, identité, culture XVIe-XXe siècles, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2006 [Ch. I : Noblesse française, noblesse polonaise : voyages et échanges].

Gergely, Fejérdy, « Les voyageurs francophones en Hongrie au XVIIIe siècle », Verbum. Analecta neolatina, 2000/1, p. 9-32 [Montesquieu, Chamillard de l'Homeau, prince de Bauffremont, Flachat, Feller, Zorn de Bulach, Le Roy de Lozenbrune].

Giddey, Ernest, Hors des chemins battus. Le passage en Suisse de quelques voyageurs anglais peu conventionnels, Le Mont-sur-Lausanne, Éditions Ouverture/ Fondation Ouverture, juillet 1998, 147 p. [sept voyageurs de Thomas Blaikie à Llewelyn Powis].

Gorbatov, Inna, «Le voyage de Diderot en Russie», Études littéraires, 38, 2-3, hiver 2007, p. 215 s.

Guidorizzi, Ernesto, Immagini di Goethe dall’Italia, Moncalieri, Edizioni del CIRVI, 2007 (Coll. « Biblioteca dell Viaggio in Italia. Studi » 79)

Guyot, Alain, « Récréation, devoir et chant du monde. Pour une poétique du voyage et de son récit chez Théophile Gautier », Revue des Sciences humaines, 2005-1, n° 277 : « Panorama Gautier », Sarga Moussa et Paolo Tortonese éd., p. 89-114.
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Hénin, Emmanuelle, « Rome, un lieu commun ? Usage et usure du topos dans les récits des voyageurs français à Rome au XVIIe siècle », R.H.L.F., juillet-septembre 2004, 104e année, n° 3, p. 597-619 [avec une utile bibliographie des voyageurs].

Knopper, Françoise et Alain Ruiz éd., Les Voyageurs européens sur les chemins de la guerre et de la paix du temps des Lumières au début du XIXe siècle, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2006, 425 p.

Koziïska-Donderi, Diana, I Viaggi dei Polacchi in Italia attraverso i secoli, Moncalieri, Edizioni del CIRVI, 2006 [voyageurs polonais en Italie].

Kroh, Aleksandra, Jean Potocki, voyage lointain, Paris, L’Harmattan, 2005, 256 p. [un grand voyageur polonais du XVIIIe siècle au service de la Russie].

Lacoste, Jean, Le Voyage en Italie de Goethe, Paris, PUF, 1999 (Coll. « Perspectives germaniques ») [utile synthèse]

Leibesteder, Mathias, Das Kavalierstour. Adlige Erziehungsreisen im 17. und 18. Jahrhundert, Köln, Weimar, Wien, Böhlau, 2004 (Coll. « Beihefte zum Archiv für Kulturgeschichte» 56) [le Grand Tour aristocratique des Allemands aux XVIIe et XVIIIe siècles]

Leoni, Sylviane éd., Charles de Brosses et le voyage lettré au XVIIIe siècle, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2004 (Coll. « Écritures ») [Brosses en Italie, mais aussi Misson, Stendhal, Mme de la Briche, le Groupe de Coppet, voire Diderot et Voltaire]

Levraud, Jean-Pierre, « La lieue de Montaigne. Petit préalable à la lecture du Journal de voyage, aperçu sur les distances, les durées, les chemins, les cartes, les guides », Bulletin de la Société des Amis de Montaigne, juillet-décembre 1999, p. 99-122 |mesure du voyage].

Lope, Hans-Joachim éd., Antonio Pons (1725-1792), Frankfurt/Main, Berlin, Bern, New York, Paris, Peter Lang, 1995 [colloque hispano-allemand tenu à Wolfenbüttel en 1992 sur l’auteur du Viaje de España et du Viaje fuera de España].

Losfeld, Christophe, « Les récits de voyage ou le reflet brisé de la représentation des vecteurs de l’Aufklärung. Joachim Heinrich Campe et Gehrard Anton von Halem à Paris (1789-1790)», The Enlightenment in Europe. Les Lumières en Europe. Aufklärung in Europa/Unity and Diversity. Unité et Diversité. Einheit und Vielfalt, Werner Schneiders éd., Berlin, Berliner Wissenschaft Verlag, 2003, p. 311-328 [un pasteur et un fonctionnaire allemands dans la France du début de la Révolution ]

Lund, Hans Peter, « L’art et la réalité dans les Voyages de Gautier », Revue des Sciences humaines, 2005-1, n° 277 : « Panorama Gautier », Sarga Moussa et Paolo Tortonese éd., p. 115-134.

Magri-Mourgues, Véronique, « Corinne et le voyage », in Lectures de Corinne ou l'Italie de Germaine de Staël, Jean-Marie Seillan éd., Nice, Université de Nice-Sophia Antipolis, 2000, p. 11-25 [le voyage, une clé du roman de Mme de Staël]

Martinet, Marie-Madeleine, Le Voyage d'Italie dans les littératures européennes, Paris, PUF, 1996 [étude comparée]

Marty, Michel, Voyageurs français en Pologne durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Écriture, Lumières et altérité, Paris, Honoré Champion, 2004 (Coll. « Les Dix-Huitièmes Siècles » 80) [une autre forme de Grand Tour]

Mondot, Jean, «Un franc-maçon allemand à Paris en 1787 ou le voyage de raison de Johann Joachim Christoph Bode », L’Allemagne et la France des Lumières/Deutsche und Französische Aufklärung. Mélanges offerts à Jochen Schlobach par ses élèves et amis, Michel Delon et Jean Mondot éd., Paris, Honoré Champion, 2003, p. 185-204

« Montaigne et Goethe : regards sur l’Italie », Bulletin de la Société des Amis de Montaigne, VIIIe Série, n° 25-26, janvier-juin 2002, p. 13-93.

Moureau, François, « Esprit philosophique et Révolution : le voyage de Meister à Paris (1795) », Voyage et Révolution. II. Viaggi di uomini e di idee al tempo della Rivoluzione. A cura di Emanuele Kanceff, Genève, Slatkine, 1993, p. 291-311.
-, « Lumières et ombres portugaises chez quelques voyageurs français de la seconde moitié du XVIIIe siècle », Literatura de viagem. Narrativa, historia, mito, A. M. Falcão, M. T. Nascimiento, M. L. Leal éd., Lisboa, Edições Cosmos, 1997, p. 197-206.
-, « Pèlerinage à Marie : Lorette dans la littérature de voyage (XVIe-XVIIIe siècles) », Revue de l'Institut de Sociologie, Université libre de Bruxelles, 1998/1-2 (2000) : «L'écrivain voyageur : le pèlerinage littéraire », p. 11-27 [une visite nécessaire à tout bon voyageur en Italie]
-, « Leçons de voyage : Studienreisen de princes allemands à l’Âge baroque et rococo », La Formazione del Principe in Europa dal Quattrocento al Seicento. Un tema al crocevia di diverse storie, Paolo Carile éd., Roma, Aracne, 2004, p. 295-307 [relations de princes luthériens et catholiques en France et en Italie].
- Le Théâtre des voyages Une scénographie de l’Âge classique, Paris, PUPS, 2005, 584 p. (coll. « Imago mundi » 11) [études sur de nombreux voyageurs des 17e et 18e siècles].
-, « Voyage d’Europe au XVIIIe siècle », Les Voyageurs européens sur les chemins de la guerre et de la paix du temps des Lumières au début du XIXe siècle, Françoise Knopper et Alain Ruiz éd., Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2006, p. 15-32.
-, « La Prusse de Voltaire d’après sa correspondance », Voltaire und Europa. Der interkulturelle Kontext von Voltaires Correspondance, Brigitte Winklehner éd., Tübingen, Stauffenburg Verlag, 2006, p. 133-145.

Moureau-Martini, Ursula, « Le Voyage savant, à propos du Journal de voyage de Jean Schweighäuser (1767-1769) », Visualisation, édité par Roland Mortier, Berlin, Berlin Verlag Arno Spitz GmbH, 1999, p. 211-215 [un universitaire alsacien à travers l’Europe]

Moussa, Sarga, « Une rhétorique de l'altérité ; la représentation de la Suisse dans le Journal de voyage de Montaigne », Montaigne. Journal de voyage en Alsace et en Suisse. Actes du Colloque de Mulhouse-Bâle réunis par Claude Blum, Philippe Derendinger et Anne Toia, 12 juin 1995, Paris, Honoré Champion, 2000, p. 3-29.

Norman,, Brian, The Influence of Switzerland on the life and writing of Edward Gibbon, Oxford, Voltaire Foundation, SVEC 2002:03, XVI-176 p. [en particulier étude de sa relation française : « Journal de mon voyage dans quelques endroits de la Suisse » (1755) : BL, Add. Mss. 34,875, vol. 2].

Ponte, Alessandra, Le Paysage des origines. Le voyage en Sicile de Richard Payne Knight (1751-1824), Paris, Les Éditions de l’Imprimeur, 1998 [voyage en Sicile d’un dilettante anglais accompagné des deux peintres Charles Gore et Philipp Hackert, 1777 : traduction de la relation par Danièle Berdoux et étude].
Rees, Joachim; Winfried Siebers, Winfried; Tilgner, Hilmar éd., Europareisen politisch-sozialer Eliten im 18. Jahrhundert. Theoretische Neurorientierung – Kommunikative Praxis – Kultur- und Wissentransfer, Berlin, BWV Berliner Wissenschafts-Verlag, 2002 (coll. « Aufklärung in Europa » 6) [le voyage des élites européennes au XVIIIe siècle et leurs relations. Dans le domaine francophone : le marquis de Paulmy à Dresde, Christian VII de Danemark à Paris ; « journal » de Henri de Prusse à Saint-Pétersbourg, ; deux lettre inédites de l’abbé Galiani au duc Pierre Biron de Courlande et à Heinrich von Offfenberg (1785) ; le «journal » de la comtesse Catherine Pertrovna Barjatinskaia en Europe occidentale. Dans d’autres langues : le comte Zinzendorf en Grande-Bretagne ; Caroline de Hesse-Darmstadt en Russie, le Grand Tour d’Edward Gibbon et de William Beckford ; la duchesse Anne-Amélie de Saxe-Weimar en Italie ; l’aquarelliste Charles Gore et ses voyages européens].
Reichler, Claude, La Découverte des Alpes et la question du paysage, [Chêne-Bourg/Genève], Georg, 2002, (12)-256 p., ill. (coll. « Le Voyage dans les Alpes »).
Renwick, John (dir.), L'Invitation au voyage. Studies in honour of Peter France. Oxford, Voltaire Foundation, 2000, XX-325 p. ill. [34 contributions sur les voyages au XVIIIe siècle, en particulier dans les domaines français et anglais. Auteurs : Voltaire, Coyer, Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, Beaumarchais, Sterne, Philip Playstowe, Raynal, Diderot, Sade, Rétif, Casanova, prince de Ligne, Custine, Karamzine, Condorcet, Wordsworth, Herder, Chateaubriand. Lieux : Amérique du Sud, Russie, Italie, Moyen Orient].

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20 octobre