19e siècle

Gustave Aimard et la flibuste : un phénomène d sédimentation culturelle dans les années 1860

Au milieu du XIXe siècle, la figure du flibustier fit l'objet d'un véritable processus d'héroïsation. Flibustiers et boucaniers des XVIIe et XVIIIe siècles furent désormais considérés comme des héros, incarnations d'un certain nombre de vertus, alors même que disparaissaient les derniers témoins de la flibuste. On les nommait "aventuriers" depuis le XVIIe siècle. Leur héroïsation conféra au terme une valeur nouvelle. Les aventuriers devenaient des figures positives, les incarnations d'un style de vie et de valeurs qu'il était maintenant légitime de proposer à l'admiration de la jeunesse.

Adventures of a Younger Son (Mémoires d'un gentilhomme corsaire) d'E.J. Trelawney : de la relation d'aventures maritimes à l'apologie de soi

L'authenticité des Mémoires d'un gentilhomme corsaire d'Edward John Trelawney a été mise en cause et demeure sans doute sujette à caution. Ce n'est pourtant pas cet aspect du texte qui nous intéresse ici.
On préférera voir en quoi cet écrit, riche de réminiscences livresques, reprend une forme et des topoï éprouvés, ceux des récits rétrospectifs menés à la première personne du dix-huitième siècle, centrés sur des personnages d'aventuriers et de pirates, et leur donne des couleurs plus précisément romantiques.

Jules Verne et l'Ecosse : lire, voir, créer

Nourri de Scott - et plus accessoirement de Cooper -, Jules Verne visite en bateau l'Écosse, qu'une légende familiale lui donne pour terre ancestrale. Muni des guides touristiques de l'époque, Joane et Murray, il en ramène, ébloui, un journal de Voyage à reculons en Angleterre et en Écosse, réutilisé dix-huit ans plus tard pour le décor des Indes noires. Peu après, il y effectue sa première croisière sur son yacht à vapeur le "Saint-Michel", dont Le Rayon vert perpétue le sillage.

Usages de la fiction dans le récit de voyage : l'épisode de la descente à la mer Morte chez Lamartine

Le narrateur du Voyage en Orient (1835) rêve de transparence, d'une immédiateté sensorielle qui tend à abolir la distinction entre sujet et objet. La poétique qu'il revendique est fondée sur des impressions personnelles, et non sur l'érudition ou la connaissance scientifique, d'où sa critique d'un intertexte qui, de la Genèse aux nombreux pèlerins de Terre Sainte, fait voir la mer Morte comme la matérialisation d'un pur espace de mort, rappel biblique de l'engloutissement des villes pécheresses. Mais le voyageur romantique est plus savant qu'il n'y paraît.

Le roman d'un voyageur en Espagne : Militona de T. Gautier (1847)

Publié en feuilleton du premier au seize janvier I847 dans le quotidien d'Émile de Girardin La Presse, où Théophile Gautier était critique de théâtre depuis dix ans, le roman Militona n'a jamais été édité séparément au XXe siècle et reste très méconnu, même des amateurs des autres récits en prose de l'auteur. Il s'agit d'un joli roman passionnel dont l'intrigue - c'est le point qui m'intéresse - repose sur la tauromachie ; cette activité alors très mal connue hors d'Espagne avait fasciné Gautier dès son premier voyage (1840).

Les séductions de la fiction : enjeux épistémologiques

Il s'agira de mener une réflexion théorique générale qui, partant du constat de cette séduction constante que la fiction exerce (structurellement, thématiquement, stylistiquement) sur l'écriture référentielle du voyage, en examinera le double enjeu - ou, si l'on veut, le double péril. Ces enjeux sont tous deux d'un ordre épistémologique, et interviennent à deux niveaux distincts : 1) Comment le texte référentiel du voyage peut-il sérieusement développer une parole sur le monde, s'il ne cesse de pratiquer des emprunts à la fiction ?

Roman, aventure et histoire : la question de la vérité dans les récits d'aventures vécues (1840-1940)

L'étude comparée des romans d'aventures et des récits d'aventures vécues (par soi-même ou par un tiers), dans les années 1840-1940 fait apparaître de multiples similitudes. Celui qui se désigne ou qui est désigné comme un "aventurier" est représenté comme un héros de roman. Il est d'ailleurs perçu comme fondamentalement influencé par des lectures romanesques. Cela est vrai jusque dans les romans d'aventures, dont les auteurs précisent que leurs héros aventuriers ont le caractère de héros de roman et qu'ils sont influencés par des lectures romanesques.

Lettres de voyage de Sandor Petöfi (1847)

Petöfi (1823-1849), poète, publiciste, écrivain romantique, homme politique, révolté contre toutes les traditions sociales et politiques, apporte des nouveautés dans les idées littéraires et politiques. Il est bien connu comme poète, mais aussi en prose. Petöfï fait ses voyages en 1847 ; ses lettres adressées à son ami Frigyes Kerényi, ont été écrites en 1847. Il y a 20 lettres. On peut poser la question : pourquoi écrit-il dans ce genre littéraire, pourquoi écrit-il "des lettres d'un voyageur" ?

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