Le monde entier

Présentation et bibliographie

Que peut-on entendre par « première rencontre » ? Il s’agit évidemment ici de la découverte première de l’Autre par les Européens. Colomb a « découvert » l’Amérique en croyant trouver un nouveau passage vers les « Indes », mais les Amérindiens se connaissaient avant sa venue. On pourrait dire aussi des Chinois, empire du milieu, qu’ils connaissaient un monde que les Européens découvrirent plus tard.

Conclusions des "raisons du voyage"

Dans les siècles qui vont des Grandes Découvertes à l’exploration des dernières taches blanches de la carte, du XVe au XVIIIe siècle, on ne voyageait pas « pour le plaisir », comme l’on disait alors des artistes amateurs. C’est à partir du XIXe siècle qu’apparaît le touriste, gent tout à fait méprisée des vrais voyageurs : on est d’ailleurs toujours le touriste d’un autre… Les voyageurs sont rares sur les routes du monde, du moins ceux qui en ont relaté les circonstances : le colporteur des campagnes françaises, qui va a pied, n’a guère laissé de trace écrite.

Récits utopiques de la Renaissance

L’utopie renaissante peut être considérée comme une fresque où se distinguent depuis le texte fondateur de More en 1516, celui de Rabelais en 1532 et à l’orée du XVIIe siècle, la _Cité du Soleil_ de Campanella rédigée en 1602, mais publiée en 1623. On pourrait y ajouter Francis Bacon et sa New Atlantis, Atlantis nova (1627) (La Nouvelle Atlantide, Flammarion, 1995). On analysera les utopies dans une perspective économique et non politique, morale et religieuse, comme on le fait le plus souvent.

Présentation du séminaire : Voyages extraordinaires et imaginaires jusqu'au XVIIIe siècle

Des voyages réels aux utopies : à côté des voyages réels et de leurs relations, il existe des sous-genres littéraires inspirés de la structure viatique. C’est le sujet même de ce séminaire. On peut distinguer, dans une première approche, les « voyages extraordinaires » : relations de voyages fictifs dans un décor géographique réel ; et nous citerons le _Supplément au Voyage de Bougainville_de Diderot, voire les _Lettres persanes_ de Montesquieu. Il s’agit d’un modèle antique inspiré de l’épopée : _Odyssée_ ou _ Énéide_ dont le _Télémaque_ de Fénelon est une adaptation moderne.

La preuve par l'Autre, ou du bon usage du paganisme. Théologie de la Révélation primitive et comparatisme religieux dans les littératures viatiques au début du XVIIIe siècle

Du point de vue théologique, la leçon la plus évidente des voyages lointains hors de l'aire culturelle européenne est le constat d'une très grande diversité religieuse et d'une prévalence apparente les polythéismes. A l'aube des Lumières, ce constat peut conduire au relativisme sceptique des Libertins. Il peut aussi, paradoxalement, être mis au service de l'apologétique, de sorte que les paganismes s'érigent en preuves de la vérité et de l'universalité du christianisme.

Voyage au pays des merveilles : éléments de théologie viatique

Le "récit de voyage" de C. Biron, intitulé, Curiosités de la nature et de l'art (1703), se fonde sur des liens paradoxaux entre d'une part les concepts de science et de merveille et, d'autre part, l'approche théologique des problèmes posés par la rencontre de l'extraordinaire merveilleux auquel le voyageur est confronté. La figure du physicien, spécialiste en fait de science naturelle, présente pour le voyageur des atouts susceptibles de lui permettre de résoudre certaines énigmes sans jamais accéder au mystère originel de la création que Dieu seul explique.

Présentation du séminaire et bibliographie

L’histoire des grands voyageurs de l’âge moderne marque-t-elle la naissance de la littérature de voyage ? Non, si l’on considère que les chefs-d’œuvre de la littérature antique, de Gilgamesh à l’Enéide en passant par l’Odyssée utilisent la forme viatique comme modèle de développement. Les romans arthuriens de l’époque médiévale reprennent les mêmes procédés. On pourrait dire paradoxalement que la littérature des voyages est la matrice de la littérature.

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