Voyage critique à l'Etna en 1819

Voyage critique à l'Etna en 1819

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Contenu

Itinéraire: 

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Date: 

du mois de juin 1819 au mois de février 1820

Type: 

voyage archéologique, d'histoire naturelle et de mœurs, fait en bateau, en barque, en calèche, sur le dos de mule et à pied

Esthétique: 

«De tous les pactes volontaires, les associations de voyages sont ceux que l'on conclut le plus vite, et dont on se repent le plutôt. J'en sais peu, toutefois, qui demandent plus de réflexion et de prudence: tout engagement de ce genre est un contrat réel, bien plus important qu'on ne croit: de lui seul dépend en effet la cherté ou l'économie, le plaisir ou l'ennui, le profit ou l'inutilité du voyage. Le pacte le plus sérieux de la vie, le mariage même, n'offre guère de chances plus hasardeuses: s'il est vrai que celles-ci soient effectivement plus à craindre, ce n'est du moins qu'en raison de leur durée; rayez de l'acte le mot éternel, et la différence disparaît. Voyager seul est une nécessité fort triste; mais voyager avec un homme dont l'humeur, les opinions, la manière de sentir et de voir, vous sont directement opposés, c'est le comble des misères humaines: mieux vaudrait mille fois renoncer au voyage, ou se pendre quand il est entrepris!»(I/3). «Telle fut même, pendant long-temps, mon aveugle confiance en mes illustres guides que, plutôt que de douter de leur bonne foi ou de leurs lumières, j'aurais cru volontiers que, si ce que je voyais étant autre que ce qu'ils avaient vu, c'est que, depuis l'époque de leur propre voyage, quelque grand tremblement de terre avait apparemment changé la face des objets et des choses? C'était pousser loin la confiance: je m'en suis un peu corrigé. Cicéron remarque quelque part, qu'il lui semble étonnant que deux augures puissent se rencontrer sans rire: depuis que je cours le monde, et que j'écoute ceux qui l'ont couru, je m'étonne bien plus moi-même que deux voyageurs se lisent, en gardant mutuellement leur sérieux. [...]; il n'est pas moins étonnant, dis-je, qu'un homme soit parvenu à faire, en si peu de temps, douze à quinze cents milles de chemin, sur des routes hérissées de rocs, de torrens, de gouffres et de laves! et tout cela en compilant en route deux volumes passablement lourds, remplis d'observations exactes sur la topographie, le climat, l'agriculture, les phénomènes naturels, les monumens anciens et modernes, les établissemens civils, militaires et religieux; les lois, les mœurs, les coutumes, les usages, l'histoire, les arts, les sciences, les lettres, l'industrie nationale, le caractère et la langue de tant de provinces, de tant d'hommes, formant une population de plus d'un million d'habitans? Cependant, comme personne ne l'ignore, M. le comte de Borch a fait tout cela. [...] Trois à quatre mois leur suffisent pour tout voir, tout décrire, tout juger: on n'exécute plus de voyages de ce genre; et nos Mungo-Parck du jour se traînent où ces messieurs volaient! [...] Quelques mois m'ont également suffi pour voir tant de pays fameux, pour battre tant de mers aventureuses, pour fouler tant de sols classiques! Cependant quoiqu'aussi convaincu que mes illustres devanciers, et de l'intérêt de la course, et de la justesse de mes remarques, comme il se pourrait faire qu'en allant aussi vite, je n'eusse vu les choses qu'en passant, je ne me trace point un plan aussi vaste que le leur; je ne tranche point la question que l'on peut agiter encore; et ne parle que de ce que j'ai vu. Que si parfois je parais en agir autrement, ce n'est que dans les cas assez rares où, pour juger la chose, il ne s'agit que d'avoir des yeux. [...] A cette exception près, on juge mal en courant la poste: j'ai couru la poste moi-même: je me suis abstenu de juger. [...] Les citations pédantesques, les lambeaux des poëtes, les mesures par lignes et par pouces ne sont point entrées dans mon plan, ou du moins je n'en ai usé qu'avec beaucoup de réserve. Depuis qu'on publie des voyages en Grèce, en Égypte, en Italie et en Sicile, ce fatras scolastique n'a que trop passé de livre en livre. [...] Avec plus de raison encore, ne décrirai-je point le monument qui n'est plus; c'est bien assez sans doute de parler de celui qui existe? Ce dernier genre de description est le plus fastidieux, le plus inutile de tous; il provoque à la fois l'impatience et la pitié: [...] Admirer tout, ou ne rien admirer, sont des systèmes également fautifs: la plupart des voyageurs se décident pour l'un ou pour l'autre: le but et l'esprit du voyage est fixé avant le départ; et la course est à peine entreprise, que le livre est aux trois quarts écrit! Soit bizarrerie, soit prudence, les jugemens tout faits n'ont point été les miens: [...] Je dis ce que j'ai vu, et peins ce que je sens, sans m'occuper de ce qu'ont dit et senti les autres. Un peu las, je l'avoue, de tant d'éloges payés au pays parcouru, j'ai pu voir sous un jour assez peu favorable, l'objet qu'on m'avait trop vanté: l'excès de l'exaltation commune a pu glacer mon âme et refroidir mon imagination; mes impressions ont pu être fautives, mes jugemens hasardés; mais ni les unes ni les autres ne tiennent à un plan fait d'avance; je les donne comme je les ai reçues et formés; en un mot, si je me trompe, je me trompe de bonne foi, sans dessein de tromper les autres. [...] Au reste, je le crains fort, de ces différens élémens, il ne saurait sortir qu'un assez fade ouvrage: aussi ne donné-je ce fatras de remarques que pour ce qu'il vaut en effet; mais, d'un autre côté, si depuis l'époque de mon départ, les idées et les choses ne sont pas entièrement changées en France, il me semble qu'en ma qualité d'auteur, je suis encore en droit de publier un méchant livre»(I/5-11). «Les voyages et les dictionnaires sont des livres essentiellement imparfaits: la dernière édition est la moins défectueuse»(I/74). «[...]; mais les tableaux de la nature se refusent à la description, en raison de leur intérêt même; et, après s'être donné bien des peines pour peindre ce qu'on a sous les yeux, quand on croit le tableau achevé, il est encore bien loin de l'être! Eh! comment s'y prendre en effet, pour transporter l'imagination du lecteur, aussi complètement étranger aux objets qui m'entourent, qu'à l'effet qu'ils produisent sur moi; comment la transporter, dis-je, sur ce rivage aride et nu, assis sur ces laves séculaires?»(I/327). «Le moyen donc de mettre sous les yeux des autres l'ensemble d'un tableau, dont tant de parties vous échappent? L'art du dessin, qui, plus que l'éloquence même, peut triompher de la distance, et rapprocher l'objet décrit, cet art n'est plus ici, que d'une assez faible ressource: l'intérieur de l'Etna échappe au crayon du peintre, comme à la plume de l'écrivain; [...]»(I/440). «Je possède trois grands dessins enluminés de ces trois différentes éruptions; [...]. Ces morceaux précieux font partie d'une collection d'autres dessins enluminés, qui auraient accompagné ce voyage, s'il était vrai de dire que les frais de ces sortes d'entreprises, et l'incertitude du succès, n'étaient pas l'écueil ordinaire, qui les fait presque toujours échouer»(I/470). «[...], un voyageur est un journal qui ne craint ni la censure ministérielle, ni l'index du siège apostolique, et qui lui-même les fait trembler»(II/297).

Références bibliographiques

Lieu: 

Paris

Année: 

1820

Editeur: 

Mongie l'aîné

Volume: 

2 vol.

Nombre d'exemplaires: 

IV-544, IV-465 pp.

Format: 

in-8

Annexes: 

pl.