Voyage dans l'Indostan

Voyage dans l'Indostan

Auteur: 

Destination: 

Forme: 

Contenu

Itinéraire: 

Paris - Lorient - Île-de-Bourbon - Saint-Denis - Pondichéry

Date: 

1777, de la fin de janvier au mois de juin 1777 [séjour jusqu’en 1785]

Type: 

voyage de mission fait en bateau

Esthétique: 

«On croit communément que rien n’est plus aisé que d’écrire un Voyage: je l’avois moi-même pensé ainsi au premier aperçu; mais j’ai reconnu mon erreur, [...]; car je ne rougis pas d’en faire l’aveu: je me suis bien moins proposé de satisfaire la curiosité de ce grand nombre de gens oisifs qui lisent par désœuvrement, que de faire admirer aux âmes vraiment religieuses les trésors immenses des miséricordes d’un Dieu qui éclaire tous les peuples de son admirable lumière, et qui adopte des enfans d’un pole à l’autre du monde. Aussi le premier reproche auquel je m’attends, c’est de n’avoir pas assez approfondi ce qui regarde les productions de l’Indostan, de n’avoir pas donné une idée complète de toutes les sortes d’animaux qui sont répandus sur son sol; de ne pas m’être assez attaché à débrouiller la politique des Gouvernemens, et de n’avoir tracé qu’en raccourci le caractère des habitans du pays dont je parle: ce reproche est fondé sans doute; mais indépendamment de la raison que je viens d’apporter, j’imagine y avoir répondu par le titre même de cet ouvrage. J’écris un Voyage, et non pas une Histoire. Je fais part de mes observations, et je laisse à ceux qui viendront après moi, l’espérance d’intéresser encore par des observations nouvelles, jusqu’à ce qu’enfin une plume habile s’empare de tous ces matériaux pour composer l’Histoire d’un des plus beaux pays du monde, et qui est peut-être le moins connu, et celui sur lequel on a plus d’idées fausses»(I/V-VII). «Je me suis borné à dire peu, parce que je n’en savois pas davantage; mais ce peu même intéressera-t-il? Si on me juge comme la plupart des voyageurs de longs cours, n’ai-je pas à craindre l’application de ce proverbe: A beau mentir qui vient de loin? Non, à la simplicité de mon style, et à l’ingénuité de ma narration, on ne doutera pas que je n’aie cru dire la vérité; mais il reste à examiner si j’ai eu les moyens de m’instruire. [...] Il faut convenir que ces moyens m’ont été particuliers, et m’ont mis dans le cas de faire des observations, et d’éprouver des aventures autant, et peut-être plus qu’aucun de mes confrères, et à plus forte raison qu’aucun séculier, négociant ou militaire, soldat, ou même gouverneur de place. Car, sans vouloir jeter de la défaveur sur ce que certaines personnes ont écrit sur l’Indostan, je ne peux m’empêcher d’observer qu’elles n’avoient aucune garantie du plus grand nombre des faits qu’elles ont insérés dans leurs livres»(I/VIII-IX). «Je pourrois suspecter aussi la bonne foi de certains narrateurs, qui, pleins de préjugés et d’opinions contraires aux bonnes règles, ne peuvent s’empêcher de glisser leurs maximes dans des ouvrages qui n’ont cependant point d’analogie avec la matière de leurs travers, et disent ce qu’ils auroient desiré de voir, mais ce qu’ils n’ont pas vu en effet»(I/X-XI).

Références bibliographiques

Lieu: 

Paris

Année: 

1807

Editeur: 

chez l’auteur/Le Normant

Volume: 

2 vol.

Nombre d'exemplaires: 

XI-327, III-348 pp.

Format: 

in-8