Voyage de découvertes aux terres australes, exécuté [par ordre de Sa Majesté l'Empereur et Roi,] sur les corvettes «Le Géographe», «Le Naturaliste», et la goëlette «Le Casuarina», pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804, [sous le commandement du

Voyage de découvertes aux terres australes, exécuté [par ordre de Sa Majesté l'Empereur et Roi,] sur les corvettes «Le Géographe», «Le Naturaliste», et la goëlette «Le Casuarina», pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804, [sous le commandement du Capitaine de vaisseau N. Baudin,] publié par décret impérial sous le ministère de M. de Champagny/Son Excellence le Vice-Amiral Comte Decrès/par ordre de Son Excellence le Ministre Secrétaire d'État de l'Intérieur/le Ministre de la Marine et des Colonies. I. Historique. II. Navigation et géographie

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Destination: 

Forme: 

Contenu

Itinéraire: 

Le Hâvre - Ténériffe - Santa-Cruz - Ile-de-France - Nouvelle-Hollande - Terre de Leuwin - baie du Géographe - Terre d'Endracht - baie des Chiens-Marins - île Bernier - Terre de Witt - archipel Forestier - île Depuch - îles d'Arcole - île de Simâô - Timor - Coupang - Oba - Coupang [«Le Naturaliste»: baie du Géographe - Terre d'Édels - île Rottnest - Terre d'Endracht - baie des Chiens-Marins - île Dirck-Hartighs - baie de Dampier - Timor - Coupang] - Terre de Diémen - canal Dentrecasteaux - île Bruny - baie des Huîtres - île Maria - détroit de Bass - Nouvelle-Hollande - Terre Napoléon (2ème éd.: côte Sud-ouest de la Nouvelle-Hollande) - Terre de Diémen - baie de l'Aventure - Nouvelle-Hollande - port Jackson [«Le Naturaliste»: île Maria - détroit de Banks - île Swan - détroit de Bass - Nouvelle-Hollande - port Jackson - Terre de Diémen - Nouvelle-Hollande - port Jackson] - Sydney - Botany-Bay - Sydney - Parramatta - Montagnes Bleues - Sydney - Parramatta - Castle-Hill - Sydney - port Jackson - détroit de Bass - île King - baie des Éléphans-marins - Nouvelle-Hollande - Terre Napoléon (2ème éd.: côte Sud-ouest de la Nouvelle-Hollande) - île Decrès (2ème éd.: île des Kanguroos) - baie Bougainville - îles Saint-François - îles Saint-Pierre - baie Murat (2ème éd.: baie Denial) - île Eugène - Terre de Nuyts - port du Roi-George [«Le Casuarina»: baie Bougainville - golfe Joséphine (2ème éd.: golfe Saint-Vincent) - golfe Bonaparte (2ème éd.: golfe Spencer) - port Champagny (2ème éd.: port Lincoln) - baie Bougainville - îles Laplace (2ème éd.: îles Greely) - îles du Vétéran (2ème éd.: îles Person) - îles du Géographe (2ème éd.: îles Purdie) - port du Roi-George] - Terre de Leuwin - baie du Géographe - île Rottnest - Terre d'Endracht - baie des Chiens-Marins - baie de Dampier - Terre de Witt - îles de l'Institut - île Cassini - Timor - Coupang - Terre de Witt - Ile-de-France - baie de la Table - île de Groix - Lorient [«Le Naturaliste»: île King - Ile-de-France - Portsmouth - Le Hâvre]

Date: 

du 19 octobre 1800 au 25 mars 1804 [«Le Naturaliste»: 7 juin 1803]

Type: 

voyage d'exploration et d'histoire naturelle, fait en bateau, en canot, en chaloupe et à pied

Esthétique: 

«Depuis que les découvertes dans les sciences ont été mises, avec raison, au nombre des principaux titres de la gloire et de la prospérité des peuples, un généreux concours s'est établi entre eux, une nouvelle carrière s'est ouverte à la rivalité des Gouvernemens, rivalité d'autant plus honorable, qu'elle est plus réellement utile à tous. Les efforts de l'Angleterre en ce genre ont été sur-tout marqués vers ces derniers temps; et dans cette lutte glorieuse, la France seule a pu lui disputer avec avantage les triomphes et la supériorité. Cependant, il faut en convenir, les savans Anglois, placés sur l'immense théâtre d'une cinquième partie du monde, alloient peut-être, sous plusieurs rapports, décider l'opinion de l'Europe en faveur de leur patrie. [...] Dans un tel état de choses, l'honneur national et le progrès des sciences parmi nous, se réunissoient donc pour réclamer une expédition de découvertes aux Terres Australes, et l'Institut de France crut devoir la proposer au Gouvernement. [...] Bientôt vingt-trois personnes, nommées par lui [sc. Bonaparte], sur la présentation de l'Institut, sont destinées aux recherches scientifiques: jamais un développement aussi considérable n'avoit été donné à cette partie de la composition des voyages de découvertes; [...] Cette partie des travaux de l'expédition devoit recevoir un nouvel intérêt de la nature des régions qu'on alloit visiter. Sous des latitudes correspondantes à celles de nos climats, sur un vaste continent, sur les îles nombreuses qui s'y rattachent, il étoit impossible qu'on ne découvrît pas plusieurs végétaux utiles, plusieurs animaux intéressans, qui, transportés sur les plages Européennes, pussent s'y naturaliser aisément, et fournir à nos besoins de nouvelles ressources, à nos arts de nouveaux secours, à nos jouissances un nouvel aliment»(Hist., I/3-5). «Sans doute la relation d'une traversée dans l'Inde devroit être peu susceptible d'un véritable intérêt; il sembleroit même qu'elle ne dût plus fournir aucune observation nouvelle, aujourd'hui qu'un si grand nombre de navires de toutes les nations l'a répétée depuis trois siècles; il n'en est cependant pas ainsi, et pour s'en convaincre, il suffira de jeter un coup d'œil sur cette multitude de relations qui nous ont été fournies à diverses époques. On y verra presque tous les navigateurs exclusivement occupés des objets les plus vulgaires, répétant ce que leurs prédécesseurs ont déjà redit cent fois avant eux, et négligeant tout ce que peut vraiment offrir de nouveau cet immense théâtre, qui comprend à-la-fois l'Océan Atlantique dans toute sa longueur, la mer des Indes, les deux zones tempérées et toute la bande équatoriale du globe. Cependant, quelles belles suites d'observations ne seroit-il pas possible d'y faire sur la température comparée de l'atmosphère à différentes latitudes de l'un et l'autre hémisphère, sur les variations du baromètre et de l'hygromètre dans les mêmes circonstances! [...] Voilà, sans doute, d'assez nombreux et d'assez beaux sujets d'observations à poursuivre durant les longues traversées dont il s'agit, pour qu'il soit possible de s'occuper aujourd'hui d'autre chose que des poissons volans, des dorades, des requins, de leurs sucets, etc. C'est aux navigations de ce genre, à elles seules, qu'il appartient de fournir les précieux matériaux d'une carte physique et météorologique des mers; carte dont toutes les sciences éprouvent le besoin, et dont on chercheroit en vain les élémens les plus simples dans cette foule de relations qui se multiplient en se reproduisant les unes par les autres»(Hist., I/30-31). «Elle est récente encore, cette époque singulière, où l'on vit des hommes célèbres, entraînés par une imagination ardente, aigris par les malheurs inséparables de notre état social, s'élever contre lui, en méconnoître les bienfaits, et réserver pour l'homme sauvage toutes les sources du bonheur, tous les principes de la vertu. Leur funeste éloquence égara l'opinion; et pour la première fois on vit des hommes sensés gémir sur les progrès de la civilisation, et soupirer après cet état misérable, illustré de nos jours sous le nom séducteur d'état de nature ... Heureusement les voyageurs modernes, en nous faisant successivement connoître tant de peuples sauvages, nous ont permis d'apprécier ces vains sophismes à leur juste valeur; et notre expédition, sous ce rapport, aura pu servir utilement la vraie philosophie»(Hist., I/446). «Les récits de voyages, lorsqu'ils sont moins destinés à l'instruction qu'à l'amusement des gens du monde, doivent atteindre leur but par la nouveauté des faits observés, l'éclat et la diversité des tableaux, souvent même par l'intérêt qu'ils inspirent pour les voyageurs. Afin d'en bannir la sécheresse, on écarte les détails minutieux de la science, et, au moyen d'oppositions ménagées à propos, on ne présente que ce qui peut plaire. C'est ainsi que La Harpe, dans l'Histoire générale des Voyages, élagua de la volumineuse mais utile compilation de l'abbé Prévost, tout ce qui étoit trop scientifique. Tel ne sauroit être l'ouvrage que je présente au public: résumé de toutes les observations nautiques et hydrographiques recueillies pendant une longue navigation, étant de même que l'atlas auquel il sert de texte, destiné sur-tout aux marins et aux géographes, il faut que l'exactitude en fasse le principal mérite. Mais ce qui ne peut manquer de répandre une grande monotonie dans notre récit et dans la description des objets, c'est l'aspect uniforme de stérilité que nous ont offert la plupart des côtes le long desquelles nous avons navigué»(Navig., V-VI). «L'histoire générale et particulière des voyages, en présentant dans des cartes plus ou moins exactes la configuration des pays qui ont été visités, doit encore faire connaître la marche qu'on a suivie pour y parvenir, et le concours des moyens employés dans l'exécution de ces travaux géographiques. Ce sont ces détails qui prouvent la véracité du narrateur et l'exactitude des résultats qu'il publie. Aussi nous voyons que dans toutes les relations de ce genre, quelque intéressantes qu'elles soient d'ailleurs, on n'a pu s'affranchir de l'ordre des dates, quoiqu'il y répande plus ou moins de sécheresse et de monotonie. Notre expédition de découvertes aux Terres Australes offrira peut-être le premier exemple d'une longue navigation dont l'histoire se trouve partagée en deux parties distinctes: 1.° l'historique proprement dit, retraçant les connoissances physiques et naturelles qui intéressent la plupart des savans, les incidens et les événemens divers qui captivent l'attention des curieux; 2.° les travaux nautiques, astronomiques et géographiques, qui sont plus particulièrement du ressort des marins, et qui, tout au plus, occupent la classe peu nombreuse de ceux qui se livrent spécialement à l'étude du globe et s'intéressent aux progrès de l'astronomie. [...] M. Péron n'a pas dû, dans sa brillante relation, suivre un autre ordre que celui des dates, pour mieux établir la série et la liaison des événemens qu'il rapporte. Je n'aurai pas, comme lui, l'avantage de reproduire ici ces observations curieuses, ces anecdotes piquantes, qui, embellies par les charmes du style, font ressortir en même temps l'intérêt de l'ouvrage et le mérite de l'écrivain: ma tâche doit se borner à présenter à ceux qui voudront lire mon travail, l'exposé fidèle des notions que nous avons pu recueillir sur des pays qu'ils auroient à visiter après nous»(Navig., 1-2).

Références bibliographiques

Lieu: 

Paris

Année: 

1807

Editeur: 

Impr. Impériale/Royale

Volume: 

3 vol.

Nombre d'exemplaires: 

[I.:] 2 vol., XIX (XV)-498, XXXI-471 pp.; [II.:] XVI-578 p.

Format: 

in-4

Annexes: 

atlas, [I.:] tabl.; [I.:] atlas suppl. Paris (Arthus Bertrand) [1824]

Autre édition: 

Paris (Arthus Bertrand) 1824, 2e éd., 4 vol., XXIV-400, IV-532, IV-432, IV-357 pp. in-8, atlas, Voyage de découvertes aux terres australes, fait par ordre du Gouvernement, sur les corvettes «Le Géographe», «Le Naturaliste», et la goëlette «Le Casuarina», pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804. I. Historique