Le livre maritime dans le monde anglophone, 1750-1850

Le livre maritime dans le monde anglophone, 1750-1850, par John B. Hattendorf

Le 250e anniversaire de la naissance de l'Académie de Marine que nous célébrons avec ce colloque rend un juste hommage au livre maritime. Dans le monde anglophone, le livre maritime est quelque chose qui est souvent oublié, ou simplement regardé avec indifférence. Mais nous ici savons que la presse typographique a joué un rôle suprême dans l'histoire maritime. Même si cette idée est banale, ou manifeste pour la plupart des thèmes en histoire européenne, ce n'est pas aussi clair pour l'histoire maritime. Un navire n'a pas la réputation d’avoir une place dans un discours intellectuel. C'est d'ailleurs pour cela que l’on qualifie bien souvent les matelots de classes sociales illettrées, ou de personnes peu intéressées par la lecture. Se posent alors les questions de ce qu'on entend par livre maritime, et de son lectorat. Les réponses à ces questions sont complexes.
L'histoire de l'Académie de Marine en France pendant la deuxième partie du XVIIIe siècle fournit le premier exemple de comparaison avec la situation dans le monde Anglophone. Dans l'histoire de la Marine française, l'Académie de Marine a eu un rôle dans les progrès des sciences maritimes et ses membres ont contribué à l'histoire des idées et des techniques, malgré toutes les difficultés rencontrées par l'Académie. Le monde Anglophone a manqué globalement d’une institution qui correspondait à l'Académie de Marine. Tandis que l’Académie des Sciences faisait concurrence à la Société royale à Londres, la Royal Navy et, à la fin de la XVIIIe siècle, la marine de la nouvelle république américaine, ressentirent ce manque. En 1833, des officiers de la marine américaine ont essayé d'établir un Lyceum Naval avec des objectifs analogues à ceux de l'Académie de Marine, mais les résultats n’aboutirent qu'à des petites bibliothèques dans des arsenaux et un périodique qui ne parut que peu de temps. La seule fille éventuelle de l'Académie de Marine n'est pas à trouver dans le monde anglophone : il s'agirait plutôt de l'Académie de la Marine Royale de Suède ou Kunglia Örlogsmannasällskapet, établie en 1771 avec des buts identiques à ceux de l'Académie de Marine en France.
En faisant un tour d’horizon du foisonnement de livres maritimes imprimés à cette époque, on constate une différence de qualité entre les livres anglais et les livres français. Même s'il est délicat d'aboutir à une telle conclusion en études maritimes comparées et surtout de le prouver, je risque à dire, après plusieurs années d'étude, que les livres maritimes en France sont remarquables par leur qualité intellectuelle et par la manière dont ils ont représenté les tendances avancées. Au milieu du XVIIIe siècle, c'était particulièrement vrai dans les domaines de la cartographie maritime, de la construction navale et des tactiques navales.
Le livre bien connu du Père Paul Hoste, L'Art des armées navales publié à la fin du XVIIe siècle, était le premier livre moderne important sur le sujet de la tactique navale. Il n'y a rien en anglais avant Christopher O'Bryan qui publia ses Naval Evolutions en 1762 et les parties importantes de ce livre sont des sélections traduites d’Hoste. Le deuxième livre important en anglais était aussi d'origine française : une traduction anonyme d’un livre publié l'année précédente par Bigot de Morogues, qu’on pourrait attribuer à un frère d’O’Bryan. Le premier livre original en anglais sur ce sujet fut celui de John Clerk d'Eldin.
En cartographie maritime, les atlas maritimes en anglais ne sont pas de la même qualité et de la même importance que le Neptune François (1693). Révisé en 1753 par Jacques Nicholas Bellin, cet atlas et ses autres œuvres, L'Hydrographie Françoise (1756) ou Le Petit Atlas Maritime (1764) n’eurent aucun concurrent avant 1784 et la parution de The Atlantic Neptune. L'atlas anglais le plus populaire et le plus utilisé de ce temps était le très répandu English Pilot publié en six tomes par John Sellers. Loin d'être un livre représentant les tendances avancées, il a prolongé la mode hollandaise du XVIIe siècle et fut édité une centaine de fois pendant plus d'un siècle.
Dans le domaine de la construction navale, les livres de William Sutherland étaient les meilleurs en Angleterre jusqu’à ce que Mungo Murray ait publié son œuvre qui a fait progresser le sujet en anglais avec les nouvelles idées de Henri Louis Duhamel du Monceau, idées transmises également aux Anglais par le dictionnaire de la marine de William Falconer. C'est aussi le cas des idées du constructeur suédois Fredrik af Chapman : elles furent publiées pour la première fois à Stockholm en 1768, mais on attendit pour la traduction en anglais que cet ouvrage fût déjà traduit du Suédois en Français. D'ailleurs, l'œuvre de Chapman attendit quarante et un ans après l’édition française pour être publiée en anglais.
[problème de formulation des deux phrases suivantes] Comme les dessins de Chapman n'étaient pas entièrement dépendants de la traduction d'une langue à l’autre, c’était la traduction du texte qui était très chère. Typique de la situation pour l'édition maritime en Angleterre, les livres qui eurent la plus grande influence étaient ceux qui se vendaient bien. Comme d'habitude, ils étaient aussi bon marché. Les œuvres de Sutherland en fournissent un bon exemple. Son livre sur la construction navale, Britain's Glory, cher et de grande taille, parut en plusieurs éditions entre 1717 et 1740, mais son livre, The Shipbuilder's Assistant, peu cher et de petite taille, devint un des livres maritimes les plus populaires en Angleterre et il circulait pendant la plupart du siècle sous différentes éditions entre 1711 et 1794.
On retrouve une situation correspondante avec un livre anonyme qui a pour titre Marine Architecture et qui parut en 1739. Ce n'est pas une œuvre originale, mais cet ouvrage était composé de trois brochures du XVIIe siècle : The compleat ship-wright de 1664 par Edmund Bushnell, The Boate swaine's art de 1642 et le Compleat Modellist de 1664 par Thomas Miller. Ce livre contenant des idées très anciennes parut plus de vingt ans après l'œuvre la plus moderne de Sutherland, mais ce livre anonyme de petite taille fut édité trois fois et fut en vente pendant la guerre de l'indépendance américaine.
Ces anecdotes concernant les domaines de la cartographie maritime, de la construction navale et des tactiques navales en Angleterre illustrent deux points : au milieu et pendant la dernière partie du XVIIIe siècle, la situation pour le livre maritime apparaît très différente en qualité en Angleterre et en France. En même temps, au moins deux membres de l'Académie de Marine, Duhamel du Monceau et Bigot de Morogues, apportent une contribution importante aux livres maritimes dans le monde anglophone. Tant que ces livres français ne furent pas traduits complètement, ils furent néanmoins des sources d’inspiration, contribuant aux premiers livres en anglais dans les domaines de la construction et de la tactique navale.
Les livres maritimes en anglais concernaient quatre grandes catégories : la construction navale, la manœuvre, l'équipage et la navigation. Il est possible de les subdiviser en vingt-quatre thèmes. Dans ces catégories de livres maritimes, 3,809 ont été publiés en Anglais entre les années 1528 et 1801 et dans cet ensemble, le plus grand nombre de livres sont sur le sujet de la navigation. Pour la première partie de l’époque que nous considérons dans ce colloque, nous avons des résultats précis de recherche et une bibliographie moderne. Mais pour le deuxième partie, les années de 1801 à 1850, c'est un nouveau champ de recherche dont nous attendons les résultats.
En Angleterre, les imprimeries maritimes sont concentrées à Londres ou, typiquement, les éditeurs ont plusieurs autres activités y compris celles de libraires vendant des manuels de navigations, des cartes maritimes, des routiers et même des instructions nautiques. Parmi le grand nombre des imprimeries, certaines ont été très importantes pendant plusieurs décennies et dominaient le marché en Angleterre, comme les maisons de commerce Mount & Page, David Steel, Imray, Laurie et Norie.
Sur ces imprimeries, nous disposons maintenant d’études historiques et bibliographiques. Une imprimerie était classiquement dirigée par une famille, mais au cours des décennies, les différentes familles se sont mariées entre elles et ont combiné leurs affaires, prolongeant les vies des anciennes imprimeries et leurs publications sur le marché. Par exemple, 70% des livres produits par Mount & Page bénéficièrent de plus de trois impressions pour une vie moyenne sur le marché de cinquante-deux ans. Ici les imprimeurs ont trouvé leurs profits, mais c'était aux dépens des innovations et des idées nouvelles. Fréquemment, les textes des manuels maritimes se sont chargés d'éléments pour l'instruction nautique et de dessins à l'usage des élèves. De notre point de vue aujourd'hui, c'est la raison principale pour laquelle peu d'exemplaires des éditions différentes ont survécu. De tels livres pratiques sont pour l'usage des ouvriers, et non des savants, des bibliothécaires ou des collectionneurs.
Un livre maritime qui était important à la fois pour les ouvriers et les savants était The Nautical Almanac, qui eut la même fonction que la série française, plus ancienne, [ou la plus ancienne série française ? / publication en série – périodique ?] La Connaissance du Temps. Cependant, la première parution de ce livre anglais fut une contribution spéciale [que faut-il entendre par « contribution spéciale » ?].
En même temps, une révolution dans la méthode cartographique avait lieu. Le Capitaine James Cook et les autres navigateurs anglais mirent en pratique des nouvelles méthodes pour l’hydrographie et ont obtenu de grands résultats. Le livre le plus représentatif fut le Treatise on Maritime Surveying par Murdoch McKenzie, imprimé en 1774. Ce livre a créé un nouveau fondement pour l'hydrographie en Angleterre pour le siècle suivant. Peu de temps après, en 1795, la Grande Bretagne a établi son service hydrographique. Avec son établissement, une grande série de cartes et publications commençait à paraître.
Il est difficile de calculer le nombre de matelots dans le monde anglophone qui avait besoin d'utiliser de tels livres, mais un spécialiste a calculé pour le XVIIIe siècle qu'ils étaient 16.700 matelots en 1774 et 18.500 matelots en 1788 pour 9.375 vaisseaux. Il s'agit donc d’un faible pourcentage du nombre total de marins de la marine marchande britannique qui servait dans des vaisseaux sous leur propre pavillon. En 1700, il y avait seulement 50.000 matelots britanniques, mais dès 1800, il y en avait 150.000, et, en 1850, 200.000.
La période de 1750 à 1850 fut le premier siècle de la prépondérance anglaise sur les mers du monde. Pendant que les vaisseaux britanniques et ses marins encerclaient le monde et que les nouvelles colonies britanniques étaient fondées en Inde, en Australie et dans le Pacifique, le centre de publication de livres maritimes resta Londres. Mais l'indépendance des Etats-Unis a créa un nouveau marché et le besoin d'avoir une nouvelle source de livres. Pendant les premières années de la nouvelle république, les Américains furent dépendants de Londres pour leurs livres techniques dans tous les domaines. Lentement en réponse à leur situation, les Américains ont développé les capacités et les techniques de production de livres maritimes.
Des exemples britanniques ont certainement servi de modèles aux Américains en cartographie maritime et il était la première catégorie d’avoir besoin d’un livre maritime aux Etats-Unis. Le premier atlas de haute qualité que les Anglais ont produit, The Atlantic Neptune, est consacré à la côte de Nouvelle Angleterre. Pour le corriger et le vendre bon marché, deux cartographes à Boston, John Norman et Osgood Carleton, l'ont utilisé et compilé en 1791 pour produire le premier atlas maritime publié aux Etats-Unis : The American Pilot.
Dans la même décennie à Newburyport, au nord de Boston, l'éditeur et libraire Edmund March Blunt a imprimé en 1796 le premier routier pour les côtes américaines, de la frontière canadienne à la rivière Mississippi : The American Coast Pilot par le Capitaine Furlong. Dans la même année, le subrécargue d'un navire marchand de Salem, Massachusetts, pour se distraire durant un voyage aux Philippines, a examiné les tables astronomiques dans la treizième édition d’un très populaire manuel anglais de James Moore, The New Practical Navigator. Choqué de trouver plus des mille erreurs de calcul, le subrécargue Nathaniel Bowditch a publié en 1799 à Newburyport la première édition américaine de ce livre sous une forme corrigée. Pendant son voyage suivant, Bowditch rédigea son propre manuel en 1801. Il publia, l'année suivante, le manuscrit complet aux Etats-Unis et en Angleterre sous le titre The New American Practical Navigator.
Ces deux livres, l'un par Furlong et l’autre par Bowditch, ont été reconnus comme des livres maritimes essentiels aux Etats-Unis. Produits par des imprimeries commerciales jusqu’au milieu du XIXe siècle, ils sont publiés depuis ce temps par le gouvernement américain et sous les mêmes titres. Ce livre connu aux Etats-Unis sous le nom de « Bowditch », a eu récemment sa 70e édition. La parution régulière aux Etats-Unis de ces sortes de livres conduirait en effet en Angleterre où le service hydrographique britannique imprimait comme sa première liste de phares l'un qu'il a reçu d’Etats-Unis en 1827. Deux années plus tard, le service hydrographique en Angleterre inaugura sa grande série, destinée à la constitution d’un routier mondial, avec The West India Directory.
Les autres livres importants qui paraissent aux Etats-Unis pendant la première partie du XIXeme siècle sont ceux d’un officier de la Marine américaine, descendant des Huguenots français, Matthew Fontaine Maury. Ses contributions aux sciences maritimes sont les plus importantes publiées par un américain pendant le XIXe siècle. Comme chef du dépôt de cartes et instruments puis comme chef de l'Observatoire de la Marine, il devint un pionnier dans les recherches sur les vents et les courants. Son premier livre important fut un routier établi pour les meilleures routes à suivre par mer. Publié pour la première fois en 1850, il paraît en français des années plus tard. De son travail pratique, Maury a tiré son livre le plus important pour la science, La Géographie Physique de la Mer, établissant ainsi pour le monde anglophone la science moderne de l'océanographie.
L'expansion britannique impériale et l'accroissement de la république américaine et de ses intérêts maritimes avaient de nombreux effets à cette époque. Notre intérêt dans ce colloque, n'est pas seulement ici le développement parallèle du livre maritime en France entre 1750 et 1850 mais aussi le commencement de la fondation de la langue anglaise comme langue de commerce mondiale et maritime.
Il est bien connu que chaque nation maritime a développé un vocabulaire distinctif à employer sur la mer. Typiquement, les matelots sont fiers de leur usage particulier et se donnent de la peine pour instruire les hommes à terre du sens des mots maritimes. C'est certainement l'origine du premier dictionnaire nautique en Angleterre au XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le marché du travail maritime prenait de plus en plus un caractère international. C'est une des raisons pour laquelle nous commençons à trouver à cette période, des listes de vocabulaire maritime qui comprenaient plus d'une langue. En France, nous avons l'exemple de Daniel Lescallier, Vocabulaire des termes de marine anglois et françois publié pendant la guerre d'Indépendance américaine. Vingt ans plus tard, un négociant en thés à Hambourg, Johann Röding, a rédigé un ouvrage combinant dictionnaire et encyclopédie nautique, en huit langues y compris l'anglais et le français.
Un développement identique est intéressant à constater dans un autre pays où les matelots parlent une autre langue que le français ou l'anglais. Les recherches récentes et encore inédites de Mme Molt à l'université de Leyde l'ont bien mis en valeur pour la Hollande. Autrefois la langue hollandaise était une des principales langues maritimes et pendant le XVIIe siècle la Compagnie des Indes Orientales (VOC) instruisit ses matelots étrangers à son service en hollandais. Au XVIIIe siècle, le pourcentage de ces matelots étrangers est monté de 25% à 50%. Une des conséquences de ce développement fut le besoin de connaître des termes maritimes étrangers. Pendant les dernières années des guerres napoléoniennes, deux dictionnaires franco-anglais étaient imprimés en Hollande. Publiés par le même éditeur, les deux furent réimprimés en 1833 pendant le temps où les puissances européennes étaient occupées par la question belge. Deux autres dictionnaires paraissent pendant la décennie suivante.
Dans la première partie du XIXe siècle, la Hollande restait en arrière des pays industriels et maritimes de premier plan. La création puis le développement du navire à vapeur a nécessité la connaissance d'autres langues et de leurs vocabulaires maritimes. Le progrès de ces développements était retranscris dans une série de six dictionnaires polyglottes que K. P. ter Reehorst, un traducteur et professeur d’anglais à Amsterdam, compila pendant trente ans entre 1837 et 1865.
Pour la plupart des matelots, les livres maritimes étaient des livres pratiques et techniques qu'ils lisaient ou consultaient pour leur travail en mer. Les années entre 1750 et 1850 ont vu une grande transformation du caractère des vaisseaux et de leur propulsion et construction. C'était aussi le commencement d’un changement dans les caractéristiques du matelot. On trouve ces mutations dans beaucoup de livres maritimes de ce temps.
Mais il y a aussi un autre type de livre maritime. Ce sont les livres qui ont décrit le monde maritime aux lecteurs non spécialistes de la mer. Ce type de livre maritime comprit une sphère incluant poésie, récits de voyages et naufrages, et romans. Une partie de cette sphère comprend des œuvres d'imagination, l'autre des oeuvres d'histoire et de vérité. L'élément commun de toutes ces œuvres était la présentation d'une narration, ayant pour cadre la mer, à un grand groupe de lecteurs au-delà du monde maritime.
Les récits de voyages en sont le mode traditionnel pour le monde anglophone, mais pendant le XVIIIe siècle cette forme d'expression est devenue un genre spécifique, caractérisé par une approche qui alternait entre une narration des événements d'un voyage et la description de pays lointains et de peuples étrangers. Au milieu du XVIIIe siècle, l'exemple le plus populaire de ce genre était Le voyage autour le monde, de George Anson. Avec ce livre très populaire, le Commodore Anson commença la pratique de recourir à l'assistance d'un écrivain pour que le niveau d'expression soit accepté dans le monde littéraire. Son exemple fut suivi par le Capitaine James Cook quand il employa le docteur John Hawkesworth pour qu'il écrivit son livre, le plus populaire de tous dans ce genre. Après une série de trois livres réussis par Cook, Charles Wilkes tenta de le copier mais eut moins de succès avec ses cinq tomes de l'expédition américaine au Pacifique, qui parut en 1844.
En anglais, le sous-genre d'histoire de la marine était relativement nouveau. Le premier livre dans ce domaine fut imprimé seulement en 1720. Au milieu du siècle, John Entick tentait d'élargir la vue en incluant la marine marchande. Mais la plupart des historiens de ce temps décrivait les détails de batailles en mer entre 1793 et 1815. Les Américains ont apporté leur première contribution au genre de l'histoire de la marine avec le livre de James Fenimore Cooper, qui devint plus célèbre pour ses livres de littérature. Son histoire reste aujourd'hui utile pour sa recherche et sa documentation des faits des premières décennies de la marine américaine. En comparaison des livres sur l'histoire navale britannique, on voit aussi la tentation d’accentuer la gloire de chaque marine. A ce niveau, il y a entre les livres britanniques et américains un débat sur les faits et leur interprétation, en particulier en relation avec la guerre d’indépendance américaine et la guerre de 1812.
Au XVIIIe siècle, la littérature maritime de fiction parut pour la première fois, caractérisée par l'usage croissant du vocabulaire maritime en littérature et des cadres maritimes. Tôt dans le siècle, cet usage avait été adopté par des écrivains comme Jonathan Swift et Daniel Defoe dans leurs romans utilisant la forme des récits de voyages. Au milieu du siècle, Tobias Smollett établit le genre des romans navals avec son livre sur les aventures picaresques de Roderick Random. William Falconer, bien connu pour son dictionnaire de la marine, écrivit un des poèmes anglais plus populaires de l'époque avec sa description lyrique d’un naufrage dans la Méditerranée. Cette œuvre a crée la base du mouvement romantique au XIXe siècle, combinant la forme néo-classique avec un vocabulaire maritime. Le poète américain Philip Freneau écrivit une série de poèmes sur ses expériences maritimes pendant la guerre de l’indépendance américaine et essaya de créer un idiome américain.
Le plus importance écrivain américain de cette époque pour le développement de la littérature maritime fut James Fenimore Cooper. Avec une série des romans, par exemple, The Pilot, Red Rover, et The Wing-and-Wing, il établit le genre de la littérature maritime aux Etats-Unis. En Angleterre, Frederick Marryatt, un ancien officier de la Marine, devenait le premier écrivain depuis Smollet à employer les conditions de vie dans le Royal Navy comme le cadre pour ses romans très populaires avec action et humour, par exemple Peter Simple et Mr. Midshipman Easy. Pour l'époque que nous examinons, le dernier romancier important est l’Américain Herman Melville et ses importantes contributions maritimes à la littérature américaine avec ses livres White Jacket, Moby Dick, et Billy Budd.
Avec le développement de la littérature maritime en anglais pendant un siècle, nous avons observé un changement d’approche d’aventure et romance en Marryatt et Cooper à réalisme avec Melville. Ce changement était aussi évident dans l'important récit du matelot américain Charles Henry Dana dans son livre Two Year's Before the Mast, dans lequel il décrivit la réalité de la vie dure d'un matelot en mer.

En conclusion, on voit dans un tour d'horizon des livres maritime en anglais pendant les cent ans qui s'écoulent entre 1750 et 1850, que les développements en sciences maritimes, en manuels et en livres que des marins ont employé en mer, et aussi en littérature, le développement progressif d'une sophistication qui reflétait la croissance de la prépondérance anglaise sur la mer et les premiers pas des Américains à suivre dans la même direction.

Mots-clés: édition. Angleterre. États-Unis. développement.

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