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Publiée le lun 11/10/2021 - 10:48
Carla Serena (1824-1884) en Mingrèlie, extrait de Marie Dronsart, Les Grandes Voyageuses, 1904. Source : BnF Gallica.

Revue L'Astrolabe, CRLV

Numéro spécial, printemps 2022

sous la direction de Nirina RALANTOARITSIMBA et de Patrick MATHIEU

 

Quand les femmes arpentent les colonies : regards et écritures

 

Dans leur ouvrage La Femme au temps des colonies (1985), Yvonne Knibiehler et Régine Goutalier déclarent : « La colonisation officielle se passait entre hommes, c'était une affaire d'hommes. » Les femmes, et plus précisément les écrivains, n’ont-elles joué qu’un rôle mineur dans ces mouvements historiques démographiques et culturels ?

 

Depuis une trentaine d'années, la littérature viatique féminine est largement étudiée et permet une transversalité entre études de genre, études postcoloniales et recherches littéraires. L'ouvrage collectif dirigé par Évelyne Combeau-Mari, Les Voyageuses dans l'océan Indien, XIXe siècle - première moitié du XXe siècle, Identités et altérités (2019) s'inscrit dans cette recherche féconde et a contribué à combler un vide concernant le voyage dans l'Océan Indien[1].

Dans le prolongement de cette riche étude, notre appel à contributions entend élargir l'horizon des destinations, tout en focalisant l'attention sur les ponts entre littérature viatique africaine au féminin et les représentations du fait colonial pris dans son ensemble, de l’entreprise politique à l’état des sociétés rencontrées.

 

C’est le moment de s’arrêter sur le reflet de voyageuses célèbres que donne la colonisation, de leur condition féminine, ou de faire émerger des figures méconnues afin de montrer dans quelle mesure les voix de ces voyageuses permettent de relater une découverte singulière des pays colonisés, visités, en voie de colonisation ou de décolonisation. Comment l'écriture viatique féminine est-elle conditionnée par l'esprit de conquête et d'impérialisme des XIXe et XXe siècles ? Comment ces voyageuses s'émancipent-elles des représentations faites par les hommes - voyageurs ou les colonisateurs ? Pareillement, par le truchement de la voyageuse, apprend-on quelque chose de neuf de cette « affaire d'hommes » qu'est le temps colonial ?

 

De même que les historiennes Yvonne Knibiehler et Régine Goutalier ont cherché à combler le vide laissé par l'histoire et la littérature coloniale qui ont « superbement ignoré le deuxième sexe », cet appel à contributions en littérature de voyage cherche à rendre visibles les points de vue féminins sur cette Afrique en proie au principe colonial, et même plus largement les points de vue féminins sur le modèle civilisationnel occidental.

 

Ainsi, de nombreux axes peuvent être explorés, concernant ces femmes voyageuses : par exemple, quels liens tracent-elles entre l’écriture et leur propre condition féminine ? Comment se distribuent leurs relations de voyage entre les prémices de la colonisation et les déclarations d'Indépendance du XXe siècle ? Comment se tisse le lien entre féminin et masculin sur le continent africain et dans l’Océan indien, ainsi que l'écriture de l'Afrique vue par des femmes occidentales ? Comment les femmes occidentales considèrent-elles ces voyageuses ? Adhèrent-elles à la vision exposée dans leurs  textes ? Quelle est la puissance poétique ou politique, voire la charge exotique au regard du fait colonial ? L’on pourra aussi aborder la réception du voyage, par exemple dans la presse (Titaÿna), par des récits biographiques (Eberhardt), ou dans les collections, telle celle de récits de voyages féminins, publiée entre 1930 et 1948 chez Fasquelle.

 

Empan : XIXe-XXe siècles

Régions : du Maghreb à l’Océan indien

Les textes considérés peuvent être des récits de voyages publiés en volume, des carnets, des correspondances ou des reportages.

La proposition d’article fera entre 1000 et 2000 caractères (espaces comprises) et doit être envoyée au plus tard au 30 novembre, pour  un rendu définitif avant fin février 2022 et une mise en ligne avant le 30 avril 2022.

Adresse : infos.astrolabe@gmail.com

 

Comité scientifique

Dominique Lanni, (MCF, Université de Malte)

Patrick Mathieu (MCF HDR, Rédacteur en chef d’Astrolabe)

Catherine Mazauric (PR, AMU)

Nirina Ralantoaritsimba (Rédactrice)

Dominique Ranaivoson (MCF HDR, Université de Lorraine)

Sylvie Requemora (PR, directrice du CRLV)

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes de pied de page

[1]

On doit aussi mentionner de Jean Sevry, Quatre femmes écrivains dans l'aventure coloniale : Mary Kingsley, Karen Blixen, Elspeth Huxley, Gertrude Bell, Cahiers de la SIELEC n° 9, Paris, Kailash, 2013.

Document joint :