Bienvenue dans la revue Astrolabe

Editorial
Janvier 2026

Astrolabe (ISSN 2102-538X) est une publication en ligne du Centre de Recherche sur la Littérature des Voyages (CRLV). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV.

Après plus de vingt ans d’existence, Astrolabe se dote d’une ligne éditoriale nouvelle en adoptant une perspective interdisciplinaire forte qui associe les approches ressortissant à la fictionnalité, l’histoire, l’anthropologie, la géographie, les arts visuels ou encore l’intermédialité. Avec ce positionnement unique au sein de la publication scientifique francophone dédiée au voyage, la revue souhaite ainsi explorer le champ des études viatiques dans toute sa diversité, dans la lignée des travel studies anglo-saxonnes, conçues comme un champ de recherche situé au croisement de plusieurs disciplines. À cette occasion, le comité de rédaction et le comité scientifique de la revue ont été renouvelés afin de mieux refléter, par la diversité des disciplines et expertises de leurs membres, la variété de cette nouvelle ligne éditoriale.

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans l’histoire de cette revue. Créée en 2005 par François Moureau à la Sorbonne, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheur·e·s, en collectant des textes inédits avec l'objectif de rendre visible l'actualité éditioriale et les travaux récents consacrés au genre viatique. Au cours de son évolution, Astrolabe est devenue un socle de publications en ligne pour étudiant·e·s et jeunes chercheur·e·s (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheur·e·s confirmé·e·s (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). L’année 2023 a permis la publication de numéros dédiés au voyage dans le monde audiovisuel, 2024 au voyage vers le Brésil, et 2025 a vu la mise en ligne du grand dossier des actes de toutes les manifestations du programme Géographies imaginaires : le voyage comme machine à penser qui se sont tenues entre novembre 2019 et mai 2022. Le numéro d’octobre 2026 marquera le lancement de la revue dans sa version reconfigurée. Elle adoptera ensuite un rythme semestriel, avec une publication en avril et une autre en octobre.

Astrolabe proposera par ailleurs le lancement d’une double série de capsules vidéo : la première sera destinée à accueillir des entretiens avec des chercheurs présentant leurs travaux, et la deuxième (« Voyager 10 mn avec… ») visera à présenter des voyageurs particuliers.

Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais de l'onglet "Contact".

Politique de publication

La revue Astrolabe observe une politique engagée en faveur de l'Open Access afin de promouvoir l'accès au savoir pour tous, conformément aux préconisations de l’article 30 de la loi pour une République numérique et de l’article L533-4 du code de la recherche.

Les auteur·rice·s sont ainsi autorisé·e·s à déposer sur HAL ou tout autre plateforme institutionnelle d’archivage scientifique en accès ouvert la version éditeur de leur article, c’est-à-dire la version acceptée par le comité scientifique de la revue et publiée en ligne. Ce dépôt peut être fait immédiatement après la publication du numéro (pas d’embargo).

Il est en revanche déconseillé aux auteur·rice·s de déposer leur article sur des plateformes de réseaux académiques commerciales type academia.edu ou researchgate.net. 

Lors du dépôt, le lien vers le site de la revue dans le champ « URL » (à l'étape « compléter les métadonnées du document » du dépôt dans HAL) doit être renseigné.

Dernier numéro

56|2025

Géographies imaginaires

Autres numéros

5|2018
Si le voyage représente la quête d’un lieu, la découverte de soi et de l’autre, l’acquisition et la perte des repères, il reste toujours et sans doute un apprentissage dans l’essence du mot. L’apprentissage du voyage n’est pas seulement celui du voyageur mais aussi celui de son lecteur et, peut être encore plus, celui du chercheur qui à partir de l’étude d’un récit de voyage découvre une myriade de mondes nouveaux. Cet apprentissage va de pair avec l’échange d’informations et le partage des connaissances et des nouvelles découvertes qui élisent comme l’un des lieux de prédilection les colloques internationaux. Des colloques ayant pour thème le voyage auront en effet lieu le 7, 8 et 9 septembre, le VIe Borders & Crossings à l’Université de Palerme et Theatre & Travel 2 / Théâtre & Voyage II, à la University of Ulster. Tania Manca
4|2018
De tous les types de voyage, celui de découverte est sans aucun doute le plus noble. Il rassemble toutes les dimensions de l’aventure humaine : l’épreuve de l’inconnu, la rencontre de l’altérité radicale, la soif de connaissance, la quête spirituelle, l’élargissement de la conscience du monde, bref il a quelque chose d’une Renaissance, et il n’est d’ailleurs pas anodin que cette époque fut son âge d’or. Mais Tzvetan Todorov l’a remarqué : la découverte du « nouveau » monde signait en même temps sa conquête et sa fin. Le domaine de la représentation cartographique semble aujourd’hui illustrer cette sentence. Le globe terrestre est désormais circonscrit, scruté en permanence par une escadrille de satellites, son image d’une précision de quelques mètres est disponible sans autre déplacement qu’un simple mouvement de doigt. Le blanc des cartes qui inspira la rêverie sur l’ailleurs et le lointain par son paradoxal pouvoir d'obscurité, et qui fit le destin de beaucoup d’explorateurs n’est simplement plus. Tout est placé sous la lumière de midi, sans ombre portée. Nous revient alors à l’esprit l’histoire de Peter Schlemihl, qui vendit son ombre au diable contre la bourse de Fortunatus et qui ne trouva le repos qu’en parcourant le monde à l’aide des bottes de sept lieues. Nous revient aussi l’apologue final, le seul conseil dont l’homme ait besoin dans sa vie aux dires de Chamisso : « apprends d’abord à révérer l’ombre ».
3|2018
L’accès au savoir et, dans le domaine qui nous intéresse, à la littérature viatique se fait en grande partie grâce aux bibliothèques spécialisées. Un des objectifs du CRLV a toujours été de diffuser et de partager ce savoir sur la littérature de voyage. Outre le site du CRLV, les chercheurs ont aujourd’hui à leur disposition un nouveau fond ‘Littérature des voyages’ à la Bibliothèque de la Maison de la Recherche de l’université Paris-Sorbonne, (28, rue Serpente. 75006 Paris, 1er étage) Catalogué sous la cote 808.803, ce fond de plus de 600 ouvrages modernes, don de François Moureau à la communauté scientifique, sera dorénavant enrichi par le CRLV. Il comprend des éditions de textes, des monographies et des collectifs, dont des exemplaires publiés à l’étranger peu ou pas représentés dans les bibliothèques françaises. A partir du mois de septembre, tous les chercheurs pourront y accéder sur justificatif. Ce nouvel outil situé dans le bâtiment où le CRLV s’est installé depuis un an et où se déroulent maintenant l’essentiel de ses séminaires et de ses journées d’études contribue à renforcer l’attractivité de ce lieu d’accueil en plein Quartier latin. Tania Manca
2|2018
L’étude de la littérature de voyage semble une référence utile à l'histoire pratique et politique des contraintes du déplacement. Sa fréquentation relativise le sentiment, qui commence à poindre, d’une fermeture du monde. La frontière comme obstacle a souvent prévalu. Combien de pages de récits de voyage consacrés aux récriminations contre des douaniers tatillons et inébranlables transformés en cerbères de royaumes interdits. C’est en cela que la littérature de voyage est précieuse : non seulement par son caractère documentaire de témoignage, mais aussi par son caractère originellement transgressif à l’égard des lignes de démarcation. Autrement plus difficile que la navigation en chambre sur Internet, l’expérience du voyage réel impose au contraire sa lenteur, ses déceptions et ses périls, renvoyant finalement à la précarité de la rencontre contre laquelle justement sa relation œuvre. Si elle ne fait pas tomber les frontières, elle permet de les franchir librement en esprit. Jean-François Guennoc